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Eglise

Je l’aime et …

Le temps et la distance qui nous séparent s’associent, laissent sur moi l’impression d’être couché sur le dos à même le sol froid du transept d’une église, tentant de me remettre debout, de regarder l’autel, d’en enregistrer durablement les différents éléments, comme je le ferais pour l’église entière, comme je le ferais pour chacune des scènes bibliques sur les vitraux, à travers lesquels passe un soleil éblouissant.

Bossa nova

Sur le chevet Fleurs de ruine de Modiano
Sur la platine le l.p. joue Corcovado
Oh le beau, le beau
Le beau cadeau
Mais ce qu’on ne voit pas
Le sable blanc dans les draps
Souvenir des amants
Tous disparus sûrement
Sur la plage de Copacabana

Sur le chevet Chien de printemps Modiano
Sur la platine lentement Desafinado
Oh le beau, le beau
Le beau cadeau
Mais ce qu’on ne voit pas
Le sable blanc dans les draps
Souvenir des amants
Tous disparus sûrement
Sur la plage de Copacabana

Sur la platine How insensitive Mme Gilberto
Sur le chevet Voyage de noces de Modiano
Le cadeau, quel beau
Quel beau cadeau
Mais ce qu’on ne voit pas
Le sable blanc dans les draps
Souvenir des amants
Tous disparus sûrement
Sur la plage de Saint-Jean Cap-Ferrat

Introduction

Voilà. La Maison de bois est finie. Il est donc temps que je fasse une introduction. Comme il s’agit d’une catégorie d’un blog, le dernier texte devient le premier, le dernier fut le premier posté et cette introduction sert aussi de conclusion, ce début de fin. Mais ce n’est pas très grave, cette suite de textes est je l’espère une espèce de palindrome, comme ceux de L’histoire de Baptiste.
Dans ma tête, il y a trois parties distinctes. La première allant jusqu’à « Je vais voir l’heure à la gare », la troisième commençant avec « Portée disparue / Alice est si là », la deuxième pouvant s’appeler Les coquillages. Trois parties, parce que trois c’est bien, vingt-neuf textes parce que c’est comme ça et neuf personnages principaux dans le groupe parce que c’est la vie.
Hélène et Franny sont sœurs. Max et Marianne sont en couple, la maison de bois est leur foyer, Sarah est la fille de Max d’un précédent mariage, ensemble ils ont deux autres enfants en bas âge. Au moment des faits, tous les autres sont de jeunes adultes.
Thomas est le je. Un jour, il avait demandé à son père la raison pour laquelle celui-ci lui avait donné ce prénom. Son père lui répondit : « C’est à cause de Dylan Thomas. J’ai pris son nom pour t’en faire un prénom ». Et il éclata de rire.
Neuf constellations donc, parmi celles qui brillent dans le Petit ciel dont Justine, la jeune fille de Max, parle et si l’on devait en faire la carte, les dessins des constellations seraient obtenus en reliant les lettres formant leurs prénoms selon la place de ces lettres sur le clavier Azerty. La constellation Thomas juste à côté de la constellation Alice.

Les yeux d’Alice

Malicieux comme nous planons
« Demain, je veux une chanson »
Cet étrange air du Japon

Cache-cachés par ses cheveux
« Mais un baiser, c’serait mieux »
Moi qui exhausse son vœu

Les yeux d’Alice
Les yeux d’Alice
Les yeux d’Alice dans les miens
Et leur mystère dans les miens

Pensifs devant Bob Marley
« Alors, c’est là qu’vous jouez »
Derrière l’écran de fumée

Chatoyants cette soirée-là
« Oh mais, c’est très gentil ça »
La première fois dans mes bras

Les yeux d’Alice
Les yeux d’Alice
Les yeux d’Alice dans les miens
Et leur mystère dans les miens

Chemins

J’ai juste laissé un Mathy
En Gandhi sur le canapé
Dans sa version de « Tu verras »
Dans la rue j’ai juste suivi
Jusqu’à un bar karaoké
Une fille en robe chocolat

J’ai juste rencontré Dédé
Ai demandé le pourquoi
Comment d’sa mine affreuse
M’a dit : Ce film qu’j'ai maté
Les Infirmières 23
Ne s’passe pas en Creuse

Je n’ai fait qu’emprunter des chemins
Je ne vais pas les rendre, c’est certain
Je n’ai fait qu’emprunter des chemins
Et pourrais-je un jour les dire miens ?

Je vais et dès aujourd’hui
Écrire à l’imparfait
Ce que je vis maintenant
Voilà ce que j’me suis dit
Mais je ne l’ai pas fait
M’suis juste laissé le temps

Je n’ai fait qu’emprunter des chemins
Je ne vais pas les rendre, c’est certain
Je n’ai fait qu’emprunter des chemins
Et pourrais-je un jour les dire miens ?

