Page d'archive 4

Citadelle de velours

Elle rassemble la poussière
Elle passe la serpillière
Un chiffon sur le bureau
Fait disparaître les mégots

Citadelle de velours
Sur le point du jour
Ciel tout en nuages
La femme de ménage

De quoi parle-t-on ?
Comment le fait-on ?

C’est une heure avancée
Vraiment rien à en tirer
Oh une heure à la con
A ne rien faire de bon

Citadelle de velours
Sur le point du jour

Un ciel tout en nuages
Une femme de ménage
Une citadelle de velours
Sur le point d’un jour

A ceux qui …

Aux Napoléon qui m’ont entraîné dans des batailles que je n’ai jamais pu faire miennes
Aux Jésus qui ont fait naître une foi sans qu’aucune preuve, aucun miracle n’advienne

Ton passé est un bloc de pierre
Elle dit : Tu ne peux plus rien y faire

Aux César qui se sont ingéniés à m’appeler Brutus, se sont étonnés que je les trahisse
Aux Othello qui ont vu en moi une part de Iago alors que je n’étais qu’un Jocrisse

Tu ne peux plus rien y faire
Elle dit : Ça ne sert à rien d’être amer

Aux Gepetto qui ont voulu me façonner et d’une certaine manière y sont parvenus
A la Mina qui a bien dû croire en moi et que j’ai de toutes les manières déçu

Ça ne sert à rien d’être amer
Elle dit : de vouloir revenir en arrière

A ceux-ci, à tous les caps sur mon chemin
A ceux pour le mal et à ceux pour le bien

Il est où il doit être
Elle leur dit : Avec moi à cette fenêtre
Quelques secondes, il m’embrassera
C’est son présent que je veux moi

Un oiseau blanc

Je l’aime et …

Il y a là-bas un oiseau qui dirait peut-être : « Merci ! »

Dans le champ là-bas, une troupe d’oiseaux blancs s’offre un festin quand s’y incruste soudain un oiseau noir. La troupe violemment fait comprendre à l’intrus que ses espoirs ne sauront qu’être vains.

Il y a là-bas un oiseau qui dirait peut-être : « Merci ! Merci de m’avoir fait ainsi ! d’avoir fait de moi un oiseau blanc ! »

Histoire 1

Une proposition pour un début. Pour peut-être refaire quelque chose comme avec la suite partant de Brautigan. Je mets également deux autres possibilités si vous aviez vous aussi des débuts et qui eux fonctionneraient mieux. Je crée aussi une nouvelle catégorie pour pouvoir retrouver tout ça plus facilement.
Célestine, Claude, à très bientôt. :)

Je veux la chanter

Je l’aime et …

Je veux la chanter, chanter sa beauté et son corps doux, sa malice et sa fougue et ses moues. Je veux la chanter dans la rigueur des villes de France avec la chaleur des villes d’Espagne. Je veux la chanter avec le torride d’une guitare gitane. Je veux la chanter avec les mots mêmes de Garcia Lorca. Je veux la chanter et la chantant, obtenir son désir et partir à ses côtés.

Duende

Je l’aime et …

C’est l’Espagne que voilà, l’Espagne avec son Sud, avec son Andalousie, avec ses maisons blanches, sa chaleur et ses routes de poussière, l’Espagne avec sa musique, l’Espagne avec sa toute proche Afrique, l’Espagne que voilà.
Et comme elle m’entraîne où bon lui semble, je la conduis où elle le désire et elle, me conduit vers sa grâce et sa beauté.

C’est une danseuse de flamenco. Au repos, mais toujours danseuse.

Nous sommes – moi comme elle, moi avec elle – sur le qui-vive.

L’éclaircie rouge

Je l’aime et …

Attiré par une soudaine éclaircie rouge, étincelante dans le ciel bleu sombre de la nuit naissante, je mets le nez dehors, répère les fumées, perçois la musique lointaine de la fête foraine sur les bords de la Vienne.

Bonsoir.
Elle se retourne et me retourne, me regarde et me reconnaît.
Bonsoir.

Elle a baissé son fusil et m’a sourit.

L’abandon

Je l’aime et …

Comme des augures contenus dans ma course, je n’étais pas conscient de ma solitude …
Je n’étais conscient que de l’ombre que je pouvais faire …
Sans que je puisse rien retenir, rien contrôler, des gouttes, de simples gouttes, une dizaine d’abord, puis deux, trois, puis une centaine et ainsi de suite …
Sans que je cherche quoi que ce soit, analyse quoi que ce soit, c’est de cette manière que j’ai pris conscience d’être un nuage …
Au tout début, je devais être si petit, minuscule, probablement une simple plume blanche mais je suis allé grandissant, grossissant, de plus en plus sombre, de plus en plus menaçant …
Je ne sais plus à quel moment, je me perds tout le temps dans la chronologie et tout va si vite, je me suis aperçu qu’autour de moi, il n’y aurait jamais que ce ciel, un gigantesque ciel …
Mais je pense que voilà la raison, le déclencheur …
Ça doit être là que je me suis abandonné à la pluie … et au rêve de redevenir …
J’en suis là …

L’ami de mon ennemie

Je l’aime et …

Voyez sa joie, comme il s’agite. Mon insomnie est une ennemie. Le papillon dans la lampe lui, semble s’en être fait une amie. Voyez sa joie, comme il s’agite.

La grande armée

Je l’aime et …

Je peux l’entendre dans le carton où je l’ai rangée, la grande armée.

On dirait parfois qu’à eux tous, ils forment une seule voix. « Qu’as-tu fait jusque là ? », voilà ce que dit cette voix, la voix de la grande armée.

Si j’ouvre le carton, ils ne partiront pas, ne s’échapperont pas, ils resteront là où ils sont, les soldats de la grande armée.

Ils resteront là, alignés tous devant moi, les yeux baissés devant cette grande armée, une armée à terre, comme tous les pas que j’aurais pu faire. La grande armée des jours passés.

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