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Négligés

Ce fut cette nuit où, se sont renversées les passions, où, se sont révélées des trahisons. Ce fut cette nuit où, sont tombées sur le plancher, des pensées cachées, comme avant l’on fait des négligés.

Ce fut cette nuit où, dans le jour qui l’a précédé, j’étais comme toujours, abattu, résigné, cette nuit où, dans les jours qui l’ont précédés, j’étais comme toujours, prévisible, emprunté.

Ce fut cette nuit où, dans les années qui l’ont précédées, j’ai tout fait je crois, j’ai tout fait pour en arriver là, à c’qu’a été cette nuit, cousue de fil blanc, à c’qu’a été ma vie jusque là, à ce dénouement.

C’est différent

Ai brûlé les livres, cassé les disques
Allégé le répertoire d’une longue liste
Ai changé le décor de la vaisselle
Avant de la ranger dans la poubelle
C’est différent ?
Non ! … Différent !

Ai bougé tous les meubles de place
Éclaté le triste reflet dans la glace
Seule la télé, décidé de l’épargner
Est encore prisonnière au cellier
C’est différent ?
Non ! … Différent !

Comme on taillade quelque tableau
Mis en morceaux toutes les photos
En confettis toi et …, tous les amis
Tous les sourires et les cérémonies
C’est différent ?
Non ! … Différent !

Banni guillemets, toutes parenthèses
Biffé des montagnes de fadaises
Puis ai jeté l’encre, toutes les envies
Alors j’… j’ai vu de tout ça … l’ironie
C’est différent ?
Non ! … Différent !

C’est différent ?
Non ! … Différent !
Mieux, moins bien qu’avant ?
Non ! … Différent !
Comme tu l’as dit : différent
… C’est différent !

La mémoire des noms

Les Quinconces, le Colbert sur les quais – John Trudell et Gérard Manset, Steely Dan et Jeff Buckley – Et Limoges, sa Rue des Palmiers …
Baptiste, Mathy, Olivier

La mémoire des noms
Celle de ces noms-là
La mémoire des noms

Route de Toulouse, Pierre-Buffière, la 20, Bessines, La Croisière – La Porte Saint-Jean, Les Fougères – Bel Aspect et La Borie, La Sout’, Saint-Vaury – Le Globe, Aubazines …
Rue Jean-Dorat, La Cazine

La mémoire des noms
Celle que tu n’avais pas
La mémoire des noms

Rue Jean-Dorat …
Thomas … Thomas

La mémoire des noms
Celle que tu n’avais pas
La mémoire des noms

Angoisse de la plage blanche

Maman faisait des pâtés de pomme de terre
Y ajoutait une petite pincée de désespoir
Elle ordonnait à tout le monde de se taire
Si Mémé entamait une chanson à boire
Papy qui avait le monopole des crachoirs
Défendait à la faux un coin de la cave
Et la vieille bique d’en face sortait le soir
Le chœur chantait qu’elle avait de la bave

Quelque oiseau qui aurait voulu s’envoler
Ce que ma sœur avait tatoué sur son épaule
C’est à mon oncle qu’appartenait le voilier
Me souviens toujours de lui au bout du môle
Mon parrain parlait tout le temps de football
Ne l’ai vu sur le terrain qu’avec le numéro 12
Ma cousine faisait souvent plier les goals
Mais connaissait par cœur Tombstone blues

Je savais que mon père était mime, même s’il n’en a jamais parlé
Maintenant je remplace l’homme invisible et c’est un dur métier

A ma corde, dans la gorge ou au tableau de bord
Il va me falloir dénouer tous ces nœuds encore

J’aimerais avoir une femme dans chaque port
J’aimerais avoir une femme dans chaque port
J’aimerais … la même femme dans chaque port
La même femme dans chaque port

La Forest

Je vais rester là

Les yeux fermés
Ne vois-tu pas
Et n’entends-tu pas
Comme tout est calme, reposé
Les étoiles tintinnabuler ?

Même si je sais bien que …
Petit Poucet a appris tous les rudiments
De la marelle à la Belle au Bois Dormant
Mais la Belle a la chance des débutants
Et le Petit Poucet est mauvais perdant
Même si je sais bien que …
Boris et Natacha tristes et désemparés
Ont dû perdre les clés de leur troïka
Comment vont-ils bien pouvoir retourner
Tout là-bas dans leur si belle isba ?

Et même si je sais bien que …
Si Cendrillon fuit, ce sera pour échapper
Aux pattes de Barbe-Bleue ou d’un renard
Et même si je sais bien que …
Pinocchio verra encore son nez s’allonger
Dans les troubles reflets de cette mare

La lune est comme je l’aime

La lune est comme je l’aime
( La lune est comme je l’aime )

Ces corps que la ville héberge
( Et ces cœurs séparés )
( Ces regards drapés )
Toutes ces vies, ces déveines
Ces couples au bord des berges
( Par le voile gris )
Toutes ces peines, sous leur laine
( De tous les non-dits )

La lune est comme je l’aime
( La lune est comme je l’aime )

Moi je suis peintre
( Alors je reste en enfer )
Je peins d’ordinaire
Les monstrueuses étreintes
( A faire l’inventaire )
De mes nuits sans étoile
Et ce temps infini
( De ce que je sais faire )
Ne plaide guère
Pour certains génies
Pour leurs toiles

La lune est comme je l’aime
( La lune est comme je l’aime )

