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Trois hommes

Le premier porte un anorak, bleu, bien trop grand pour lui. Il marche toujours les yeux mi-clos. On ne peut s’empêcher de penser qu’il vient de se lever. Ou pire, qu’il est ivre. Et la cigarette qu’il a au bec, elle menace de tomber.
L’imperméable du deuxième est de couleur grise. Ce n’est pas de beaucoup mais c’est lui le plus grand. Il est également le plus vieux et le seul à porter des lunettes. Il sait où il va, cela se voit.
Le plus mal habillé, c’est le troisième. Et le plus rapide. Il fait de telles enjambées … et on ne peut s’empêcher de penser qu’il va tomber à chaque pas. Cela dit, ça n’arrive jamais.
Ils sont bruns tous les trois. Tous les jours aux alentours de douze heures trente, ils remontent l’un derrière l’autre la grande rue en longeant le mur du jardin public. Ils se suivent de deux ou trois minutes, toujours dans le même ordre. Tous fument, sauf le deuxième.
Alors qu’à l’instant le troisième vient de disparaître, « D’où viennent-ils ? » et « Où vont-ils ? », « Qui sont-ils ? » sont les questions que se pose l’homme assis sur un banc au milieu de la petite place.
Dans quelques minutes, l’homme va se lever, remonter la rue, longer le mur du jardin public. Ce serait donc le quatrième.
Trois minutes plus tard, l’homme ne se sent pas le quatrième. Pour tout dire, il se sent seul. Il y a les trois hommes devant et il y a lui, derrière. Oui, bien sûr, il a pris le même chemin que les trois autres et les suit mais … « mais c’est vrai, se dit-il soudain, moi aussi, tous les jours à la même heure, je remonte cette rue, comme eux ».
« Que dois-je faire alors ? » se demande-t-il. « Dois-je me décrire ? » Mais il ne le peut pas. Tout ce qu’il peut dire de lui, c’est qu’il marche de son allure habituelle, qu’il va faire ce qu’il a à faire. Il ne regarde pas derrière lui. C’est donc dans sa tête qu’il imagine qu’un homme l’observe remonter la rue et longer le mur du jardin public. Et que cet homme pourquoi pas ? a vu la scène depuis le début, comme il la voit tous les jours.
« Alors, oui, je suis le quatrième …  » pense l’homme.
On peut imaginer aussi que l’homme qui l’observe aura dans deux ou trois minutes quelque chose à faire à l’autre bout de la rue.

Où est Valérie ?

Le matin, une demi-heure avant d’aller en cours, on a frappé. Comme j’étais devant le lavabo à côté de la porte, j’ai ouvert tout de suite. C’était Véronique. J’étais surpris, c’était la première fois qu’elle venait. J’aurais même parié qu’elle ne savait pas précisément où j’habitais.
Valérie n’est pas là ? a-t-elle demandé.
Euh, non.
Tu sais pas où elle est ?
Elle est pas chez elle ?
Non, j’ai frappé, ça répond pas.
Alors je sais pas où elle est.
Bon, excuse-moi alors, a-t-elle fait, partant déjà.
A tout à l’heure en amphi ?
Ouais.
Je me suis remis à ce que je faisais, mais cette fois en pensant à quelque chose. Quelle idée de venir chez moi pour y chercher Valérie ? Juste après avoir fait chou blanc à la porte de sa chambre, pourquoi sa meilleure copine vient directement frapper à la mienne ? Si elle n’est pas chez elle, pourquoi serait-elle ici ?
En me posant toutes ces questions qui se résumaient en fait à une seule, il me semblait que j’avais la réponse et qu’elle servait aussi pour la question que je me posais depuis quelques semaines. Et franchement, c’était la plus belle des réponses !

