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Probablement un lapin

Il y a
Qu’il y a
Eu le siège passager
Qu’on m’a dévisagé
Et qu’on m’a dépassé
Un lapin
Probablement un lapin

Il y a
Qu’il y a
La bande de corbeaux
Qui revient maintenant
Tous et tous sautillant

Reprenant leur festin
De bouts d’intestins
Un lapin
Probablement un lapin

Il y a
Qu’il y a
La bande de corbeaux
Qui calmant sa faim
Ne va laisser qu’la peau
D’un lapin
Probablement d’un lapin
Un lapin
Probablement un lapin

La nuit étoilée

Le temps s’est arrêté
Sur le pays enneigé
La route familière
Sur la voiture lancée
Sa banquette arrière
Le temps s’est arrêté

Le temps s’est arrêté
Sur un amour rêvé
Nos corps enlacés
Ton rire qui a fusé
Mort dans un baiser
Le temps s’est arrêté

Ne me souviens plus où nous allions
Plus non plus avec qui nous étions
Me souviens de ce que tu portais
Et me souviens que tu me souriais

Le temps s’est arrêté
Sur un plaisir pur
Notre si beau futur
Sur ce monde figé
Et la nuit étoilée
Le temps s’est arrêté

Ne me souviens plus qui nous étions
Plus non plus ce que nous cherchions
Mais me souviens de ce que j’avais
Tes lèvres, ta langue, ton palais

Le temps s’est arrêté
La route familière
La banquette arrière
Ton rire qui a fusé
Et la nuit étoilée

Profession

J’aime cette femme à son balcon
Et fais de cette foi ma profession
Quand j’aime j’aime … j’aime
Comme d’autres font des poèmes
Et fais de cette joie une effusion

Mais je ne suis pas le premier
Elle a aimé avant, je l’ai été
Mon temps à chercher, à creuser
Sur son visage, dans ses prunelles
J’veux retrouver la fille en elle

J’aime cette femme dans son salon
Et fais de cette foi ma profession
Quand j’aime j’aime … j’aime
Mais je reste toujours le même
Et fais de mes lois une profusion

Il y a quelqu’un là dans ses bras
Qui dit Maman, ce n’est pas moi
Et qu’elle chérit plus que moi
J’n'suis que contours, contorsions
Au final, simple abstraction

J’aime cette femme dans sa maison
Et fais de cette foi ma profession
Quand j’aime j’aime … j’aime
Même perdu dans un parc à thème
Où bascule parfois mes convictions

Mais elle est capable de pirouettes
Toutes ses idées derrière la tête
Choses allant contre l’étiquette
Je n’ai pas besoin de jumelles
Pour retrouver cette fille en elle

J’aime cette femme pour cette raison
Et fais de cette foi ma profession
Quand j’aime j’aime … j’aime
Comme les uns dans leurs poèmes
Sur les illusions d’une fusion

Soirée télé

Mon portable se met à sonner. Je regarde. C’est elle. J’éteins la télé, fini d’avaler ma dernière bouchée, et je réponds.
Qu’est-ce qu’on va bien pouvoir se dire ? Il n’y a pas trois-quarts d’heure que je l’ai quittée pour rentrer chez moi.
J’entends la télé, c’est donc la première question que je lui pose. Elle me donne la chaîne et le nom de l’émission. Je rallume. Dès que la première image apparaît, je coupe le son, tape le numéro.
De choses et d’autres. Quand je lui parle, c’est en tripotant quelque miette sur ma table. Quand je l’écoute, c’est en percevant derrière sa voix celles des personnes qui gesticulent en silence sur mon écran.

Poupée de chair

( Inspiré du film « Baby Doll » d’Elia Kazan – « Poupée de chair » était son titre français à sa sortie ).

Oh ma … Oh ma … Oh ma …
Poupée de chair, ma poupée
Mon petit oiseau volage
Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?
Singes-tu sans ambages
Mon amour chimpanzé ?

L’effet que tu m’fais
Tu n’en as pas idée
Ta figure de proue
Me mets à genoux
Et tu maquilles tout
Ton regard en dessous
Ta gorge en armada
Tu ne décolères pas

Tu me fais l’effet
De tout bien calculer
Visage sans expression
Princière hésitation
Et je m’fais l’effet
De tout sur-jouer
Obligé d’affronter
Tes sourcils froncés

L’effort que je fais
Tu n’en as pas idée
Tes baisers me sont
Qu’humiliations
Ta détermination
Quelle abomination
Quand là tu étales
Feins la femme fatale

Alors comme l’est cet amour
Je suis cruel à mon tour
Alors comme l’est cet amour
Je suis cruel à mon tour

Oh ma … Oh ma … Oh ma …
Poupée de chair, ma poupée
Tu sais pourtant mon âge
Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?
Singes-tu sans ambages
Mon amour chimpanzé ?

Oh ma … Oh ma … Oh ma …
Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?
Oh moi … Oh moi … Oh moi …

La maison dissimulée

Douce à l’oreille arrivait
La rivière en contrebas
J’allais prudent soulevait
La frêle étoffe devant moi
J’ai rêvé l’été
Dans la maison dissimulée
Rêvé mon avenir comme mon passé

Fermés les yeux sur l’eau
Le monde était différent
Comme il était chantant
Comme serait un oiseau
J’ai rêvé l’été
Dans la maison dissimulée
Rêvé mon avenir comme mon passé

Et puis je me suis vu
C’est là tout s’est perdu
Ne savais plus qui j’étais
Seulement que je courais
J’avais rêvé l’été
Dans la maison dissimulée
Rêvé mon avenir comme mon passé

J’ai rêvé l’été
Dans la maison dissimulée
La rivière en contrebas
La frêle étoffe devant moi

Spiderman !

