Archives pour la catégorie Paradis

La borne 62

Le chien kiffe grave la borne 62
Notre train de vie part à 9h32

Un diable à la sacrée dégaine
Sur le parking à côté de l’Eden
Le chat noir joue avec des cubes
Et j’ai sur ma boîte un stop-pub
L’émission c’est : Dans la peau de
Aujourd’hui : Un homme heureux

Je n’attends pas d’aide du ciel
Arrose mes fleurs artificielles
Le comité des fêtes organise
Le grand concours de la surprise
La permanente s’arrache les cheveux
Par moments il faut mentir un peu

Le chien kiffe grave la borne 62
Notre train de vie part à 9h32

Le matin au Sunset Carwash
Je lave ma voiture à la hache
Certaines ont des yeux de panda
Mais feraient pleurer un Bouddha
Je me couvre d’un matin frileux
Pour aller à la clinique Chénieux

Je le sens dans mes entrailles
Pas de renouvellement du bail
La princesse a pas mal de frais
Fait comme si de rien n’était
Et je suis bien calé au milieu
Seul dans un grand lit de feu

Le chien kiffe grave la borne 62
Notre train de vie part à 9h32

Les mains vides

C’est plus qu’un coup de mou
Traîné dans les allées de Babou
Beaucoup beaucoup plus profond
Regrets remords mes escadrons

Il y a un temps pour le partage
Puis un autre pour le ménage
Entre tous les nids à poussière
Des lustres j’attends la lumière

Désolé d’être venu les mains vides
Du verre à moitié plein, à moitié vide

Sosterranean Homesick Blues
Dans les artères de Toulouse
Je fais des jeux de mots creux
En attendant que faire se peut

Elle descend pour son scanner
J’entame ma partie de solitaire
M’allonge sur le lit médicalisé
L’infirmière ne va pas tarder

Désolé d’être venu les mains vides
Du verre à moitié plein, à moitié vide

J’ai dégoté un job de factotum
Va me falloir mettre la gomme
Mais j’le ferai quand j’aurai fini
Le vieux roman de Bukowski

Voilà j’ouvre la porte du frigo
Et je rendrais tripes et boyaux
De toute façon dans cet endroit
Je sens bien que rien n’est à moi

Désolé d’être venu les mains vides
Du verre à moitié plein, à moitié vide

Une traverse dans la voie tracée
Je partirai aussitôt à l’aventure
Comme une première opportunité
J’fourmille de projets, de lectures

Désolé d’être venu les mains vides
Désolé aussi pour le teint livide
Du verre à moitié plein, à moitié vide

Nez rouge

On ne passe pas par les fenêtres
Parce que les portes sont ouvertes
Il y a ce quelque chose dans l’air
Qui nous sert de point de repaire

Des choses collées sous mon siège
A tous les coups c’est un piège
Je sais que si jamais je regarde
Je vais comme baisser ma garde

Voilà ma vie de clown
Dans le misérable cirque
J’écoute encore Pink Moon
Et Made to love magic

Noah chante Redemption song
Le déluge s’essaie au mah-jong
A la fin il lui reste deux briques
Mais elles ne sont pas identiques

A deux pas du Parc du Reynou
Pas très loin de me sentir gnou
Car je classe d’anciennes photos
De mon époque dans le troupeau

Voilà ma vie de clown
Dans le misérable cirque
J’écoute encore Pink Moon
Et Made to love magic

La cloche me parle de Bourganeuf
J’me dis qu’ça rime avec meuf
Ailleurs serait mieux c’est certain
Mais je ne vais pas plus loin

Le chat joue avec une aiguille
Celle du 3 a de jolies quilles
Et on achète quelques pensées
Là dans la Rue Léo-Ferré

Voilà ma vie de clown
Dans le misérable cirque
J’écoute encore Pink Moon
Et Made to love magic

J’entendais Nick Drake chanter River man …
Quand je donnais du pied dans la bardane
Et c’est de cette manière qu’il s’est tu
Peut-être voulait-il commencer Camus ?

