Archives pour la catégorie Peau de chagrin

Nom secret

Nous sommes allés jusqu’au fond de la ravine
Sommes allés jusqu’au sommet de la colline
Nous sommes allés jusqu’au bord de la falaise
Sommes allés jusqu’au centre de la fournaise
Qu’allions-nous y chercher ?
Si ce n’est notre nom secret ?

Nous sommes allés jusqu’au bout de l’avenue
Et nous avons vu jusqu’à toutes les rues
Où sommes-nous parvenus ?
Tout s’est perdu, confondu …

Mais toi et moi
Nous l’avons porté
Ce nom secret
Oui pourtant
Pendant un temps
Nous l’avons porté
Toi et moi
Notre nom secret

Le bon endroit

Sushis, oshis et autres nigiris
100 recettes à base de riz
Le Grand Livre de l’Indonésie
Mon petit animal de compagnie

Du givre sur les tables, les bancs
Des moineaux au ravitaillement
Et là-bas derrière le petit muret
Sans arrêt le même chassé-croisé

Je ne sais pas si c’est le bon moment
Mais c’est sûr je suis au bon endroit
Elles se relient entre elles lentement
Toutes les routes qui m’ont mené là

Une famille qui vient de s’installer
Va commencer son petit-déjeuner
Les parents, les deux petits gars
Et ils s’appellent Loulou et Chacha

Quand j’aurai fini l’immonde café
Il sera temps alors de tout laisser
Car j’aurai fait le plein d’essence
Les choses tomberont sous le sens

Je ne sais pas si c’est le bon moment
Mais c’est sûr je suis au bon endroit
Elles se relient entre elles lentement
Toutes les routes qui m’ont mené là

Peau de chagrin

Ce matin je suis sorti de chez moi
A la recherche d’un poème pour toi

Je savais ce que je voulais y mettre
Je me voyais chanter ta beauté
Tout ce qui fait ma raison d’être
Et je nous y faisais revenir en été

Ce s’rait mon chef d’œuvre c’était certain
Ma Joconde
Mon Facteur Cheval
Mon Origine du monde
Mon Taj Mahal
Ce s’rait mon chef d’œuvre c’était certain
Mais ça s’est réduit à peau de chagrin

Ce matin je suis sorti de chez moi
A la recherche d’un poème pour toi
Mais avait-il jamais fait aussi froid ?
Il y avait tout ce givre sur le toit

Le petit garçon perdu

On retrouve le petit garçon perdu

Au milieu de la forêt
Il fixe longtemps les nues
Se sent si loin et si près
Le petit garçon perdu
L’avez-vous vu ?
D’une légère secousse
S’est éveillé sur la mousse

Échappé de sa coquille
Il tisse de fils en aiguilles
Sa toute nouvelle famille
Le petit garçon perdu
L’avez-vous vu ?
L’écorce des arbres
Ne le laisse pas de marbre

Fuyant quelques heures
Il savoure les senteurs
Et le parfum de la peur
Le petit garçon perdu
L’avez-vous vu ?
Monter dans le chêne
Pour se libérer de sa haine

Alors s’annonce la nuit
Ses fantômes ses furies
Leurs rires et leurs cris
Le petit garçon perdu
L’avez-vous vu ?
Où règne le bon sens
Il brille par son absence

M’avez-vous vu ?
Où règne le bon sens
Briller par mon absence ?

La veille

L’effigie de Saint-Eloi
Semble se foutre de moi
Et cette église abbatiale
Qui me plombe le moral

Vais-je trouver le sommeil ?
Pas encore demain la veille

Tout amour est mort en moi
Dans mon cœur pourrissant là
Le grand jardin des regrets
Que je commence à labourer

Vais-je trouver le sommeil ?
Pas encore demain la veille

Je ne sortirai de mon silence
Que pour peindre cette Briance

La diagonale du fou
Les yeux cernés de partout
Le train tranchant l’horizon
Ici sont rompus les ponts