Sans transition

Sur l’écran en face défilent des images. Sur la table basse, il y a mon whisky et juste à côté, son verre de Coca. Elle est assise à côté de moi, sa cuisse contre la mienne.
Ah oui, fait-elle, il y avait ça cet après-midi. J’en ai pleuré.
Je jette le même œil étonné sur son profil qu’immédiatement après sur la télé.
Mon Dieu, ajoute-t-elle, c’était bien émouvant.
On voit des militaires au garde à vous dans une cour. Face à eux, le président de la République. Je ne fais aucun commentaire.
Non, fait-elle, c’est pas là.
Nous continuons, et je continue donc à regarder l’écran, attendant qu’apparaissent les images qui ont fait pleurer cette fille tout à l’heure, alors qu’elle était sans doute là, à cette même place, peut-être avec un Coca devant elle comme c’est le cas maintenant, venant de retourner chercher un verre dans la cuisine comme elle vient de le faire, faisant une petite pause canapé au milieu de son après-midi.
Je suis vite déçu car ces images sont remplacées par celles d’un autre reportage. Sans transition. Je ne saurai donc pas précisément ce qui a fait pleurer cette fille. Elle, elle ne semble pas vouloir m’aider. Elle regarde quelques secondes le nouveau sujet, ne tarde pas à se lever.
Je bois une gorgée de mon whisky. Je la cherche, la trouve, la perd puis la retrouve par l’ouverture entre le salon où je suis et la cuisine où elle est.
Quand elle réapparaît dans l’encadrement de la porte, je lui souris.
Viens là, lui dis-je, en tapotant le canapé à côté de ma cuisse.
Je crois que c’est ce qu’elle avait de toute façon l’intention de faire.

Coffres

Une fille sort de la voiture blanche par la portière passager. Châtain clair, les cheveux bouclés. Il fait frais cet après-midi, elle porte un manteau long et y glisse tout de suite la main gauche dans une des poches. Elle se penche, puis se relève.
Le garçon qui était assis sur la banquette arrière s’extrait de la voiture. Il est grand, brun, porte lui aussi un manteau. Il s’écarte légèrement et dit quelque chose à la fille. Celle-ci semble rire à ça pendant qu’elle rabat le siège pour s’y rasseoir. Elle ferme la portière et le garçon s’éloigne. En passant près du coffre de la voiture, il l’ouvre mais ne regarde pas dedans et va tout de suite rejoindre la voiture grise garée sur la place à côté, qu’il déverrouille et dans laquelle il monte.
La conductrice – elle, brune aux cheveux courts – sort et va fermer le coffre de sa voiture, puis dans le même élan, ouvrir celui de la voiture du garçon. Elle revient ensuite en courant derrière son volant.
Très calme, le garçon redescend de son véhicule et va fermer son coffre, puis il remonte en voiture. Quelques secondes plus tard, la voiture grise fait marche arrière, puis avançant lentement, s’arrête tout près de l’arrière de la voiture blanche. En se penchant par sa fenêtre ouverte, le garçon ouvre le coffre de la voiture des filles.
La conductrice descend à nouveau en courant et se dirige vers le coffre de la voiture du garçon, elle essaie de l’ouvrir mais n’y parvient pas. Elle s’approche alors de la portière conducteur et dit quelque chose en riant. Finalement, elle se retourne, ferme son coffre et s’éloigne vers son volant, en faisant un signe de la main en direction de la voiture grise, qui déjà s’est mise en mouvement.
La voiture grise sort du parking. La voiture blanche fait marche arrière et la suit. Elle sort du parking à son tour et les deux voitures ne tardent pas à disparaître.

La Drouille

J’ai freiné soudain parce que j’ai vu que le portail était ouvert. Après m’être une nouvelle fois demandé pourquoi la municipalité avait mis un portail ici, j’ai jeté un œil dans le rétro et comme il n’y avait personne qui me suivait, j’ai reculé. Je suis entré. Fenêtre ouverte, radio à fond, au ralenti. Le vrai crâneur.
Je me suis arrêté en plein milieu. Je suis descendu de ma voiture pour aller m’appuyer sur son capot. J’ai regardé un moment, mais après quelques secondes, j’ai décidé que je le ferais mieux avec une cigarette et je suis revenu en prendre une dans mon paquet à l’intérieur.
Dans le fond en face de moi, les herbes étaient très hautes, ça signifiait que les gens ne devaient pas y aller souvent. Que peu de gens venaient ici tout simplement.
Tout à coup, un rayon de soleil a illuminé tout le terrain à l’exception de la partie à côté du stand et les sapins. J’ai fait descendre mes lunettes sur mes yeux. Je suis allé finir ma cigarette à la petite cabane.
Je suis revenu à côté de ma voiture et je voulais allumer une autre clope mais finalement j’ai changé d’idée et je suis resté un moment, les ramassant, à balancer un peu n’importe où des vieilles cartouches de ball-trap.

