Page d'archive 23

Un amour impossible, voilà

Comme un ange aux cheveux d’or
Ouvre un œil, je rêve éveillé

Et voilà que je tombe
A l’instar de la colombe
Voilà que j’anticipe
Le reste par principe

Mais la vie est impossible
Comme un amour impossible

Préoccupé comme le chat
Dans ce qui doit être
Sa toute dernière vie
Comme le lion aigri
Dans ce qu’il sait être
Une simple vie de chat

Mais l’amour est impossible
Mais l’amour est impossible

Et il semble que je vais
Un serpent sans venin
Et mû par le destin
Et il semble que je vais
Pressé par les étoiles
Sous le ciel et ses voiles

Mais la vie est impossible
Comme un amour impossible
Pour moi qui ai fait le mort
Sur le champ des possibles

Et l’amour est comme la vie
Et l’amour est comme la vie

Pourquoi je le fais ?
Personne me pousse à cet aveu
Je n’ai jamais été
Aussi triste d’être amoureux

Il n’y aura que les montagnes

Il n’y aura que les montagnes
Mais on ne pourra
S’y fier
Sifflera
Le vent
Dans la vallée

J’aurai beau
Me prendre le pouls
Ce sera
Chercher
A défaillir
A ton sourire

Il n’y aura que les montagnes
Mais on ne pourra
Rien nier
Rien n’y sera
Même temps
Pour l’éternité

J’aurai beau
Me tordre le cou
Ce sera
Marcher
Comme pour fuir
Mes souvenirs

Il n’y aura que les montagnes
La couche de neige mon amour
Que l’absence
Il n’y aura que les montagnes
Et nos vies entre mon amour
Dans la danse

Dans un pays loin d’ici

Et puis j’aperçois le cahier et j’y vais. Je regarde longuement la photo. Je lis le texte d’explication et la liste des noms – une dizaine – des personnes qui ont signé. C’est un soutien à une journaliste en prison dans un pays loin d’ici.
Je regarde à nouveau ce que j’ai vu tout de suite en entrant dans la pièce. Chaises dérangées, bouteilles entamées, gobelets renversés, parts de gâteau abandonnées dans des assiettes en carton. Ici, dans ce pays.
Je réfléchis à ça. Les deux choses : les restes d’un pot et le cahier ; je fais aller mon regard de l’une à l’autre. Je ne comprends pas. Je pourrais, je crois, rester là et ne faire que ça pendant des heures ; après ça, je dirais toujours que je ne comprends pas.
Et même si en vérité, je peux comprendre, qu’est-ce que ça signifie ?

Le bol noir

Le plateau de bois sur le tatami
Un thé attendait sa cérémonie
Elle venant végétale du jardin
Un bol au ras bord de parfums

C’est mon désir d’elle
Que je prenais entre mes mains
Que je soulevais devant mes yeux
Et c’est mon désir d’elle d’ici peu …

Bien
Oh sur la terre la longue terre
Resteront toutes les frontières
Dans les arbres vers l’inconnu
Tous les chants ininterrompus

C’est mon désir d’elle
Que j’ai pris entre mes mains
Que j’ai soulevé devant mes yeux
Et c’est mon désir d’elle d’ici peu …

Bien
Oh sur la plaine ma morne plainte
Sur le compte des années défuntes
Au monument autour du vent
Tout sera toujours indifférent

C’est mon désir d’elle
Que j’ai aimé entre mes mains
Qui s’éteindra devant mes yeux

Le plateau de bois sur le tatami
Un thé une dernière cérémonie
Elle végétale venue du jardin
Le grand bol noir de parfums

L’exception

Souvenirs et regrets une autre fois
T’as juste à dire l’heure mon amour
Il y a ta jeunesse et j’y ai foi
Ce n’est que le début du parcours

T’as juste à dire l’heure mon amour
Et tu me verras en bas de chez toi
Ce n’est que le début du parcours
Dans ma poche le grain de ta voix

Et tu me verras en bas de chez toi
Ton sourire tes jambes à mon cou
Dans ma poche le grain de ta voix
Tes clés ouvriront tous les verrous

Ton sourire tes jambes à mon cou
La beauté et l’exception pour loi
Tes clés ouvriront tous les verrous
Souvenirs et regrets une autre fois

Probablement un lapin

Il y a
Qu’il y a
Eu le siège passager
Qu’on m’a dévisagé
Et qu’on m’a dépassé
Un lapin
Probablement un lapin

Il y a
Qu’il y a
La bande de corbeaux
Qui revient maintenant
Tous et tous sautillant

Reprenant leur festin
De bouts d’intestins
Un lapin
Probablement un lapin

Il y a
Qu’il y a
La bande de corbeaux
Qui calmant sa faim
Ne va laisser qu’la peau
D’un lapin
Probablement d’un lapin
Un lapin
Probablement un lapin

