Archives pour la catégorie La maison de bois



Le fantôme

Triste
Nick Drake était triste
Il l’était ce jour
Où j’ai dû voir le jour
Où les Floyd n’avaient pas concert
Neil, Bob et Léonard pas matière
Et las se sentait Tim Buckley

De ce blues je ne m’en sortirai pas vivant
Je n’me sortirai jamais de ce blues vivant
Le fantôme de Carson peut venir tous les ans
Pour que l’on souffle nos bougies en vacillant
De ce blues je ne m’en sortirai pas vivant
Je n’me sortirai jamais de ce blues vivant

Magique
Franny est magique
Elle l’est comme le jour
Où elle a vu le jour
Les Floyd fourmillaient d’idées
Neil, Bob, Léonard étaient inspirés
A Londres chantait Tim Buckley

De ce blues je ne m’en sortirai pas vivant
Je n’me sortirai jamais de ce blues vivant
Never get out of this blues alive, John Lee
Never get out of this blues alive, moi aussi
De ce blues je ne m’en sortirai pas vivant
Je n’me sortirai jamais de ce blues vivant

Je vais voir l’heure à la gare

Sac sur l’épaule, poings dans les poches
Je passe la porte, juste sous la cloche
Et je les trouve, sans avoir à chercher
Ils sont en bas, font un cercle imparfait
Kiki sourit, s’écarte pour me faire une place
Mais moi j’ai déjà décidé de faire l’impasse

Baptiste au ping, lui tape sur l’épaule
Évacue les résultats de football
Je tourne la tête, David sort du foyer
Pas de besoin de préciser, accompagné
Je vais vous dire je vais voir l’heure à la gare
Et je vais revenir lorsqu’il sera bien trop tard

Il m’aperçoit, fait un signe de la main
Elle dans son blouson, ça n’fait rien
A la grille, je descends les escaliers
Certains jours, rien n’nous est épargné
Il me faut croiser la Reine Fanny et sa cour
Dans mon dos cette fois, pas d’mot d’amour

Des deux côtés, des groupes se pressent
Et parmi eux, notre Théodule Alceste
Qui a dit que le mur était impressionnant ?
Et puis qui a dit que le faire était fatigant ?
Je vais vous dire je vais voir l’heure à la gare
Et je vais revenir lorsqu’il sera bien trop tard

Au JP, quelques instants sur un banc
Celui de Cécile encore comme un gant
Chez Lourdaud j’achète les cigarettes
Et par les cuves se poursuit ma quête
Sur la rivière à côté, ma barque est si menue
Qu’elle est vite emportée hors de ma vue

Il est 9 h 05 lorsque je vais entrer
Il est 14 quand je sors sur le quai
17, je pousse la porte des toilettes
Je ne sais plus à la première cigarette
Je vais vous dire je vais voir l’heure à la gare
Et je vais revenir lorsqu’il sera bien trop tard

De suite au fond de la bibliothèque
Prends une table près de la fenêtre
Elle s’essaie avec un vieux à Hugo
Alors je sème des haïkus de Bâsho
Elle va aller à l’espace réservé aux enfants
Pour s’y accroupir, son petit gilet se relevant

Devant elle, trois livres dans les mains
Je ne vois que la chute de ses reins
Qui a dit que le mur était impressionnant ?
Et puis qui a dit que le faire était fatigant ?
Je vais vous dire je vais voir l’heure à la gare
Et je vais revenir lorsqu’il sera bien trop tard

La route de Limoges après le Cyrano
Ensuite en bas, vers le Puycharraud
Sur le parking gris du supermarché
C’est une vieille que je vais accoster
« Il est exactement 10 h 50, jeune homme »
« Que vas-tu faire jusqu’à midi, pauvre Tom ?

Continuer sans aucun but comme ça
Jusqu’au car pour rentrer chez toi »
Qui a dit que le mur était impressionnant ?
Et puis qui a dit que le faire était fatigant ?
Je vais vous dire je vais voir l’heure à la gare
Et je vais revenir lorsqu’il sera bien trop tard

Jeu de l’oie

La bave du crapaud
L’avion a décollé
Entend le coq chanter
Et au feu, les pompiers !
Coquille de l’escargot
Labyrinthe et château

Tout ça, ce n’est que le jeu de l’oie
Tu vois, ce n’est que le jeu de l’oie
Toutes les neuf cases, revoilà l’oie
Tout ça, ce n’est que le jeu de l’oie
Qui prend ce labyrinthe vers le château
Doit retourner au chat dans son sabot

