Page d'archive 23

La maison des fous

On voit ma mémé qui fait du vélo et on voit la même qui pisse bleu
Mon oncle comprend par le cul, non c’est ma tante qui en a deux

On voit un troupeau de Cotorep, ils sont toujours à deux de tension
On voit la merde et le biscuit, la première ne vaut pas le second

Elle a dit : Bienvenue chez vous
Bienvenue à la maison des fous
Et bienvenue à tous ceux
Qui ont de la merde dans les yeux
J’espère que vous y serez heureux

On voit un patachon fier de sa vie et ça carbure dans sa marmite
On voit des hommes sans cerveau mais ceux-là ont tous des bites

On voit un foie son os déplacé, c’est celui d’un putain de moine
On voit un porte-bouse penché, la carte du Pays Basque et Béarn

Elle a dit : Bienvenue chez vous
Bienvenue à la maison des fous
Et bienvenue à tous ceux
Qui ont de la merde dans les yeux
J’espère que vous y serez heureux

On voit un abruti à l’eau d’Javel, les petits oiseaux pour chier en l’air
Un tocard habillé en gentil cœur, ça fout vraiment les tripes à l’air

On voit aussi un nez d’ivrogne qui n’est pas sûr de son proprio
On voit la vierge en caleçon les deux pieds dans le même sabot

Elle a dit : Bienvenue chez vous
Bienvenue à la maison des fous
Et bienvenue à tous ceux
Qui ont de la merde dans les yeux
J’espère que vous y serez heureux

N’en jetez plus, y’a une pleine cour
De faits similaires chaque jour
Est-ce que je dois rire ou pleurer ?
Dis-le si c’est pas trop demander

On voit pas mal de gens stridents
On voit des cons des moulins à vent
Des bonnes mines qui passent à table
Et on me voit qui tente le diable

Elle a dit : Bienvenue chez vous
Bienvenue à la maison des fous
Et bienvenue à tous ceux
Qui ont de la merde dans les yeux
J’espère que vous y serez heureux

Pour connaître le chaud
Il faut connaître le froid

Pour connaître le dos
Il faut connaître le doigt ?
Pour connaître la faux
Il faut connaître la foi ?
Pour connaître le beau
Il faut connaître … Quoi ?

Le comptoir

Pas mal de raisons de se souvenir
Plus que de clous chez un fakir
Pas mal de derniers trains au départ
Plus que de clodos dans la gare
Pas mal de belles guiboles à mater
Plus que de marches à l’escalier
Pas mal de vagues sur l’aquarium
Plus que de flics chez les roms
Pas mal de gens trop crédules
Plus que de morts par ridicule
Pas mal de chiens, d’os à moelle
Plus que de filles à la belle étoile
Pas mal de demis au comptoir
Plus que de moitiés dans une part

Pas mal d’arcs et de flèches
Plus que d’amour, d’eau fraîche
Pas mal d’annus horribilis
Plus que de vérités de la Palisse
Pas mal de boucs émissaires
Plus que de volées de bois vert
Pas mal de vains appels à l’aide
Plus que de bons remèdes
Pas mal de belles gueules béantes
Plus que de coutures apparentes
Pas mal d’inconscient collectif
Plus que de places de Calife
Pas mal de demis au comptoir
Plus que de moitiés dans une part

Pas mal de sales carrosses
Plus que de vrais beaux gosses
Pas mal de jeunes envieux
Plus que de faute de mieux
Pas mal de propos indignes
Plus qu’en cent quarante signes
Pas mal de pâles horizons
Plus que d’eau sous les ponts
Pas mal de lourds silences
Plus que d’examens de conscience
Pas mal de souvenirs amers
Plus que d’amnésies passagères
Pas mal de demis au comptoir
Plus que de moitiés dans une part

Pas mal de jolies tortures
Plus que de trous de serrure
Pas mal d’avenirs insultés
Plus que de petits doigts levés
Pas mal de douches écossaises
Plus que de culs entre deux chaises
Pas mal de hordes de pigeons
Plus que d’enseignes, de néons
Pas mal de miroirs aux alouettes
Plus que d’étiquettes au market
Pas mal d’inutiles grattages
Plus que de chances au tirage
Pas mal de demis au comptoir
Plus que de moitiés dans une part

Et pas mal de gens aux fenêtres
Plus que de raisons d’y être
Pas mal de jeu avec le hasard
D’ingrédients dans mon quatre-quarts
Pas mal de demis au comptoir
Plus que de moitiés dans une part

A l’estime

Tous les matins à côté de la gare
Je fais c’que j’ne peux plus tard
Les questions et les réponses
Le bilan du jour qui s’annonce

Notre vie est un spectacle vivant
Et j’y suis un acteur peu probant
Je suis le public très très souvent
Jamais je n’en ai pour mon argent

Me voilà sorti
Pour un abri sous la pluie
C’est qu’ce paradis me déprime
Alors je navigue à l’estime

Je bois un café haut-viennois
Au bar à côté du bac à rats
L’impression d’être un drogué
En état de manque de passé

Recommandé de lire les lettres
A moins de tout laisser paître
Tous les actifs tous les passifs
Et les futurs coups de griffe

Me voilà servi
Gant et manique assortis
Mais ton paradis me déprime
Alors je navigue à l’estime

Je fais des pieds et des mains
Mais le reste du corps en vain
Au champ de la simulation
Je cueille ma dose d’abandon

Il faut savoir ce que l’on fait
Mensonges et demi-vérités
Et adopter toute une geste
Avec quelqu’un qu’on déteste

Me voilà sorti
Pour un abri sous la pluie
C’est qu’ce paradis me déprime
Alors je navigue à l’estime

