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Coquelicot

Ah cette musique
Encore cette musique
Je ne l’écoute plus …
Plus qu’en pleurs
Ah cette musique
Et ce nom de fleur
Pour mélancolie

Il me semble qu’on vit
Et puis …

Encore cette musique
Ah cette musique
Je ne l’entends plus …
Comme autrefois
Ah cette musique
Et il était une fois
Ma mélancolie

Il me semble qu’on vit
Et puis …
Qu’on apprend à vivre
Qu’on apprend à vivre
Et puis …

( Amapola : Bande originale Il était une fois en Amérique ( Sergio Leone )

Mélanie

J’aime à penser
Que Marie est soeur de Bonnie
Avec un Clyde qui souvent varie
Son corps transpire la rébellion,
Le bruit, la fureur, l’insoumission

Elizabeth – Betty pour les intimes
Est devenue une sorte de victime

J’aime à penser
Que Léa a tout de l’espionne
Qu’aucune des trahisons n’étonne
Qu’on ne lui fera pas donner
Là sa véritable identité

Astrid – est encore un mystère
Mais je trouverai quoi en faire

Nadine – souvent, je n’y crois pas
Mais bien sûr, parfois, je la vois

J’aime à penser
Qu’Irina est la femme d’un mari
Cette circonstance a pour fruit
Des kilomètres d’insolence
Cachés sous des apparences

J’aime à penser
Qu’Esther n’aura jamais peur
De toute vitesse, de toute vie
Et que pour elle la pudeur
N’est jamais que du mépris

Mélanie – moi, tout mon être
Et mon prénom en sept lettres
J’ai ma pensée
J’aime à penser et …
Ça m’fait penser : Peut-être
Il me faut une autre Elizabeth

Histoire souterraine

C se changeait derrière la Renault
Mathy et les autres déjà dans l’eau
… … … J’attendais pour descendre avec elle
… … … Regardant vers le siège de Rachel
… … … … … … Je me disais à cause du bosquet
… … … … … … Que vont-ils bien pouvoir penser ?
… … … J’ai voulu rire tout comme elle
Elle fut prête en une étincelle

… … … … … … Et ce ne fut plus la même idée
… … … … … … Comme celle juste à notre arrivée
Elle poussant le son de la radio
… … … Moi sortant hurlant de la Renault
… … … … … … Comme celle encore avant ça
Quand Mathy l’avait dans ses bras
Pour qu’elle aussi puisse monter
Dans les ruines, la tour de Bridiers

… … … … … … Et plus du tout le même Cheix
Celui des après-midi désœuvrés
Son corps … … … … … … une pub pour Aubade
Quand Rachel surveillait la baignade

La nature splendide

………………………………………………………… …………………………….. e
………………………………………………………. I M ………………………. id
……………………………………………………. A ….. E …………………. nd
………………………………………………….. J’. Tu es J’ ………………. le
………………………………………………….. A … la .. A ……………. sp ……. e
…………………………………………………… I nature I …………… re ……. id
………………………………………………….. M Et le . M ………… tu ……. nd
………………………………………………. tu E dauphin . E ….. na ……. le
………………………………………….. la es . T qui va et T .. la …….. sp
……………………………………….. na ….. E . qui vient E ……….. re
…………………………………… tu …. tu . S entrant sortant S …. tu
………………………………. re ….. es … S de l’eau entrant . S na
…………………………… sp ….. la ….. U sortant de l’eau . U la
…………………………….. le ….. na ….. R nageant autour . R
………………………………. nd …… t … F de ton cou ce …. F
…………………………………. id ……… A . dauphin bleu A
…………………………………… e …… C . me semble .. C
…………………………………….. E … heureux de nager E
………………………………….. S … à mes côtés me .. S
…………………………….. C .. semble heureux de me . C
…………………………. O .. voir nager à ses côtés …… O
………………………… M . aussi heureux qu’il y a un … M
……………………… P instant les papillons roses sur ton P
…………………… L .. caraco me semblaient ………….. L
……………….. E …………… heureux de s’envoler …. E
…………… X ………….. X ………………………. X
………. E ………….. E ………………………. E
.. S …………….. S …………………….. S