Danseuse et cerceau
Cheval, son cavalier
Clepsydre ou sablier
Motard sur une moto
Le jardinier, malchance ?
La mort … recommence

Chalet sous la neige
Usine, sa cheminée
Voilier, voiles gonflées
L’enfant, son manège
Fillette au téléphone
Puis une cloche qui sonne

Tout ça, ce n’est que le jeu de l’oie
Tu vois, ce n’est que le jeu de l’oie
Toutes les neuf cases, revoilà l’oie
Tout ça, ce n’est que le jeu de l’oie
On peut bien de ce lièvre être la tortue
Et de ce puits payer le prix convenu

Palimpseste

Quand Mathy entra dans la pièce
Tom écrivait penché sur la table
Qu’il venait d’entrer dans la pièce
Trouvant Mathy écrivant à la table

Derrière la porte, derrière la porte
Il y a un homme derrière la porte
C’est comme l’homme sur le toit
Tu ne sais pas pourquoi il est là

C’est comme l’homme sur le toit
Tu ne sais pas pourquoi il est là
Si tu n’sais pas pourquoi il est là
Sais-tu pourquoi il n’est pas là ?

Dans le clair de lune ce miel – Christelle descend, Tom à ses côtés – Au niveau de la place de Rachel – Bientôt vont traverser les bosquets
Dire qu’il n’y a pas une heure de ça – Elle était si légère dans mes bras – Pour qu’elle puisse aussi monter – Dans les ruines, la tour de Bridiers
Cette virée nocturne, c’était l’idée – Rachel surveillant pas la baignade – Devant dormir à poings fermés – Sa peau comme noix de muscade

Derrière la porte, derrière la porte
Il y a un homme derrière la porte

Derrière la porte, derrière la porte
Qui est-ce ce mec derrière la porte ?
Et maintenant un homme sur le toit
T’iras nulle part avec ce refrain-là !

Sophie Camusat

WEEK-ENDS

Sophie fait l’ménage le samedi
Avec abnégation et NRJ
Sophie se balade en tenue légère
Devance les slogans publicitaires

S’astreint à des rites pathétiques
Et vénère des icônes de plastique
Mais comparaison n’est pas raison
Et l’air ne fait pas la chanson

PROVERBES

Qui aime bien châtie bien
Qui trop embrasse mal étreint
Ce que femme veut, Dieu veut
Un homme avertit en vaut deux

Qui ne dit mot consent
Petite pluie abat grand vent
A quelque chose malheur est bon
L’air ne fait pas la chanson

LA CÉLÈBRE PHOTO DU CHÉ

Allo Sophie, c’est moi, parle-moi
Qu’est-ce qui n’va pas avec moi ?
Je t’imagine recroquevillée
Sous ta célèbre photo du Ché

Dis-moi pourquoi es-tu comme ça ?
Réponds-moi, Sophie, cette fois
J’espère ne pas avoir raison
Si j’dis : l’air va faire la chanson

Infirmière à domicile

Bien sûr je peux aussi commencer
Si je veux par le commencement
Alors sa main rugueuse de paysan
Remonte mon mollet lentement

Infirmière à domicile
Rien n’est plus facile
Dans ma tête je fais le circuit
Retrouve ces gestes oubliés
Me rappelle la bicoque décatie
La petite route pour arriver

Le lendemain j’avais un pantalon
Je rangeais seringue et flacons
Lui reluquait à sa même place
Mes fesses reflétées dans la glace

Infirmière à domicile
Rien n’est plus facile
Je retrouve la cour endormie
Au bout de sa voie sans issue
Et me revient tout mon esprit
Toute ma volonté, ma retenue

La chambre de l’ancien temps
Oh quelle sensation vraiment !
Et m’être « dérober » à sa vue !
Et sur ces draps-là d’être nue !

Infirmière à domicile
Rien n’est plus facile
Je me retrouve, me revois
Quand je partais, qu’il regardait
« Ai-je remis mes habits sur moi ? »
Voilà souvent ce que j’pensais

Rien n’est plus facile
Infirmière à domicile
Rien n’est plus facile

Papillon

Le corps dans l’embrasure de la porte
Elle me regarde avec la tête inclinée
Attendant que je dise en quelque sorte
La raison pour laquelle j’ai tué le papillon
La raison pour laquelle j’ai fait ce que j’ai fait
La raison pour laquelle j’ai tué le papillon

La tête appuyée contre la vitre passager
Elle me regarde avec en définitive
Des yeux influencés
Attendant que je m’invente quelque vérité
La raison pour laquelle je les ai plantés
Elle et ses convives
La raison pour laquelle j’ai fait ce que j’ai fait
La raison pour laquelle je les ai plantés
Elle et ses convives

