Archives pour la catégorie La vie est une fantaisie



Angoisse de la plage blanche

Maman faisait des pâtés de pomme de terre
Y ajoutait une petite pincée de désespoir
Elle ordonnait à tout le monde de se taire
Si Mémé entamait une chanson à boire
Papy qui avait le monopole des crachoirs
Défendait à la faux un coin de la cave
Et la vieille bique d’en face sortait le soir
Le chœur chantait qu’elle avait de la bave

Quelque oiseau qui aurait voulu s’envoler
Ce que ma sœur avait tatoué sur son épaule
C’est à mon oncle qu’appartenait le voilier
Me souviens toujours de lui au bout du môle
Mon parrain parlait tout le temps de football
Ne l’ai vu sur le terrain qu’avec le numéro 12
Ma cousine faisait souvent plier les goals
Mais connaissait par cœur Tombstone blues

Je savais que mon père était mime, même s’il n’en a jamais parlé
Maintenant je remplace l’homme invisible et c’est un dur métier

A ma corde, dans la gorge ou au tableau de bord
Il va me falloir dénouer tous ces nœuds encore

J’aimerais avoir une femme dans chaque port
J’aimerais avoir une femme dans chaque port
J’aimerais … la même femme dans chaque port
La même femme dans chaque port

La Forest

Je vais rester là

Les yeux fermés
Ne vois-tu pas
Et n’entends-tu pas
Comme tout est calme, reposé
Les étoiles tintinnabuler ?

Même si je sais bien que …
Petit Poucet a appris tous les rudiments
De la marelle à la Belle au Bois Dormant
Mais la Belle a la chance des débutants
Et le Petit Poucet est mauvais perdant
Même si je sais bien que …
Boris et Natacha tristes et désemparés
Ont dû perdre les clés de leur troïka
Comment vont-ils bien pouvoir retourner
Tout là-bas dans leur si belle isba ?

Et même si je sais bien que …
Si Cendrillon fuit, ce sera pour échapper
Aux pattes de Barbe-Bleue ou d’un renard
Et même si je sais bien que …
Pinocchio verra encore son nez s’allonger
Dans les troubles reflets de cette mare

La lune est comme je l’aime

La lune est comme je l’aime
( La lune est comme je l’aime )

Ces corps que la ville héberge
( Et ces cœurs séparés )
( Ces regards drapés )
Toutes ces vies, ces déveines
Ces couples au bord des berges
( Par le voile gris )
Toutes ces peines, sous leur laine
( De tous les non-dits )

La lune est comme je l’aime
( La lune est comme je l’aime )

Moi je suis peintre
( Alors je reste en enfer )
Je peins d’ordinaire
Les monstrueuses étreintes
( A faire l’inventaire )
De mes nuits sans étoile
Et ce temps infini
( De ce que je sais faire )
Ne plaide guère
Pour certains génies
Pour leurs toiles

La lune est comme je l’aime
( La lune est comme je l’aime )

Tes cheveux une musique
( Ta peau une arme blanche )
Quelque chose d’hypnotique
Que le courant entraîne
( Ce petit air de revanche )
Comme le sang des reines
( Comme cœur de capitaine )
( Que le courant emmène )

La lune est ( comme je l’aime )
( La lune est ) comme je l’aime

Derrière son ombre

( Point de départ et toiles de fond, la série de tableaux de Claude Monet : Londres, le Parlement )

Comme … comme … comme …
Le souverain âgé semble rire jaune des rhizomes de souvenirs mal digérés, sa souveraine mettant de côté sa colère éblouit sous elle son Lahire qui soupire …
En retour
Londres
Sombre
Derrière son ombre
Miss Moneypenny toise la Mère Matilda tandis que son Bond croise le fer au Sri Lanka. La belle Harriet, la sentinelle s’entête à vouloir tout contrôler …
Du haut de la tour
Londres
Sombre
Derrière son ombre
Sous le nuage bleu défile Philéas Fogg, maître des lieues et sortant ses devises, le monde se tamise et son chapeau fou invite à prendre le thé …
Pour son retour
Londres
Sombre
Derrière son ombre
Alice est là aussi, pourquoi, que fait-elle ici ? Elle s’éclaircit la voie et dit : « Bois vite le calice et cela jusqu’à la lie ! C’est bientôt l’heure pour le vampire d’aller dormir !
Son tour »
Londres
Sombre
Derrière son ombre