Jamais plus
Si je pouvais
J’m'croiserais
Dans ces rues

Chauve-souris

Quelque chose sans doute un rat
Dans les pierres autour de la cave
On se demande bien quel vent
Fait grincer la roue de l’épave
C’est sous les étoiles que j’attends
Devant la porte pour une lumière
Je viens de frapper nombre de fois
Et je vais faire machine-arrière

Mon dévolu
Je l’ai jeté
Pour cette sale obscurité
Mes yeux s’habituent
Et se déshabituent
Mon cœur est de concert
Mon cœur est de concert

Mon sac est posé à mes pieds
Pour ça si paisible est la nuit
Oui c’est peut-être comme va
Le triste chemin de la tromperie
Encore entre peste et choléra
Seul toujours il me faut choisir
Une vache pissera dans le pré
Et c’est sûr un cheval va hennir

Mon dévolu
Je l’ai jeté
Pour cette sale obscurité
Mes yeux s’habituent
Et se déshabituent
Mon cœur est de concert
Mon cœur est de concert

Un insecte va bourdonner près de mon visage
Des chauves-souris faire de multiples passages

Mes yeux s’habituent et se déshabituent
Mes yeux s’habituent et se déshabituent
Mes yeux s’habituent et se déshabituent

Silence

A toute allure
Elles défilent
Suis sans armure
Un sol fertile

La glace fendue
Le moindre cri
La mort venue
Alors repartie
Je garde le silence

Ce ne sont que des mots
Comme un album de photos
Ce ne sont que des mots
Comme mon album de photos

J’observe le temps
Ai l’espace pour ça
Je suis cet absent
Ce sol fertile-là

Elle a dit les choses
J’ai sorti les causes
L’effet suspendu
Puis elle s’est tue
Je garde le silence

Ce ne sont que des mots
Pour garder le silence
Ce ne sont que des mots
Pour garder le silence

Soir de fête

On se connaît comme nos poches
Mais on est loin d’être proches mais ce soir on fait la fête
Je verrais demain ma déraison
Le démon de derrière le buisson et rien rien ne nous arrête

Vois ça gros comme une maison
On va pas tarder à voir le fond mais ce soir on fait la fête
Je n’ai qu’une chose à en dire
Tout ici est prêt à partir et rien rien ne nous arrête

On a mis du temps pour y arriver
De l’amour comme on en a gaspillé mais ce soir on fait la fête
Miss a mis sa robe de princesse
Le prince toujours épris de vitesse et rien rien ne nous arrête

Les petits oiseaux

Au-dessus, un ciel sans nuages, et dans les arbres, des petits oiseaux venant et repartant, affairés.
Depuis un moment, je regardais par la fenêtre et je voyais ce qu’il y avait dehors : les arbres, le ciel et les oiseaux. Mais je ne pouvais pas ne pas voir ce qu’il y avait également en reflet sur la vitre : la petite tablette de chevet, le lit et la personne allongée dessus, le portant de la perfusion contre le mur opposé, une chaise, une table avec dessus les restes d’un plateau-repas.
Je fixais longtemps, seul dépassant des draps, son profil pâle, trouble, reposant dans la frondaison des arbres.
Un petit oiseau quitta soudain mon œil et s’envola, mais un autre vînt immédiatement se poser sans complexe sur ma tête, ses pattes dans mes cheveux.

Huit cent ou mille kilomètres

Dernière inconscience
Toutes dernières joies
Et la dernière peinture
A clouer à notre mur
Qu’on soit à huit cent ou mille kilomètres
La dernière personne avec qui je veux être

C’est la dernière chance
C’est notre dernière foi
Les dernières futilités
Echappées à notre gravité
Qu’on soit à huit cent ou mille kilomètres
La dernière personne avec qui je veux être

C’est le dernier silence
À un dernier pourquoi
Les tous derniers jours
De cet terrible amour
Qu’on soit à huit cent ou mille kilomètres
La dernière personne avec qui je veux être

Une dernière évidence
Un tout dernier combat
Et c’est la dernière fois
Que j’te dis « On verra »
Qu’on soit à huit cent ou mille kilomètres
La dernière personne avec qui je veux être

Un amour impossible, voilà

Comme un ange aux cheveux d’or
Ouvre un œil, je rêve éveillé

Et voilà que je tombe
A l’instar de la colombe
Voilà que j’anticipe
Le reste par principe

Mais la vie est impossible
Comme un amour impossible

Préoccupé comme le chat
Dans ce qui doit être
Sa toute dernière vie
Comme le lion aigri
Dans ce qu’il sait être
Une simple vie de chat

Mais l’amour est impossible
Mais l’amour est impossible

Et il semble que je vais
Un serpent sans venin
Et mû par le destin
Et il semble que je vais
Pressé par les étoiles
Sous le ciel et ses voiles

Mais la vie est impossible
Comme un amour impossible
Pour moi qui ai fait le mort
Sur le champ des possibles

Et l’amour est comme la vie
Et l’amour est comme la vie

Pourquoi je le fais ?
Personne me pousse à cet aveu
Je n’ai jamais été
Aussi triste d’être amoureux

Il n’y aura que les montagnes

Il n’y aura que les montagnes
Mais on ne pourra
S’y fier
Sifflera
Le vent
Dans la vallée

J’aurai beau
Me prendre le pouls
Ce sera
Chercher
A défaillir
A ton sourire

Il n’y aura que les montagnes
Mais on ne pourra
Rien nier
Rien n’y sera
Même temps
Pour l’éternité

J’aurai beau
Me tordre le cou
Ce sera
Marcher
Comme pour fuir
Mes souvenirs

Il n’y aura que les montagnes
La couche de neige mon amour
Que l’absence
Il n’y aura que les montagnes
Et nos vies entre mon amour
Dans la danse

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