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Je fais des rivières

Je fais des rivières
D’un pont la perpendiculaire
D’un pays, deux, leur frontière
Je fais des rivières

Aux vaches un pâturage
Et aux arbres un feuillage
Aux chevaux des crinières
A leur corral une barrière

A la ferme une cheminée
Avec son filet de fumée
Dans le ciel des nuages
De deux collines une image

Je fais des rivières
Humeur terne ou volontaire
A ma manière exemplaire
Je fais des rivières

Et parfois le clair de lune
Des promenades nocturnes

Je sais déjà finir avec ça
Comme Monet avec ses nymphéas
Ils s’appellent tous La Vallée
C’est celle où je l’ai rencontrée

La commissure de tes lèvres

Eu te amo
Eu te amo
Eu queria que você estivesse
Apaixonada por mim

A la commissure de tes lèvres
A la commissure je suis
Sûr de tout saisir
Des mots que tu me dis

Te quiero
Te quiero
Me gustaria que estuvieras
Enamorado de mi

I love you
I love you
I wish you were
In love with me

Je t’aime
Je t’aime
J’aimerais que tu sois
Amoureux de moi

Ti amo
Ti amo
Vorrei che tu fossi
Innamorato di me

A la commissure de tes lèvres
A la commissure je suis
Sûr de tout saisir
Des mots que tu me dis

A la commissure je les entends
A la commissure je suis
Les langues toutes et la tienne
Pour la belle symphonie

Ahbik
Ahbik
Wa’atamanaa lakum kanat
Fi alhabi maei

Ahbik
Je t’aime
Je t’aime
Ahbik
Wa’atamanaa lakum kanat
J’aimerais que tu sois
Amoureux de moi
Fi alhabi maei

Je t’aime
Ahbik
Ahbik
Je t’aime

Chaque jour que Dieu fait

Je l’aime et …

Chaque jour que Dieu fait, je détruis quelque chose.

Chaque jour comme suivant un plan.
Chaque jour comme la pierre supplémentaire à ce grand édifice.

Chaque jour ne voyant pas le résultat de mes décisions, ne comprenant pas, chaque jour ne voyant rien, chaque jour de plus en plus.

Le jardin

Je l’aime et …

C’est un jardin que j’ai entretenu ces dernières années. Etre fier de moi, ne regretter aucun des efforts consentis ? Je ne sais.

Mon jardin est à l’identique quelque soit la saison. Peu importe le temps pour mes sillons.

Pierres, rochers, cailloux, graviers, quelque soit les yeux, l’endroit où ils décident de se poser.

La Valette

Elle ouvrit la porte et entra dans le bureau. Il la regarda s’approcher. Une démarche unique, une fluidité. Il pensa : « Il faut que je me souvienne de ne jamais marcher à ses côtés. » Elle tendit la main ; ses yeux lui firent tout de suite tendre la sienne. Elle y laissa tomber le trousseau de clés sans un mot.

Quoi ? Cosa voglio ?
Je veux plus de lumière !
More light ! Mehr licht ! Mehr !
Tank you ! Merci, es bueno …

Ils étaient sous l’éclairage tamisé d’une salle de billard. Il écoutait l’insupportable voix de Luigi, qui face à lui, les coudes sur la table, lui servait une improbable soupe à propos de sa sœur, une habituée du tapin. Sa patience arrivait à sa limite. Heureusement, il n’eut à faire qu’un seul claquement de langue et l’Italien en vint miraculeusement au fait.
Le détective répéta à haute voix les principales informations quand Luigi eut fini : « Camarini, vendredi, l’angle d’Essex et Grand Street, 21 h, une Buick. » Puis il finit d’un trait son pur malt et sortit de la salle, son chapeau plus que jamais vissé sur le crane.

J’ai une nouvelle fois dans les yeux
Cette petite histoire de Charlyn
Qu’une personne m’avait murmuré
Que je pensais bien avoir enterrée

Il ramait sous la brume, sa tête lourde comme l’enclume, ne favorisait pas beaucoup sa prétention de voir clairement la situation.

