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Les aventuriers de La Licorne

De l’intérieur de l’habitacle
Il allait la vitesse de croisière
Slalomant entre les étoiles
Ou les bateaux de corsaires …
Ses hommes étaient courageux
Avaient fière allure, sacrebleu !
Le plus souvent
Il tenait la barre
Par tous les vents
Quart après quart
Et jamais forban
Ne mit en défaut le courage
De son valeureux équipage
Jamais flibustier, voyou
Ne vînt souiller la proue
La fabuleuse corne
De La Licorne …

Entre les murs de sa cachette
Il égrenait les secondes
En attendant que s’arrête
Le vacarme sur son monde

C’était aussi à cette époque
Qu’il imaginait leur maison
Caravelle ou bien galion
Vaisseau de Kirk et de Spock …

Mais certains moments de tempête
Il égrenait les secondes
En attendant que s’arrête
Ce vacarme sur le monde

Sortir ce soir

On pourrait sortir ce soir
On pourrait sortir ce soir
Sortir tu connais l’histoire

Faire un petit coucou à Cynthia
Et à ce qu’elle mélange au Coca
Alors descendre au Duc Étienne
Allez on prendra ta Hoegaarden

On pourrait sortir ce soir
On pourrait sortir ce soir
Sortir tu la vois l’histoire

Aller jusqu’à la Vienne en bas
Improviser des trucs à la vodka
Ou bien au jardin de l’Evêché
Faire le compte de nos péchés

On pourrait sortir ce soir
On pourrait sortir ce soir
Sortir ça s’écrit l’histoire …

La nuit
Tous les chats
Sont gris …
La nuit
Tous les chats
Sont gris …

Je ne sais pas je ne sais pas
Je crois que je vais rester là
Je ne veux pas je ne veux pas
Être comme tous les chats
Peut-être … quelque chose arrivera

Je ne sais pas je ne sais pas
Être comme tous les chats
Je ne veux pas je ne veux pas
Je crois que je vais rester là
Peut-être … quelque chose arrivera

Fermer les yeux

Tout ceci, tout ici paraît fariboles
Vu par la lame de mon Laguiole

Rien ne peut m’énerver
Comme un disque rayé
On peut fermer les yeux
Mais pour s’échapper
Il y a beaucoup mieux

La vache qui rit acquiesce
A l’autre bout de la pièce
Qu’aurais-je sur ma fourchette
Si j’étais dans mon assiette ?

Rien n’est interdit
Se souhaiter l’appétit
On peut fermer les yeux
Mais comme raviolis
Il y a beaucoup mieux

Allumons les décorations
La fête voilà la solution
La cuillère dans le goulot
Et dans la porte du frigo

Rien ne vaut le rire
Pour oublier de souffrir
On peut fermer les yeux
Mais comme désirs
Il y a beaucoup mieux

Cette ville n’est que peinte
Nous n’sommes que feintes
Alors on verra bien qui
Pourra déteindre sur qui

Rien ne sera plus retors
Que le Dieu de l’aurore
On pourra fermer les yeux
Mais comme petite mort
Il y a beaucoup mieux

Il n’y a que la mélodie
Pour combattre l’inertie
Je vais aller la retrouver
Où tout a commencé

Rien ne peut m’énerver
Comme un disque rayé
On peut fermer les yeux
Mais pour s’échapper
Il y a beaucoup mieux

L’étau

L’œuf ou la poule, Madame
Il pleut, je chante Rotterdam
Je m’suis baigné dans L’Œil
Sans faire le moindre écueil
Regarde à l’Est et à l’Ouest
Ne demande pas ton reste

Si j’ai eu un blanc-seing
Alors j’ai choisi fantassin
Mais rêvant du piédestal
Et de l’auréole du général
S’il n’y a aucun scénario alors vaut mieux qu’on improvise
J’apprends à aimer l’étau dans lequel ma tête est prise

C’est la merde des autres
Les lieux où ils se vautrent
Même si souvent je boude
Je sors l’huile de coude
Mais les travaux d’Hercule
Rapportent maigre pécule

Quand on finit le sale boulot
Encore ramasser les copeaux
Si on est pas dans la plaque
Il faudra que ça craque
Il n’y a jamais aucun repos dans toute la vaste entreprise
J’apprends à aimer l’étau dans lequel ma tête est prise

Quand je rentre au bercail
C’est la revue de détails
Le diable est si maniaque
L’amour sport de contact
Du jour au lendemain
Le champ pourrit le regain

Mon chemin de Damas
Est un tunnel d’angoisses
Certains sont très doués
Pour toujours se tromper
Comment distinguer les défauts, c’est une infinie banquise
J’apprends à aimer l’étau dans lequel ma tête est prise