Prends le temps de mourir

Certaines soirées font peur
Certains silences ravageurs
Les beaux moments qu’on a
Comme des fleurs à Louyat

Dans la boite de déceptions
Des ordres et des sermons
Et d’étranges paragraphes
Avec fautes d’orthographe

C’est une sorte de croissant
Des lèvres pleines de sang
La blessure pas refermée
Du pus viendra se former

Comme je te voudrais là
Ma petite maja desnuda
Car rien de plus immonde
Que cette origine du monde

Oh me voilà sans arme
Moi la cause de tes larmes
Et dans cette terrible danse
J’en deviens la conséquence

Comprends douloureusement
C’était un rêve finalement
Et la possibilité d’un pire
Redevient ligne de mire

Peut-être à cause de la pluie
Après un beau soleil infini
Qu’étais-je en train de lire ?
Je ne peux me souvenir

Mais ce que je veux ce soir
Ne pouvais pas le prévoir
Quand j’ai changé d’étoffe
Finir ce conte de Tchekhov

Mais prends le temps de mourir
On pourrait me voir sourire
J’aurais vu une échappatoire
Une Alice devant le miroir ?

La maison des fous

On voit ma mémé qui fait du vélo et on voit la même qui pisse bleu
Mon oncle comprend par le cul, non c’est ma tante qui en a deux

On voit un troupeau de Cotorep, ils sont toujours à deux de tension
On voit la merde et le biscuit, la première ne vaut pas le second

Elle a dit : Bienvenue chez vous
Bienvenue à la maison des fous
Et bienvenue à tous ceux
Qui ont de la merde dans les yeux
J’espère que vous y serez heureux

On voit un patachon fier de sa vie et ça carbure dans sa marmite
On voit des hommes sans cerveau mais ceux-là ont tous des bites

On voit un foie son os déplacé, c’est celui d’un putain de moine
On voit un porte-bouse penché, la carte du Pays Basque et Béarn

Elle a dit : Bienvenue chez vous
Bienvenue à la maison des fous
Et bienvenue à tous ceux
Qui ont de la merde dans les yeux
J’espère que vous y serez heureux

On voit un abruti à l’eau d’Javel, les petits oiseaux pour chier en l’air
Un tocard habillé en gentil cœur, ça fout vraiment les tripes à l’air

On voit aussi un nez d’ivrogne qui n’est pas sûr de son proprio
On voit la vierge en caleçon les deux pieds dans le même sabot

Elle a dit : Bienvenue chez vous
Bienvenue à la maison des fous
Et bienvenue à tous ceux
Qui ont de la merde dans les yeux
J’espère que vous y serez heureux

N’en jetez plus, y’a une pleine cour
De faits similaires chaque jour
Est-ce que je dois rire ou pleurer ?
Dis-le si c’est pas trop demander

On voit pas mal de gens stridents
On voit des cons des moulins à vent
Des bonnes mines qui passent à table
Et on me voit qui tente le diable

Elle a dit : Bienvenue chez vous
Bienvenue à la maison des fous
Et bienvenue à tous ceux
Qui ont de la merde dans les yeux
J’espère que vous y serez heureux

Pour connaître le chaud
Il faut connaître le froid

Pour connaître le dos
Il faut connaître le doigt ?
Pour connaître la faux
Il faut connaître la foi ?
Pour connaître le beau
Il faut connaître … Quoi ?

Le comptoir

Pas mal de raisons de se souvenir
Plus que de clous chez un fakir
Pas mal de derniers trains au départ
Plus que de clodos dans la gare
Pas mal de belles guiboles à mater
Plus que de marches à l’escalier
Pas mal de vagues sur l’aquarium
Plus que de flics chez les roms
Pas mal de gens trop crédules
Plus que de morts par ridicule
Pas mal de chiens, d’os à moelle
Plus que de filles à la belle étoile
Pas mal de demis au comptoir
Plus que de moitiés dans une part