Elle était entièrement nue
Et complètement perdue
A l’un des coudes sablonneux
De ce ruisseau du cygne
Les pieds dans la rosée
Et le corps dévoilé
Par le champ pernicieux
Des phares d’une Dauphine

L’empaffé, qui quelques instants auparavant avait viré sur la gauche, devait penser l’avoir semé. Mais il ne tarda pas à le rejoindre à un feu. « Tu crois que je ne connais pas la ville, mon pote ! » Il ne l’avait pas repéré cette fois. « Se croit seul au monde, ce con ! » Il réajusta son chapeau, s’alluma une autre cigarette et continua de le suivre à bonne distance. « Je sais où tu veux en venir, trouduc, ne t’en fais pas … ou plutôt si, tu devrais. »
Le zig le mena tout droit où il fallait.

On m’a dit qu’à Mdina
Le silence est en ruines
Du Palais Vilhena
A la Rue St Augustine

Mais cela aussi est loin
Je n’entends plus très bien

Mr. Jenkins, est-ce un soupçon de peur que je lis sur votre visage ? Vous n’allez pas me dire que tout cela vous effraie, que vous n’êtes pas en mesure de …

Le tremblement de l’assiette
Pantoufles aux pas traînant
Moi, dernier chevalier vivant
Dans ces couloirs geignant
De cette ville de La Valette

Tout d’abord, je crois que vous faites erreur, je ne suis pas Mr. Jenkins. Et puis, sachez une chose, des cloches de votre espèce qui ont de la glaise à la place du cerveau, c’est pas la première fois qu’il m’en tombe dans les pattes. Jusqu’à aujourd’hui, j’ai toujours réussi à m’en dépatouiller, alors je ne vois aucune raison pour que ça ne se passe pas pareil cette fois-ci alors … pourquoi aurais-je peur de la suite des événements ? Je sais ce que j’ai à faire. Comment je dois gérer tout ce bordel. Et comme disait mon père, paix à son âme : « C’est net et sans bavures ».

( Ce texte doit beaucoup au roman V. de Thomas Pynchon et à ceux de Dashiell Hammett que j’ai lu, parmi lesquels Le faucon maltais ).

Le jour et la nuit

Le jour creusois d’une nuit parisienne
Le jour religieux d’une nuit païenne
Le jour indécis d’une nuit déterminée
Ou le jour cendres d’une nuit brasier

Le jour éclipsé d’une nuit étoilée
D’une nuit inventée
Le jour imaginaire
Le jour ver de terre
D’une nuit aux cimes
Le jour assassin de sa nuit victime

On est le jour et la nuit
On est le jour et la nuit
Tu es le jour, je suis la nuit
C’est toujours ce qu’elle me dit

Le jour morne plaine d’une nuit Etna
D’une nuit Esmeralda
Le jour Quasimodo
Ou le jour radeau
D’une nuit Santa Maria
Le jour Malraux d’une nuit Garcia Lorca

Le jour Qui es-tu ? d’une nuit J’sais pas
Le jour Dis-moi tout d’une nuit etc …

On est le jour et la nuit
On est le jour et la nuit
Entre le jouir et le nuire
C’est ce que je lui fais dire

On est le jour, on est la nuit
Mais on est le jour et la nuit
On est le jour, on est la nuit
Mais on est le jour et la nuit

Rivière

Je l’aime et …

Aujourd’hui je me sens comme ce jour où ça paraissait facile. Où je voulais absolument le suivre, faire comme lui. Pour lui, ça n’avait rien été. Alors pourquoi ça aurait dû être quelque chose pour moi ?

Il avait pris son élan et il avait atterri de l’autre côté. Au moment où je m’apprêtais à l’imiter, j’ai entendu quelqu’un derrière moi et cette voix disait de ne pas le faire. Je n’ai pas réfléchi à ça, j’étais déjà lancé. Je n’ai pas pensé à ça, je ne voulais pas. Je voulais le suivre, c’est tout. Et peut-être avoir la possibilité après, comme il l’avait fait lui, si tel était mon souhait, d’arborer ce sourire de vainqueur sur mon visage. Même si finalement, j’aurais sûrement opté pour la fausse modestie.

J’ai bondi. Et mon pied s’est dérobé en touchant la pierre, cette même pierre sur laquelle je l’avais pourtant bien vu y poser le sien. Et je suis tombé dans la rivière.