Tes cheveux une musique
( Ta peau une arme blanche )
Quelque chose d’hypnotique
Que le courant entraîne
( Ce petit air de revanche )
Comme le sang des reines
( Comme cœur de capitaine )
( Que le courant emmène )

La lune est ( comme je l’aime )
( La lune est ) comme je l’aime

Derrière son ombre

( Point de départ et toiles de fond, la série de tableaux de Claude Monet : Londres, le Parlement )

Comme … comme … comme …
Le souverain âgé semble rire jaune des rhizomes de souvenirs mal digérés, sa souveraine mettant de côté sa colère éblouit sous elle son Lahire qui soupire …
En retour
Londres
Sombre
Derrière son ombre
Miss Moneypenny toise la Mère Matilda tandis que son Bond croise le fer au Sri Lanka. La belle Harriet, la sentinelle s’entête à vouloir tout contrôler …
Du haut de la tour
Londres
Sombre
Derrière son ombre
Sous le nuage bleu défile Philéas Fogg, maître des lieues et sortant ses devises, le monde se tamise et son chapeau fou invite à prendre le thé …
Pour son retour
Londres
Sombre
Derrière son ombre
Alice est là aussi, pourquoi, que fait-elle ici ? Elle s’éclaircit la voie et dit : « Bois vite le calice et cela jusqu’à la lie ! C’est bientôt l’heure pour le vampire d’aller dormir !
Son tour »
Londres
Sombre
Derrière son ombre

Oh ! …

C’est imprécis cette impression que rien ne bouge, Londres a comme sombré derrière son ombre …

ROUGE

Votre Majestéééé … votre Majesssstéééé … c’est le matinnnnn … il faut vous leveeeeer … Réveillez-vous, c’était un rêve, la nuit a disparu. Même pourriez-vous vraiment me dire s’il y en a eu ? C’est une certitude, vous avez l’habitude et je sais bien que tout vous désole, que rien ne vous console et que toujours vous chantez :

Comme une cathédrale
Paresseusement
On se verticalise
Et le jour banal
Tout le temps
Vraiment démoralise

Mais voyons votre Majesté, on ne peut toujours vivre caché …

Oh ! Voyez !
Voyez donc la Majesté !
Elle n’a plus son chapeau
Celui qui lui celui qui lui celui qui lui celui qui lui celui qui lui celui qui lui
A volé est un salaud !

Chansons des Pirates

On ne prend que ce qui est à nous
Et tout est à nous
Car personne jamais
Rien ne nous donne
Alice assise juste derrière moi masse si bien les omoplates
Mathy sur l’oreille de Sarah remet encore la mèche renégate
Baptiste cherche un refrain à …
Ce qu’il veut être une chanson de pirates :
On ne prend que ce qui est à nous
Et tout est à nous
Car rien jamais
N’est à personne

On ne prend que ce qui est à nous
Et tout est à nous
Car personne jamais
Rien ne nous donne
Max pour la faire rêver invente à Marianne des récits de régates
Hélène, Franny pensent-elles aux bras de capitaines de frégates ?
Baptiste cherche un refrain à …
Ce qu’il sait être une chanson de pirates :
Car personne jamais rien ne donne
Pas même la raison
De la maudite chanson
Que je me fredonne …

Avant que la colère de Dieu ne s’abatte
Peut-être irons-nous jusque là-bas
Ciel et mer se font ensemble écarlates ?
Peut-être sommes-nous d’un autre bois …

Ne rien écrire sur la partie barrée

Eva, son ancienne lolita, comme en un ralenti de cinéma, avait monté les marches du rectorat, tirant comme un Médor son nouveau toréador, venu du fond du Périgord. Arrivé avant Eva, Sammy avait fait ses petits tas de cendres, afin de mieux attendre l’appel du commissaire de la police de cet enfer.
Est-ce Camille ? demanda Sammy.
Carrément, et comment va euh … ?
E… va bien, merci.
Dans la salle des combats, Sammy pouvait voir le cou d’Eva. Il imagina des escargots se déplaçant le long de son dos, leur lente descente et les longues traînées brillantes dont ils maculaient la peau d’Eva.
Suivant le cours de sa pensée, Sammy se fit soudain Sam, le Grand Sam, et de son feutre écrivit au brouillon la trame d’une histoire de bandits, où lui en privé s’offrait l’occasion de maculer le corps d’Eva de ses baisers.
Mais parfois la vie est ainsi, faite de dérisoires facéties, certaines images s’effacent et cela si vite.
En la circonstance, lorsqu’ils sortirent de ce concours d’entrée, une pluie scélérate faisant des coulées sur les trottoirs accéléra grandement leurs au revoir.
Sammy, ombre trempée du Grand Sam, rentra chez lui d’un pas pressé.
Il mit sa clé dans sa serrure au moment même où la porte s’ouvrit sur un sourire. Il entra et secoua la tête sur la trame de son histoire de bandits.

Péché mignon

Je suis seul à la maison
Je regarde par la fenêtre
Mieux vaut ça que d’être
L’eau passe sous le pont

Je suis seul à la maison
Je mange sans avoir faim
Du fromage avec du pain
Voilà mon péché mignon

Je suis seul à la maison
Ça me fait doucement rire
Je ne trouve rien à redire
A l’état de notre horizon

Ça me fait doucement rire
Je suis seul à la maison
Voilà mon péché mignon
Je ne trouve rien à redire

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