Pas mal d’arcs et de flèches
Plus que d’amour, d’eau fraîche
Pas mal d’annus horribilis
Plus que de vérités de la Palisse
Pas mal de boucs émissaires
Plus que de volées de bois vert
Pas mal de vains appels à l’aide
Plus que de bons remèdes
Pas mal de belles gueules béantes
Plus que de coutures apparentes
Pas mal d’inconscient collectif
Plus que de places de Calife
Pas mal de demis au comptoir
Plus que de moitiés dans une part

Pas mal de sales carrosses
Plus que de vrais beaux gosses
Pas mal de jeunes envieux
Plus que de faute de mieux
Pas mal de propos indignes
Plus qu’en cent quarante signes
Pas mal de pâles horizons
Plus que d’eau sous les ponts
Pas mal de lourds silences
Plus que d’examens de conscience
Pas mal de souvenirs amers
Plus que d’amnésies passagères
Pas mal de demis au comptoir
Plus que de moitiés dans une part

Pas mal de jolies tortures
Plus que de trous de serrure
Pas mal d’avenirs insultés
Plus que de petits doigts levés
Pas mal de douches écossaises
Plus que de culs entre deux chaises
Pas mal de hordes de pigeons
Plus que d’enseignes, de néons
Pas mal de miroirs aux alouettes
Plus que d’étiquettes au market
Pas mal d’inutiles grattages
Plus que de chances au tirage
Pas mal de demis au comptoir
Plus que de moitiés dans une part

Et pas mal de gens aux fenêtres
Plus que de raisons d’y être
Pas mal de jeu avec le hasard
D’ingrédients dans mon quatre-quarts
Pas mal de demis au comptoir
Plus que de moitiés dans une part

A l’estime

Tous les matins à côté de la gare
Je fais c’que j’ne peux plus tard
Les questions et les réponses
Le bilan du jour qui s’annonce

Notre vie est un spectacle vivant
Et j’y suis un acteur peu probant
Je suis le public très très souvent
Jamais je n’en ai pour mon argent

Me voilà sorti
Pour un abri sous la pluie
C’est qu’ce paradis me déprime
Alors je navigue à l’estime

Je bois un café haut-viennois
Au bar à côté du bac à rats
L’impression d’être un drogué
En état de manque de passé

Recommandé de lire les lettres
A moins de tout laisser paître
Tous les actifs tous les passifs
Et les futurs coups de griffe

Me voilà servi
Gant et manique assortis
Mais ton paradis me déprime
Alors je navigue à l’estime

Je fais des pieds et des mains
Mais le reste du corps en vain
Au champ de la simulation
Je cueille ma dose d’abandon

Il faut savoir ce que l’on fait
Mensonges et demi-vérités
Et adopter toute une geste
Avec quelqu’un qu’on déteste

Me voilà sorti
Pour un abri sous la pluie
C’est qu’ce paradis me déprime
Alors je navigue à l’estime

Jamais plus
Si je pouvais
J’m'croiserais
Dans ces rues

Chauve-souris

Quelque chose sans doute un rat
Dans les pierres autour de la cave
On se demande bien quel vent
Fait grincer la roue de l’épave
C’est sous les étoiles que j’attends
Devant la porte pour une lumière
Je viens de frapper nombre de fois
Et je vais faire machine-arrière

Mon dévolu
Je l’ai jeté
Pour cette sale obscurité
Mes yeux s’habituent
Et se déshabituent
Mon cœur est de concert
Mon cœur est de concert

Mon sac est posé à mes pieds
Pour ça si paisible est la nuit
Oui c’est peut-être comme va
Le triste chemin de la tromperie
Encore entre peste et choléra
Seul toujours il me faut choisir
Une vache pissera dans le pré
Et c’est sûr un cheval va hennir

Mon dévolu
Je l’ai jeté
Pour cette sale obscurité
Mes yeux s’habituent
Et se déshabituent
Mon cœur est de concert
Mon cœur est de concert

Un insecte va bourdonner près de mon visage
Des chauves-souris faire de multiples passages

Mes yeux s’habituent et se déshabituent
Mes yeux s’habituent et se déshabituent
Mes yeux s’habituent et se déshabituent



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