Un moment qui m’a paru très long, j’ai battu des mains, essayant d’attraper quelque chose et en fin de compte, c’est à cette même pierre, celle qui m’avait en quelque sorte trahie, que je me suis raccroché. Puis on m’a sorti de l’eau.

Oui, ce jour-là, rien, personne n’est mort, ni moi bien sûr, mais pas non plus le sentiment qui m’a assailli alors que j’avançais sur le sentier derrière la classe, mes habits tellement lourds sous un soleil moqueur.

Rêve

Je l’aime et …

C’est un rêve encore qui me réveille.

Je reste longtemps la tête sur l’oreiller, essayant d’ouvrir les yeux en grand, puis, les fermant à nouveau un moment quand je les rouvre et décide de me tourner, de m’allonger sur le dos, je la vois déjà se levant et s’éloignant vers la salle de bains.
Lorsqu’elle en revient, je suis toujours dans la même position, je n’ai pas bougé d’un cil. Mais alors je le fais pour lui sourire.
Je la regarde … le visage … tout d’abord puis je descends … mais descends encore … et encore … jusqu’à ce que le matin … et moi, nous soyons complètement affolés …
Viens, fais-je.
T’aimerais, hein, que je vienne ? fait-elle.
Oui, j’aimerais.

Je ne sais pas si elle vient.

Quelle est cette série ?

Je l’aime et …

Dis-moi, ma chérie, quelle est cette série ?

L’enterrement puis … survient la maladie ?

Si j’étais policier, je pourrais : capturer le criminel, me lancer à sa poursuite et en recevoir l’ordre.

Tu es enceinte, ne l’es plus et le redeviens. Ma chérie, combien d’enfants qui ne naissent jamais avons-nous ?

L’histoire d’amour et, je suppose viendra, le jour où je t’ai connu. Est-ce qu’après la séparation reviendra cet instant-ci ? Où je te demande : Quelle est cette série ? Combien d’épisodes, combien de saisons ?

J’aime la musique mais les chats noirs …

Gardien de nuit. Oui, c’est ça, je garde la nuit. Toutes les fois et elle luit. En fait, je lui tiens compagnie. Je m’imagine un peu la retenir aussi avant qu’il lui vienne l’envie de s’en aller du côté de l’Asie. Oui toujours, le jour surgit et c’est normal, elle m’oublie.
Mon patron, qui est un obscur apôtre, ne connaît rien de mes autres vies ; il croit que ce fut toujours pour moi cette même litanie. Que je zieutais déjà le dessous des armoires et sursautais aux courses de gros rats noirs … mais j’aimais la musique. Et j’aime toujours la musique.

Aiguilleur du ciel. Oui, j’ai aiguillé le ciel, avec des mains en ombrelles, des aimants aux semelles. En fait, je lui tenais compagnie aussi. Mais bien sûr il me prenait pour une fourmi, se foutait carrément de mon avis.
Mes collègues me traitaient en abruti, me faisaient des vacheries, des blagues de toutes sortes, des seaux sur le dessus des portes, jusqu’à ce qu’une fois, ils me fassent croire que Dieu venait là avec son lourd pas noir … mais j’aimais la musique. Et j’aime toujours la musique.

Laboureur de mer. Voilà, j’ai labouré la mer, striant un peu l’immensité, des poissons aux pieds. Elle aussi, je lui tenais compagnie.
Les autres me laissaient à l’écart, me surprenant dans le brouillard, utilisant mes peurs de toutes sortes dans de sales coups pour que je m’emporte, jusqu’à ce qu’ils cassent ma guitare alors que j’étais coincé sur le grand mât noir … mais j’aimais la musique. Et j’aime toujours la musique.

Chasseur de papillons. Mais … vous le sentez déjà : je n’avais pas la vocation pour me monter une collection.
La psychologue, après tous les tests de Rorschach, m’a fait comprendre son embarras. Mes yeux se sont accrochés par hasard dans les fins sillons de ses beaux bas noirs … mais j’aimais la musique. Et j’aime toujours la musique.

Gardien de nuit. Je garde la nuit et toutes les fois, elle me nuit. Mais je continue : je lui tiens compagnie. Et si des fois certains matins, certains soirs, des nuages se ramassent en de gros tas noirs … mais j’aime la musique. Et j’aime toujours la musique.

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