Avant que j’arrive à voler
A Alice un premier baiser
Elle m’a fait lire un poème
Et a dit : Mon seul poème

Feng shui

Mathy fouille les immondices pour un briquet – Il croit que les choses reprendront leur place – Mais alors qu’il essaie d’nous faire du café – Que c’est sûr, on allait dans une impasse
Il croit en l’amour
Pas tous les jours
Hier
Disait le contraire
Aujourd’hui
D’accord avec lui

Derrière la fumée de sa nouvelle cigarette – Il s’demande comment ça a pu arriver – Il s’assoit, se relève, va ouvrir la fenêtre – Que c’était inévitable, veut le démontrer
Il croit au couple
D’une manière souple
Hier
Disait le contraire
Aujourd’hui
J’n'ai rien compris

Hélène me regarde longtemps sans rien dire – La blague de Mathy débarrassant une chaise – Ne permet pas d’évacuer tous les malaises – Comme ceux qui percent nos sourires
Ils savent mon amour
Pas tous les jours
Hier
Disait le contraire
Aujourd’hui
Chacun prend parti

Hélène dit qu’elles n’ont pas parlé de ça – Mathy critique Alice, mais ne le pense pas – Moi j’m'en veux, j’aurais dû appeler Sarah – Me promets d’le faire sitôt sorti de là
Je sais mon amour
Pas tous les jours
Hier
Disait le contraire
Aujourd’hui
C’est comme un cri

Une mèche de ses cheveux

Je passais pensif entre mes doigts
… … Alice cachée par un pli du drap
Son collier d’argent à la tête de mort
… … Cette seule fissure dans le décor

Une mèche
Une petite mèche
Une mèche

Tes cheveux ondulant dans le vent
Personne ne peut – nous verra
Comme nous sommes – nous serons
Tes cheveux ondulant dans le vent
Personne ne sait – ne conçoit
Comme nous sommes – dans le fond

Je posais sur la table de chevet
… … Alice venant contre moi se coller
Son collier d’argent à la tête de mort
… … M’enivrant du parfum de son corps

Une mèche
Une petite mèche
Une mèche

Tes cheveux ondulant dans le vent
Nulle époque – ne stoppera
Ce que nous sommes – et serons
Tes cheveux ondulant dans le vent
Nulle époque – ne rangera
Ce que nous sommes – dans le fond

Son collier d’argent à la tête de mort
M’enivrant du parfum de son corps
M’enivrant du parfum de son corps

Que voulait-elle vraiment dire par :
« J’ai eu une période bizarre » ?

Allure raisonnable

15 h 27 Une musique parfaite
Le vent par la fenêtre
Caresse la plante verte
15 h 30 Même chose
16 h 15 Même chose

23 h 37 Clope, allumette
Pour remettre un visage
Sur la solitude en gage
Minuit 2 Même chose
Minuit 5 Même chose

Je vais d’une allure raisonnable
Je vais d’une allure respectable
Sur la voie inévitable
Sur la voie inévitable

11 h 10 Capsules se dévissent
Ce printemps semble fier
De ressembler à un hiver
11 h 30 Même chose
12 h 15 Même chose

1988 Est-ce mon car si vite ?
Sous la pluie, la fière allure
Va, chevalier sans armure
1989 Même chose
1990 Même chose

Je vais d’une allure raisonnable
Je vais d’une allure respectable
Sur la voie inévitable
Sur la voie inévitable

Minuit 10 Même chose
Minuit 20 Même chose

1 h 15 Même chose

Coquelicot

Ah cette musique
Encore cette musique
Je ne l’écoute plus …
Plus qu’en pleurs
Ah cette musique
Et ce nom de fleur
Pour mélancolie

Il me semble qu’on vit
Et puis …

Encore cette musique
Ah cette musique
Je ne l’entends plus …
Comme autrefois
Ah cette musique
Et il était une fois
Ma mélancolie

Il me semble qu’on vit
Et puis …
Qu’on apprend à vivre
Qu’on apprend à vivre
Et puis …

( Amapola : Bande originale Il était une fois en Amérique ( Sergio Leone )

Mélanie

J’aime à penser
Que Marie est soeur de Bonnie
Avec un Clyde qui souvent varie
Son corps transpire la rébellion,
Le bruit, la fureur, l’insoumission

Elizabeth – Betty pour les intimes
Est devenue une sorte de victime

J’aime à penser
Que Léa a tout de l’espionne
Qu’aucune des trahisons n’étonne
Qu’on ne lui fera pas donner
Là sa véritable identité

Astrid – est encore un mystère
Mais je trouverai quoi en faire

Nadine – souvent, je n’y crois pas
Mais bien sûr, parfois, je la vois

J’aime à penser
Qu’Irina est la femme d’un mari
Cette circonstance a pour fruit
Des kilomètres d’insolence
Cachés sous des apparences

J’aime à penser
Qu’Esther n’aura jamais peur
De toute vitesse, de toute vie
Et que pour elle la pudeur
N’est jamais que du mépris

Mélanie – moi, tout mon être
Et mon prénom en sept lettres
J’ai ma pensée
J’aime à penser et …
Ça m’fait penser : Peut-être
Il me faut une autre Elizabeth

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