Le fantôme

Triste
Nick Drake était triste
Il l’était ce jour
Où j’ai dû voir le jour
Où les Floyd n’avaient pas concert
Neil, Bob et Léonard pas matière
Et las se sentait Tim Buckley

De ce blues je ne m’en sortirai pas vivant
Je n’me sortirai jamais de ce blues vivant
Le fantôme de Carson peut venir tous les ans
Pour que l’on souffle nos bougies en vacillant
De ce blues je ne m’en sortirai pas vivant
Je n’me sortirai jamais de ce blues vivant

Magique
Franny est magique
Elle l’est comme le jour
Où elle a vu le jour
Les Floyd fourmillaient d’idées
Neil, Bob, Léonard étaient inspirés
A Londres chantait Tim Buckley

De ce blues je ne m’en sortirai pas vivant
Je n’me sortirai jamais de ce blues vivant
Never get out of this blues alive, John Lee
Never get out of this blues alive, moi aussi
De ce blues je ne m’en sortirai pas vivant
Je n’me sortirai jamais de ce blues vivant

Je vais voir l’heure à la gare

Sac sur l’épaule, poings dans les poches
Je passe la porte, juste sous la cloche
Et je les trouve, sans avoir à chercher
Ils sont en bas, font un cercle imparfait
Kiki sourit, s’écarte pour me faire une place
Mais moi j’ai déjà décidé de faire l’impasse

Baptiste au ping, lui tape sur l’épaule
Évacue les résultats de football
Je tourne la tête, David sort du foyer
Pas de besoin de préciser, accompagné
Je vais vous dire je vais voir l’heure à la gare
Et je vais revenir lorsqu’il sera bien trop tard

Il m’aperçoit, fait un signe de la main
Elle dans son blouson, ça n’fait rien
A la grille, je descends les escaliers
Certains jours, rien n’nous est épargné
Il me faut croiser la Reine Fanny et sa cour
Dans mon dos cette fois, pas d’mot d’amour

Des deux côtés, des groupes se pressent
Et parmi eux, notre Théodule Alceste
Qui a dit que le mur était impressionnant ?
Et puis qui a dit que le faire était fatigant ?
Je vais vous dire je vais voir l’heure à la gare
Et je vais revenir lorsqu’il sera bien trop tard

Au JP, quelques instants sur un banc
Celui de Cécile encore comme un gant
Chez Lourdaud j’achète les cigarettes
Et par les cuves se poursuit ma quête
Sur la rivière à côté, ma barque est si menue
Qu’elle est vite emportée hors de ma vue

Il est 9 h 05 lorsque je vais entrer
Il est 14 quand je sors sur le quai
17, je pousse la porte des toilettes
Je ne sais plus à la première cigarette
Je vais vous dire je vais voir l’heure à la gare
Et je vais revenir lorsqu’il sera bien trop tard

De suite au fond de la bibliothèque
Prends une table près de la fenêtre
Elle s’essaie avec un vieux à Hugo
Alors je sème des haïkus de Bâsho
Elle va aller à l’espace réservé aux enfants
Pour s’y accroupir, son petit gilet se relevant

Devant elle, trois livres dans les mains
Je ne vois que la chute de ses reins
Qui a dit que le mur était impressionnant ?
Et puis qui a dit que le faire était fatigant ?
Je vais vous dire je vais voir l’heure à la gare
Et je vais revenir lorsqu’il sera bien trop tard

La route de Limoges après le Cyrano
Ensuite en bas, vers le Puycharraud
Sur le parking gris du supermarché
C’est une vieille que je vais accoster
« Il est exactement 10 h 50, jeune homme »
« Que vas-tu faire jusqu’à midi, pauvre Tom ?