Chauffage, fenêtre ouverte
Nous luttons pour la planète
Vous allez voir Douarnenez
Elle sera bientôt sur e-bay
Qu’on chante le Carpe Diem
Pour moi c’est blasphème

Il faudrait aller ailleurs
Pour les trains à l’heure
Le chien va retournant
Seul à son vomissement
Je ne toucherai plus le gros lot, j’veux récupérer ma mise
J’apprends à aimer l’étau dans lequel ma tête est prise

Je viens de l’adolescence
Et donc de cette science
De porter des vêtements
Démodés avant longtemps
J’conçois bien l’hypocrisie
Et je comprends l’ironie

Mais viens des certitudes
Et de la vilaine habitude
D’avaler tout l’hameçon
Le ver et jusqu’au plomb
On m’envoie souvent au tableau, ma leçon est-elle apprise ?
J’apprends à aimer l’étau dans lequel ma tête est prise

Lectures

Allez savoir pourquoi, tout à l’heure, ce nom m’est venu à l’esprit : Michel Strogoff. C’est sans doute le premier livre à m’avoir transporté ailleurs. Le temps de sa lecture, j’étais en Russie.
J’ai lu, j’ai lu, j’ai lu et aujourd’hui je lis, je lis, je lis. Mais quel livre ? Et qu’est-ce qui se passe ? Et en fin de compte, de quel côté ? quelle est la vérité ?
Je lisais Le vieil homme et la mer pendant que le feu finissait de consumer la maison voisine sous les regards impuissants de ses propriétaires, de ma mère et de mon oncle, des autres voisins et des pompiers. J’ai lu Brautigan des après-midi d’été quand je m’échappais jusqu’à la rivière et y trouvais là l’ombre accueillante d’un arbre. Je lisais L’idiot pendant mon impatiente convalescence à l’hôpital suite à une opération bénigne.
J’ai lu le Tropique du Cancer sur un banc du Champ de Juillet à Limoges pendant mes pauses déjeuner, où un jour un homosexuel est venu s’asseoir à côté de moi et m’a posé la main sur la cuisse et n’a pas insisté quand je lui ai dit n’être pas intéressé. C’était ce livre que j’avais dans les mains car ça s’est passé le même jour, quand une fille m’a abordé pour me taxer une cigarette et m’a proposé d’aller boire un verre et que je lui ai répondu que je n’avais pas le temps – ce n’était pas la vérité. J’étais amoureux. Elle me manquait terriblement.
J’ai lu Voyage au bout de la nuit dans la chambre universitaire de Valérie, assis ou allongé sur son lit pendant qu’elle et une copine étaient en train de réviser leurs cours en vue des examens qui approchaient et pour lesquels moi j’avais fait en partie l’impasse. Je lisais les recueils de nouvelles de Bukowski quand je l’ai rencontré et peu après elle s’est mise à m’emprunter mes livres, elle avait d’ailleurs Au sud de nulle part dans son sac quand nous sommes allés dans le bar à côté de son lycée.
J’ai lu Michel Strogoff en hiver alors qu’une profonde couche de neige recouvrait tout le pays … ou en plein été, pendant les grandes vacances, en short et tee-shirt alors que le thermomètre affichait trente-cinq degrés.

C’était une histoire d’amour

C’était une histoire d’amour
Et une histoire d’obscurité
Toi … tu étais l’amour …

J’attends au feu rouge
Que cette file bouge
La nuit s’amoncelle
Sur ma ville habituelle …
Michael Douglas craque et continue à pied – Voilà une histoire où tout devient laid – Pourquoi faut-il que je pense à ça ? – Je déteste ce navet – C’est n’importe quoi !

Moi … je suis le prisonnier

C’était une histoire d’amour
Et aussi une histoire de larmes
Toi … tu étais l’amour …

Enfin devant le cinéma
Trois voitures avant moi
Quelques gouttes éparses
Meurent dans l’essuie-glace …
Des garçons et des filles au Mortimer – Certains jours font qu’on ne peut être fiers – Pourquoi faut-il que je pense à ça ? – J’déteste mon caractère – C’est n’importe quoi !

Moi … je suis le gendarme

C’était une histoire d’amour
Et aussi une histoire de sort
Toi … tu étais l’amour …

Ça y est je suis passé
Et en route pour rentrer
Et la nuit me morcelle
Comme le jour avant elle …
J’ai avalé à la course tous les Bénédictins – Parce que je voulais rattraper mon destin – Pourquoi faut-il que je pense à ça ? – Car je déteste ce train – C’est n’importe quoi !