La nuit étoilée

Le temps s’est arrêté
Sur le pays enneigé
La route familière
Sur la voiture lancée
Sa banquette arrière
Le temps s’est arrêté

Le temps s’est arrêté
Sur un amour rêvé
Nos corps enlacés
Ton rire qui a fusé
Mort dans un baiser
Le temps s’est arrêté

Ne me souviens plus où nous allions
Plus non plus avec qui nous étions
Me souviens de ce que tu portais
Et me souviens que tu me souriais

Le temps s’est arrêté
Sur un plaisir pur
Notre si beau futur
Sur ce monde figé
Et la nuit étoilée
Le temps s’est arrêté

Ne me souviens plus qui nous étions
Plus non plus ce que nous cherchions
Mais me souviens de ce que j’avais
Tes lèvres, ta langue, ton palais

Le temps s’est arrêté
La route familière
La banquette arrière
Ton rire qui a fusé
Et la nuit étoilée

Profession

J’aime cette femme à son balcon
Et fais de cette foi ma profession
Quand j’aime j’aime … j’aime
Comme d’autres font des poèmes
Et fais de cette joie une effusion

Mais je ne suis pas le premier
Elle a aimé avant, je l’ai été
Mon temps à chercher, à creuser
Sur son visage, dans ses prunelles
J’veux retrouver la fille en elle

J’aime cette femme dans son salon
Et fais de cette foi ma profession
Quand j’aime j’aime … j’aime
Mais je reste toujours le même
Et fais de mes lois une profusion

Il y a quelqu’un là dans ses bras
Qui dit Maman, ce n’est pas moi
Et qu’elle chérit plus que moi
J’n'suis que contours, contorsions
Au final, simple abstraction

J’aime cette femme dans sa maison
Et fais de cette foi ma profession
Quand j’aime j’aime … j’aime
Même perdu dans un parc à thème
Où bascule parfois mes convictions

Mais elle est capable de pirouettes
Toutes ses idées derrière la tête
Choses allant contre l’étiquette
Je n’ai pas besoin de jumelles
Pour retrouver cette fille en elle

J’aime cette femme pour cette raison
Et fais de cette foi ma profession
Quand j’aime j’aime … j’aime
Comme les uns dans leurs poèmes
Sur les illusions d’une fusion

Soirée télé

Mon portable se met à sonner. Je regarde. C’est elle. J’éteins la télé, fini d’avaler ma dernière bouchée, et je réponds.
Qu’est-ce qu’on va bien pouvoir se dire ? Il n’y a pas trois-quarts d’heure que je l’ai quittée pour rentrer chez moi.
J’entends la télé, c’est donc la première question que je lui pose. Elle me donne la chaîne et le nom de l’émission. Je rallume. Dès que la première image apparaît, je coupe le son, tape le numéro.
De choses et d’autres. Quand je lui parle, c’est en tripotant quelque miette sur ma table. Quand je l’écoute, c’est en percevant derrière sa voix celles des personnes qui gesticulent en silence sur mon écran.

Poupée de chair

( Inspiré du film « Baby Doll » d’Elia Kazan – « Poupée de chair » était son titre français à sa sortie ).

Oh ma … Oh ma … Oh ma …
Poupée de chair, ma poupée
Mon petit oiseau volage
Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?
Singes-tu sans ambages
Mon amour chimpanzé ?

L’effet que tu m’fais
Tu n’en as pas idée
Ta figure de proue
Me mets à genoux
Et tu maquilles tout
Ton regard en dessous
Ta gorge en armada
Tu ne décolères pas

Tu me fais l’effet
De tout bien calculer
Visage sans expression
Princière hésitation
Et je m’fais l’effet
De tout sur-jouer
Obligé d’affronter
Tes sourcils froncés

L’effort que je fais
Tu n’en as pas idée
Tes baisers me sont
Qu’humiliations
Ta détermination
Quelle abomination
Quand là tu étales
Feins la femme fatale

Alors comme l’est cet amour
Je suis cruel à mon tour
Alors comme l’est cet amour
Je suis cruel à mon tour

Oh ma … Oh ma … Oh ma …
Poupée de chair, ma poupée
Tu sais pourtant mon âge
Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?
Singes-tu sans ambages
Mon amour chimpanzé ?

Oh ma … Oh ma … Oh ma …
Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?
Oh moi … Oh moi … Oh moi …

1...2122232425


Surlesbordsdunjournal |
Nouvelles pleines d'es... |
9757169781 Thought Elevator... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Boulgom en 100 mots
| Pouvoir écrire la vie
| Nouvellesetseries