Oh ! …

C’est imprécis cette impression que rien ne bouge, Londres a comme sombré derrière son ombre …

ROUGE

Votre Majestéééé … votre Majesssstéééé … c’est le matinnnnn … il faut vous leveeeeer … Réveillez-vous, c’était un rêve, la nuit a disparu. Même pourriez-vous vraiment me dire s’il y en a eu ? C’est une certitude, vous avez l’habitude et je sais bien que tout vous désole, que rien ne vous console et que toujours vous chantez :

Comme une cathédrale
Paresseusement
On se verticalise
Et le jour banal
Tout le temps
Vraiment démoralise

Mais voyons votre Majesté, on ne peut toujours vivre caché …

Oh ! Voyez !
Voyez donc la Majesté !
Elle n’a plus son chapeau
Celui qui lui celui qui lui celui qui lui celui qui lui celui qui lui celui qui lui
A volé est un salaud !

Chansons des Pirates

On ne prend que ce qui est à nous
Et tout est à nous
Car personne jamais
Rien ne nous donne
Alice assise juste derrière moi masse si bien les omoplates
Mathy sur l’oreille de Sarah remet encore la mèche renégate
Baptiste cherche un refrain à …
Ce qu’il veut être une chanson de pirates :
On ne prend que ce qui est à nous
Et tout est à nous
Car rien jamais
N’est à personne

On ne prend que ce qui est à nous
Et tout est à nous
Car personne jamais
Rien ne nous donne
Max pour la faire rêver invente à Marianne des récits de régates
Hélène, Franny pensent-elles aux bras de capitaines de frégates ?
Baptiste cherche un refrain à …
Ce qu’il sait être une chanson de pirates :
Car personne jamais rien ne donne
Pas même la raison
De la maudite chanson
Que je me fredonne …

Avant que la colère de Dieu ne s’abatte
Peut-être irons-nous jusque là-bas
Ciel et mer se font ensemble écarlates ?
Peut-être sommes-nous d’un autre bois …

Ne rien écrire sur la partie barrée

Eva, son ancienne lolita, comme en un ralenti de cinéma, avait monté les marches du rectorat, tirant comme un Médor son nouveau toréador, venu du fond du Périgord. Arrivé avant Eva, Sammy avait fait ses petits tas de cendres, afin de mieux attendre l’appel du commissaire de la police de cet enfer.
Est-ce Camille ? demanda Sammy.
Carrément, et comment va euh … ?
E… va bien, merci.
Dans la salle des combats, Sammy pouvait voir le cou d’Eva. Il imagina des escargots se déplaçant le long de son dos, leur lente descente et les longues traînées brillantes dont ils maculaient la peau d’Eva.
Suivant le cours de sa pensée, Sammy se fit soudain Sam, le Grand Sam, et de son feutre écrivit au brouillon la trame d’une histoire de bandits, où lui en privé s’offrait l’occasion de maculer le corps d’Eva de ses baisers.
Mais parfois la vie est ainsi, faite de dérisoires facéties, certaines images s’effacent et cela si vite.
En la circonstance, lorsqu’ils sortirent de ce concours d’entrée, une pluie scélérate faisant des coulées sur les trottoirs accéléra grandement leurs au revoir.
Sammy, ombre trempée du Grand Sam, rentra chez lui d’un pas pressé.
Il mit sa clé dans sa serrure au moment même où la porte s’ouvrit sur un sourire. Il entra et secoua la tête sur la trame de son histoire de bandits.