Continuer sans aucun but comme ça
Jusqu’au car pour rentrer chez toi »
Qui a dit que le mur était impressionnant ?
Et puis qui a dit que le faire était fatigant ?
Je vais vous dire je vais voir l’heure à la gare
Et je vais revenir lorsqu’il sera bien trop tard

Jeu de l’oie

La bave du crapaud
L’avion a décollé
Entend le coq chanter
Et au feu, les pompiers !
Coquille de l’escargot
Labyrinthe et château

Tout ça, ce n’est que le jeu de l’oie
Tu vois, ce n’est que le jeu de l’oie
Toutes les neuf cases, revoilà l’oie
Tout ça, ce n’est que le jeu de l’oie
Qui prend ce labyrinthe vers le château
Doit retourner au chat dans son sabot

Danseuse et cerceau
Cheval, son cavalier
Clepsydre ou sablier
Motard sur une moto
Le jardinier, malchance ?
La mort … recommence

Chalet sous la neige
Usine, sa cheminée
Voilier, voiles gonflées
L’enfant, son manège
Fillette au téléphone
Puis une cloche qui sonne

Tout ça, ce n’est que le jeu de l’oie
Tu vois, ce n’est que le jeu de l’oie
Toutes les neuf cases, revoilà l’oie
Tout ça, ce n’est que le jeu de l’oie
On peut bien de ce lièvre être la tortue
Et de ce puits payer le prix convenu

Palimpseste

Quand Mathy entra dans la pièce
Tom écrivait penché sur la table
Qu’il venait d’entrer dans la pièce
Trouvant Mathy écrivant à la table

Derrière la porte, derrière la porte
Il y a un homme derrière la porte
C’est comme l’homme sur le toit
Tu ne sais pas pourquoi il est là

C’est comme l’homme sur le toit
Tu ne sais pas pourquoi il est là
Si tu n’sais pas pourquoi il est là
Sais-tu pourquoi il n’est pas là ?

Dans le clair de lune ce miel – Christelle descend, Tom à ses côtés – Au niveau de la place de Rachel – Bientôt vont traverser les bosquets
Dire qu’il n’y a pas une heure de ça – Elle était si légère dans mes bras – Pour qu’elle puisse aussi monter – Dans les ruines, la tour de Bridiers
Cette virée nocturne, c’était l’idée – Rachel surveillant pas la baignade – Devant dormir à poings fermés – Sa peau comme noix de muscade

Derrière la porte, derrière la porte
Il y a un homme derrière la porte

Derrière la porte, derrière la porte
Qui est-ce ce mec derrière la porte ?
Et maintenant un homme sur le toit
T’iras nulle part avec ce refrain-là !

Sophie Camusat

WEEK-ENDS

Sophie fait l’ménage le samedi
Avec abnégation et NRJ
Sophie se balade en tenue légère
Devance les slogans publicitaires

S’astreint à des rites pathétiques
Et vénère des icônes de plastique
Mais comparaison n’est pas raison
Et l’air ne fait pas la chanson

PROVERBES

Qui aime bien châtie bien
Qui trop embrasse mal étreint
Ce que femme veut, Dieu veut
Un homme avertit en vaut deux

Qui ne dit mot consent
Petite pluie abat grand vent
A quelque chose malheur est bon
L’air ne fait pas la chanson

LA CÉLÈBRE PHOTO DU CHÉ

Allo Sophie, c’est moi, parle-moi
Qu’est-ce qui n’va pas avec moi ?
Je t’imagine recroquevillée
Sous ta célèbre photo du Ché

Dis-moi pourquoi es-tu comme ça ?
Réponds-moi, Sophie, cette fois
J’espère ne pas avoir raison
Si j’dis : l’air va faire la chanson

Infirmière à domicile

Bien sûr je peux aussi commencer
Si je veux par le commencement
Alors sa main rugueuse de paysan
Remonte mon mollet lentement

Infirmière à domicile
Rien n’est plus facile
Dans ma tête je fais le circuit
Retrouve ces gestes oubliés
Me rappelle la bicoque décatie
La petite route pour arriver

Le lendemain j’avais un pantalon
Je rangeais seringue et flacons
Lui reluquait à sa même place
Mes fesses reflétées dans la glace

Infirmière à domicile
Rien n’est plus facile
Je retrouve la cour endormie
Au bout de sa voie sans issue
Et me revient tout mon esprit
Toute ma volonté, ma retenue

La chambre de l’ancien temps
Oh quelle sensation vraiment !
Et m’être « dérober » à sa vue !
Et sur ces draps-là d’être nue !

Infirmière à domicile
Rien n’est plus facile
Je me retrouve, me revois
Quand je partais, qu’il regardait
« Ai-je remis mes habits sur moi ? »
Voilà souvent ce que j’pensais

Rien n’est plus facile
Infirmière à domicile
Rien n’est plus facile

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