Spiderman !
Piderman ?
Spiderman !
Biderman ?
SPIDERMAN !
Piderman ?
SPIDERMAN !
Miderman ?
SPIDERMAN !
Siderman ?
SPIDERMAN !
Siderman ?
SPI-DER-MAN ! SPIDERMAN !
C’est Spi-derman, en fait, dit calmement le père, qui se décide à venir au secours de son père et de son fils.
Comment ? Piderman ?
SPIDERMAN ! fait encore l’enfant.
Non. Spiderman.
Spiderman ?
Oui, c’est ça.
Spiderman, d’accord.
Oui ! Spiderman ! confirme l’enfant qui recommence à jouer avec sa figurine.

Lecoq Guy

Conseil …
Oui, c’est ça !
Bonjour …
Oui effectivement, je m’appelle Lecoq Guy.
Bonjour Monsieur.
Je vous appelle pour vous dire que je débarrasse le plancher.
Euh … pardon ?
Je m’en vais, oui, ça va pas mettre longtemps !
Vous … ?
Dès lundi ! Je serai parti !
Monsieur …
Parce qu’il y en a qui m’ont dit « Dégage ! » Alors je dégage !
Monsieur, à qui souhaitez-vous … ?
Mais je ne serai pas bien loin … en Europe …
Mais …
Oui, lundi je serai parti, ça va pas traîner …
Monsieur ?
Voilà !
Excusez-moi mais …

Carcassonne

Avignon.
Non.
Avignon.
Non.
Quelle raison ?
Personnelle.
Je vous rappelle.

Bob Dylan ( Time out of mind ), Lisa Germano ( Happiness ), The Grateful Dead ( Aoxomoxoa ), Janis Joplin ( Pearl ), James McMurtry, deux albums ( Too long in the wasteland et Where did you hide the body ? ), Pink Floyd ( Wish you were here), Popa Chubby ( Booty and the beast ) et Neil Young ( Rust never sleeps), voilà ce qu’il avait écouté pendant le trajet.
Il pénétra dans la ville et la traversa entièrement. Quand il en ressortit, il tomba sur un hôtel de sa chaîne habituelle et y prit une chambre. Il n’y resta qu’un petit quart d’heure, le temps de déposer ses affaires.
Il descendit son vélo de sa voiture, l’enfourcha et se laissa glisser doucement vers le centre-ville. Il se balada au hasard des rues jusqu’à ce que la nuit le saisisse. Il était vingt-deux heures trente quand il rentra. Plusieurs fois, il s’était surpris à siffloter. Il prit une douche, regarda la télé une petite heure et s’endormit.
Le lendemain, il continua. Après avoir déjeuné en ville, il passa l’après-midi principalement à la cité médiévale. En début de soirée, il acheta un bracelet à l’entrée. Ce fut la vendeuse qui le lui attacha et à cette occasion, ils échangèrent un sourire. Il rentra à son hôtel plus tôt que la veille, regarda la télé plus longtemps. Il avait repéré l’adresse dans la journée.
L’avant-dernier jour, il se dit que ce serait une bonne idée de quitter Carcassonne. Il partit donc. Sans destination précise. A un moment, il prit la décision de rouler comme ça jusqu’à ce qu’il ne puisse plus aller plus loin, et c’est de cette manière qu’il atterrit à Narbonne Plage.
Il se gara et alla marcher sur le sable. Il slaloma entre les gens, les couples et leurs enfants. Finalement, il revînt à sa voiture et sortit son vélo. Il fit comme ça des allers-retours sur la promenade. Mais ça ne dura pas longtemps. Il n’en put soudain plus. C’était en quelque sorte comme si tout ce « vide » autour de lui voulait absolument changer de nom et se faire appeler désormais « absence ». Il repartit aussitôt.
La nuit, s’il rêva, il ne se souvînt de rien à son réveil. Il rendit la clé de la chambre aux alentours de neuf heures. Il se dit qu’il était préférable de ne pas prendre de petit-déjeuner.
Il s’arrêta dans une librairie et acheta un plan de la ville. Il le rangea dans la poche avant de son sac à dos. Alors qu’il était resté trois jours à Carcassonne, il fit ce pourquoi il y était venu juste avant d’en partir.
Sur le trajet du retour, il écouta exactement les mêmes disques qu’à l’aller, finissant bien sûr par l’Aoxomoxoa du Grateful Dead.

Publicité

Sur mon bureau, un magazine ouvert, arrêté sur une page de publicité.
Immobiles et muets comme je le suis, un homme et une femme sont debout en face de moi. Ils attendent – et je suis condamné à attendre avec eux – que la personne que je viens de joindre au téléphone les récupère.
Sans arrêt, des gens passent dans le couloir. Tous, sans exception, jettent un oeil dans notre direction.
Je ne saurais dire ce qu’ils regardent en premier – le couple debout ou l’homme assis sur la chaise en face d’eux derrière son bureau. Qui accroche le regard ? Qu’est-ce qui saute aux yeux dans cette scène ?
Mais s’ils se posent la question du produit dont cette publicité est censée vanter les qualités ? … Aucun slogan, aucun logo ! Je souris, il faudra le leur révéler, ils ne trouveront jamais !

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