Leitmotiv

Rigide
La fascinante blonde
Si grands a ouvert
Sur le monde ses yeux verts
Pour y laisser voir
Son avide
Désir de plaire

La vie est une fantaisie
Voilà tout ce qu’elle dit
La vie est ma fantaisie

Dans les nuages d’eau grise mystérieuse se reflète sa noire silhouette
Pour laisser croire qu’elle est faite pour être éprise

Et cette impression abrupte du mouvement indigo d’un pas de tango
Pourrait laisser croire qu’il est beau de vouloir la lutte

La vie est une fantaisie
Voilà tout ce qu’elle dit
La vie est ma fantaisie

Voilà tout ce qu’elle me dit
Mêmes mots, mélodie et ton
Même motif et même punition

Alors
Par l’escalier désaffecté il est sain de fuir ses décors de cuir
Qui pourraient laisser voir que le plaisir
Naît de coups de fouets et de peau cinglée

Nouvel intermède

Comme il y a eu ce vent qui m’a surprit
Mon échine courbant dans le feutre de la nuit
Comme il y a eu ce relais que j’ai franchi
A dos d’âne mes traits sous un voile de pluie
Comme il y a eu ce lac où j’ai dormi
Dans le fond d’une barque au si léger roulis

Il y a là ce cortège dont je fais partie
En point de mire la neige là-bas sur le Fuji

Car il existe ce Japon
Où en pensée je me réfugie
Quand certains papillons
Ne veulent pas être suivis

Carte postale ( d’un lieu commun )

A la bataille de Stalingrad – Je suis resté en rade – Couché sur le métro – Des guenilles sur le dos -

Me rappelant le petit lascar
Qui montait les boulevards …

Débarqué avec la peau lisse – A la gare d’Austerlitz – Les belles plantes du jardin – Les prés de Saint-Germain – Et la Sorbonne qui s’étonne – De la Rue de Babylone – Et de mon salut mignon – A la statue de Napoléon – Cet hôtel des grimaces – A côté du Champs de Mars – Les yeux sous la Tour – Les gens … comme de la neige autour -

Souvenirs de Paris
Souvenirs de ripailles
De Rivoli
Et du Boulevard Raspail

Les quartiers font les beaux – Les pretty girls et les gigolos – Les « Hello, Monsieur, how do you do ? » – Les « Well, so fine, et vous ? » – Les bars très très chics – Le monte-charge magique – Calvin Klein et sa Rolex – Et les avisés du Grand Rex -

Souvenirs de mes Paris
De mes prises de risque
De l’éléphant de Dali
Et de l’Obélisque

Quartier des Abbesses – Commence les trottoirs – Le Boulevard Barbès – La nuit dans les squares -

Souvenirs d’un petit lascar
Redescendant les boulevards
Se rappelant un pari à la con
Notre-Dame de la Compassion

Langue au chat

Je crois je crois
Qu’elle veut donner sa
Langue au chat
Qu’elle veut donner ça

Lotus lisait un livre d’Hemingway
Dans sa position non numérotée
Si on était sur l’échiquier
C’était la reine en déshabillé

Elle veut donner sa
Langue au chat langue au chat langue au chat
Et moi je crois je crois je crois
Je peux être le chat

Tatiane plantait une fléchette
En plein cœur de la goyave
Enlevait en sautillant ses socquettes
Quand on descendait à la cave

Elle veut donner sa
Langue au chat langue au chat langue au chat
Et moi je crois je crois je crois
Je peux être le chat

Kumi lançait la partie de barbu
Cherchant des esprits décidés
Une équation avec des inconnues
Une solution tordue à trouver

Elle veut donner sa
Langue au chat langue au chat …

Sandrine s’en donne à cœur joie
Et est-ce vraiment moi le roi ?
Et est-ce vraiment moi, le rat,
Qui ai parlé de langue au chat ?

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