Moi … je suis le croque-mort

C’était une histoire d’amour
Toi … tu étais l’amour …
Et tu étais le bonheur …

Moi … je suis le veilleur

Le présent

POUR CELESTINE ET CLAUDE, MES LECTEURS FIDÈLES

Le dixième jour après Noël
Mon amour m’a envoyé
Dix seigneurs en train de sauter
Le neuvième jour après Noël
Mon amour m’a envoyé
Neuf dames en train de danser
Le septième jour après Noël
Mon amour m’a envoyé
Sept cygnes en train de nager

1-2-3 L’attente voilà
5-6-7 Voilà la quête
22-23 La quête de quoi ?
26-27 Un air de fête ?

32-33 Je fais les cent pas
40-41 Examine le sapin
41-42 Ses mots lumineux
42-43 Appel à la joie

Qu’est-ce qui se passera
Quand je parviendrai à cent ?
Est-ce que ça recommencera
Cette fois en décroissant ?

Je suis rempli de doutes
Suis-je sur la bonne route ?
Je me pose des questions
Faut-il changer de chanson ?

52-53 Mais qu’entends-je là-bas ?!
61-62 C’est un mystère mélodieux
76-77 Mais c’est Claude et Céleste
79-80 Et avec un air de Dublin

Le deuxième jour après Noël
Mon amour m’a envoyé
Deux amis en train de chanter

( Inspiré du chant de Noël The twelve days of Christmas ( Les douze jours de Noël )

La part du feu

Des images d’elle
Me reviennent en mémoire
Maintenant d’elle
Que la plus belle part

Son pied qui joue de l’escarpin
Ses yeux d’un réveil grimaçant
Son rire dans l’escarcelle du vent
Des caresses nichées entre les reins

Et des images de moi
Me reviennent en mémoire
Maintenant de moi
Que la plus belle part

Par ses cheveux mes doigts frôlés
Ma langue humide de ses baisers

Le retard de l’amoureux
A fait la part du feu
Le retard de l’amoureux
A fait la part du feu

Le châtain clair attaché
De ses épaules dégagées

A un moment

Mes autres potes et moi, on avait pas mal de choses.
J’avais un tombereau de disques et des posters sur les murs. Un avait un bordel, on ne pouvait pas s’y tourner. Un avait tout un attirail : un tableau à dessin, un rameur et des haltères, même si manifestement il ne devait s’en servir que rarement. Un autre avait la télé. Mais lui, il n’avait rien de tout ça.
Il avait un petit poste radio et une boîte à chaussures avec quelques cassettes dedans. Les murs étaient dans le même état qu’il les avait trouvés quand il était arrivé, c’est-à-dire nus. Sur sa table, il y avait ses classeurs de cours impeccablement entassés les uns sur les autres et son cartable était posé par terre contre le mur. Le lit était fait au carré et c’était très propre, pas un mouton de poussière, pas une miette.

On ne restait pas. Je ne faisais qu’y passer le chercher. Ça pouvait nous arriver de prendre ma voiture mais le plus souvent nous allions à pied. On allait boire un verre dans le centre, on faisait parfois une partie de billard.

Un soir, alors qu’on se trouvait pas loin d’elles, on s’est mis à en parler. J’ai compris au bout d’un moment qu’il serait partant. Je lui avais posé la question en rigolant mais sa réponse me laissa penser qu’il ne plaisantait pas lui, même s’il souriait.
Bien sûr, nous n’avons rien fait. Nous étions lamentables.
A un moment, nous sommes passés non loin d’une des filles, les fesses posées sur une rambarde. Comme nous la regardions, elle nous a appelés. Elle voulait une cigarette. Malheureusement pour elle, je ne fumais pas encore à l’époque. « Désolé », je lui ai fait, les paumes en l’air. Puis on s’est éloignés.
Je me souviens avoir observé mon pote tout le long du trajet du retour.

Jalousie

Mes yeux sont jaloux des yeux qui te voient
Mes oreilles de celles qui entendent ta voix

Que signifie
Ce sale défi ?
L’effet d’être
Le seul être ?

Il ne faut pas que je me déunisse
Rien n’a existé et puis rien n’existe
Que des trottoirs où cracher ma colère
L’obscurité autour du réverbère

Mon torse envie celui où se blottissent tes bras
Mes pieds ceux qui suivent chacun de tes pas

Que signifie
Ce sale défi ?
L’effet d’être
Le seul être ?

Il ne faut pas que je me définisse
Rien n’a existé et puis rien n’existe
Qu’un grand arbre avec des oiseaux-lyres
Et des pantins d’un musée de cire

Que signifie
Ce sale défi ?
Que signifie
Cette jalousie ?

Que je me démantèle il ne faut pas
Rien n’existe et puis rien n’existera
Peut-être des miroirs et des regards fixes
Verront mourir pour de bon le phénix

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