Vais-je trouver le sommeil ?
Pas encore demain la veille

Comme d’un lac la surface

Les mots alignés sur ma feuille
La photo dans mon portefeuille
Tout ici à une place
Même ces satanés vides
Comme d’un lac la surface
Sans la moindre ride
L’étagère des livres sur le rock
Le rond du verre sur le sous-bock
Le pourboire pour la Boîte à pizz’
Ton disque oublié des Bee-Gees
Tout ici à une place
Même ces satanés vides
Comme d’un lac la surface
Sans la moindre ride
La tringle orpheline de ses rideaux
La fourchette qui croise le couteau
Tout ici à une place
Même ces satanés vides
Comme d’un lac la surface
Sans la moindre ride
Les moutons qui battent la campagne
Le mégot au sommet de la montagne
Le portable et son silence terrifiant
La bouteille avec le message dedans
Tout ici à une place
Même ces satanés vides
Comme d’un lac la surface
Sans la moindre ride

La lumière de mes jours

Et je ne fais plus que rêver de toi
Ce que j’ai fait pour en arriver là
Et je ne fais plus que rêver de toi

Car tu étais mon amour
La lumière de mes jours

Je poursuis ma vie
Mais de guerre lasse
On ne sait plus à qui
Ou à quoi rendre grâce

Tu vois je ne dis rien
Je suis resté assez loin
C’est mieux comme ça
Tu es encore avec moi

Car tu étais mon amour
La lumière de mes jours
Tu es toujours la lumière
Même d’une autre manière

J’espère encore quelque chose de ce matin
A cause de l’empreinte laissée par ta main
Et j’attends quelque chose de ce ciel bleu
Parce que j’ai sombré entier dans tes yeux
Et il me semble que si je souris encore
C’est que j’ai su certains secrets de ton corps

Car tu étais mon amour
La lumière de mes jours
Et oui tu l’es toujours

Et je ne fais plus que rêver de toi
Ce que j’ai fait pour en arriver là
Et je ne fais plus que rêver de toi

L’ordinaire

On verra demain
Revenir la colère
Comme le mystère
De sa grosse faim
On verra demain
Faudra en faire
Pour satisfaire
Tous ses besoins
Mais là la bête est rassasiée
Je ne saurai plus expliquer
On verra demain
Faut se donner
A son métier
Même si mesquin
On verra demain
Ne saura défaire
De l’ordinaire
Mon quotidien
Mais là la bête est rassasiée
Et je ne saurai expliquer
On verra demain
Revenu l’appétit
Le couvert remis
Pour son festin
On verra demain
Et ma maison
Avec un démon
En son sein
Mais là la bête est rassasiée
Je ne saurai plus expliquer
On verra demain
Mon terrible refrain
Mon terrible refrain
On verra demain

Santé !

Sous la capuche
Et je trébuche
Puis m’étale
Milieu du bal

Les herbes noires
Filent des rancards
J’en suis ici
La faute à qui

J’ai bu au non-sens de ma sentence
Puis à l’absence d’un corps intense

Et blanc ce froid
Qui est en moi
Passent les désirs
Pour des soupirs

Fière cavalière
Cheval de pierre
Les quatre fers
Tombé à terre

J’ai bu au non-sens de ma sentence
Puis à l’absence d’un corps intense

J’ai bu à l’absence d’un corps intense
Puis à l’absence d’un corps intense
Puisà l ‘absence d’un corps intense

J’ai dit : Santé !
Allez, Santé !

Animaux au quotidien

J’ai nourri tes …
Animaux au quotidien ?
J’ai écrit des …
Poèmes sur ton chemin ?
T’ai emmenée …
Aux feux d’artifice
J’ai cédé …
A quelques caprices ?

J’ai accroché ces …
Haïkus à ton cou ?
Donné …
De la vitesse à ta roue ?
J’ai remis des …
Bûches sur ton feu
Egrainé des …
Mots dans tes cheveux ?

Je ne sais plus parfois
Et je ne sais plus quoi
Tout est mélangé ici
Les années ont passées puis …

T’ai aidé …
A apprendre ton rôle ?
Sifflé …
Avec l’oiseau sur ton épaule ?
Apporté …
De l’eau à ton moulin
Surveillé …
Les fleurs de ton jardin ?

Les années ont passées puis …
Tout est mélangé ici
Et je ne sais plus quoi
Je ne sais plus parfois

Les fleurs de ton jardin
Je les ai égrainées ?
Tes animaux au quotidien
Je les ai surveillés ?
Les poèmes sur ton chemin
Je les ai nourris ?
Et l’eau à ton moulin
J’en ai remis ?

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