Ses genoux touchant le bord du lit
Elle me regarde avec le visage fermé
Attendant que je confirme ce que j’ai dit
La raison pour laquelle elle et moi c’est terminé
La raison pour laquelle j’ai fait ce que j’ai fait
La raison pour laquelle elle et moi c’est terminé

Le corps dans l’embrasure de la porte
Elle m’a regardé avec la tête inclinée
A attendu que je dise en quelque sorte
La raison pour laquelle j’avais tué le papillon
La raison pour laquelle j’avais fait …
Ce qu’à l’instant je venais de décider
La raison pour laquelle j’avais tué le papillon

L’histoire de Baptiste

12 Octobre 121
A perdre haleine par les rues
Poursuivi par des inconnus
Je suis en quête de l’alpha …
Pour elle, je sais je ferai tout
Par tous temps dans le pays
Jusqu’à même en devenir fou
Si vraiment elle le veut ainsi …
Mais …
L’alpha ? C’est qui ? C’est quoi ?

Rêver
Et
Te rêver
Enfin en une vie éveillée
Sans fin sans foi
Que celle en toi

18 Janvier 1081
Je patauge dans la neige
Si j’atteins là-bas l’auberge
Au moins je n’aurais froid …
Les mots des troubadours
Aux sons souvent des vièles
Chantant louanges et atours
Dieu, ne parlent que d’elle …
Mais …
Quel est cet air qu’on perçoit ?

Rêver
Et
Te rêver
Enfin en une vie en été
Sans fin sans foi
Que celle en toi

29 Novembre 1192
La colère de Cœur de Lion
Ne nous augure rien de bon
Le cheval qui m’porte peine …
Si je peux fermer les yeux
Derrière le voile, je vois
Femme au cœur lumineux
Celle qui m’attend au bois …
Mais …
Reverrais-je l’Aquitaine ?

Rêver
Et
Te rêver
Enfin en une vie éveillée
Sans fin sans foi
Que celle en toi

21 Février 2012
Rêver et te rêver
Cesser
De ressasser
Cette question :
Mais quel est
Mon nom ?

Si j’ai parlé de ça
De cette histoire-là
C’est que de son corps magnétique
De son visage épisodique
De sa beauté anachronique …

Loin de là

Loin là
Loin là
Loin … là …
Loin de là où je suis loin

Les amphis de biologie
Avec Nono et Valérie
Tu le crois dans mon sac
Cloud Nine, Massive Attack

Loin là
Loin là
Loin … là …
Loin de là où je suis loin
Ce sont des bouts de chemins
Qui mènent au bout du chemin

Les nuages tout nouveaux
Du Boulevard de Vanteaux
Pour ne plus jamais écouter
Tous les Manset d’Olivier

Loin là
Loin là
Loin … là …
Loin de là où je suis loin
Ce sont des bouts de chemins
Qui mènent au goût du chemin

Allez va …
On ne se refait pas …

Le Springsteen de Mathy
Dans la vie qui m’a choisi
Comme on ne se refait pas
Born to run ou Nebraska

Saskatchewan

De tous les moments, ce moment …
Voilà, regarde comme elle avance
Invite majestueuse à la décadence
Dans le cendrier, pose sa cigarette
Tenant ses cheveux, ouvre sa barrette
Et détachée, la met entre ses dents …
De tous les moments, ce moment …

We took off at sunset on land to the mountains of Saskatchewan
For Kit, a magical land beyond the reach of the law

De tous les dessins, cette esquisse …
Change la vitesse, dans le mouvement
Effleure-la, serpente doucement
Une main lente sur sa cuisse …

That night, we moved close to the border
In clear cross to the prairie, at the very edge of the horizon

… et sur sa fesse ravissant l’escalier
Tandis qu’elle sourit pour protester
Que dans la serrure, elle met la clé
Le visage dans ses cheveux, « Alice » …
De tous les dessins, cette esquisse …

We could make out the gas fires of the refineries of Missoula
While to the south, we could see the lights of Cheyenne

De tous les poèmes, ce poème …
De tous les poèmes,
De tous les « Je t’aime », ce poème …

( Les passages en anglais sont extraits du film Badlands ( La ballade sauvage ) de Terrence Malick ).

Nous partimes au couchant vers la montagne de Saskatchewan
Kit y voyait un royaume magique au-delà des lois

Cette nuit-là, nous nous sommes approchés de la frontière
Loin sur la prairie, presque à l’horizon
Nous voyions les flammes des raffineries de Missoula
Et au sud, les lumières de Cheyenne

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