En général, il était dans les huit heures-huit heures et demie lorsqu’on arrivait. On posait nos vélos et nos mobs sous le stand et le plus courageux commençait dans les buts. On utilisait celui le plus proche de l’entrée parce que là, c’était plus facile d’aller récupérer les ballons quand ils partaient dans le bois. Quelques fois, on se contentait de jouer comme ça des balles avec un gars dans les buts mais le plus souvent, on faisait un match en mettant des vêtements sur le sol afin de faire un terrain plus réduit, parce que jouer sur la totalité n’était pas vraiment passionnant à sept.
Gérard le cantonnier venait en voiture. C’était le meilleur de nous, il avait joué dans un club là où il avait vécu avant. Il amenait son beau-frère avec lui. Jean-Michel était bizarre. Et bizarre aussi sa façon de jouer au foot. Il donnait des coups de pied un peu où il pouvait, des fois ça touchait le ballon mais le plus souvent les tibias et les chevilles. Bien sûr, ça ne l’empêchait pas d’avoir de la chance – une vraie chance de cocu même !
Fabien et moi, on venait en mob parce qu’on habitait un village à cinq ou six bornes, les deux Philippe et Bruno en vélo – ils étaient du bourg en bas. Le plus jeune des Philippe, c’était le mec qui suivait les championnats de foot et il était vraiment incollable sur le sujet, prenait tout ça très au sérieux. Tout comme moi, d’ailleurs.
J’ai fait partie d’un club quelques temps plus tard et je peux vous dire que je me foutais de nos résultats comme de ma première chemise, qu’on gagne ou qu’on perde peu m’importait mais là, à la Drouille, avec mes potes, c’était tout autre chose.

On jouait jusqu’à ce qu’on n’y voit plus rien. C’était l’été, alors tout allait bien. On pouvait rester jusqu’à dix heures et demie ou onze heures et puis de toute façon, pour tous à part Gérard, c’étaient les vacances.

Cette fois-là, on faisait un match. J’ai attaqué Fabien. La balle a eu un faux rebond, peut-être sur une cartouche de ball-trap. Avec ça, il a dû s’emmêler un peu les pinceaux et ça m’a permis de récupérer le ballon. Je ne dirais pas que j’en ai encore la sensation – ce serait peut-être exagéré – mais vous pouvez venir maintenant, là où je suis, et je vous montrerais exactement l’endroit d’où j’ai tiré ainsi que la trajectoire que la balle a pris ce jour-là, où je suis sûr d’être rentré chez moi avec le sourire, parce qu’après un contrôle et m’être monté le ballon, je l’ai repris de volée sans réfléchir et qu’il a bien voulu aller se loger en pleine lucarne.

Le petit matin

Je suis dans ma voiture. C’est le matin, le petit matin. Le soleil étire ses rayons sur l’étang du Cheix.
On verra, dis-je et « On verra quoi ? », voilà ce que j’ai encore tout de suite après en réponse dans mon oreille.
C’est la troisième fois. Je le fais exprès. Je sais que si je dis ça, j’aurai cette réponse en retour. Mais si je réfléchis, c’est tout sauf un jeu pour moi. C’est juste que je n’ai rien d’autre à lui dire.
On verra.
On verra quoi ?

Sans interrompre notre marche

Tout à l’heure, sur le parking du supermarché, j’ai vu Benoit Pierrot. Je l’ai aperçu et pas plus de trois secondes après, j’avais son nom.
C’est un mec avec qui j’étais au lycée donc, on peut dire que ça remonte à pas mal d’années maintenant. Pour la petite histoire, je ne crois pas qu’il ait été une seule fois dans la même classe que moi, mais je me rappelle de nombreuses parties de ping-pong contre lui sous le préau.

La dernière fois que je l’avais vu avant ce matin, c’était il y a deux ans environ et sur le parking de ce même supermarché. Cette fois-là, elle était avec moi.
On avait discuté deux ou trois minutes. On avait dû respectivement se dire ce qu’on devenait, quelques banalités en plus, rien d’autre.
Quand nous nous fûmes éloignés, suffisamment pour qu’il ne puisse pas nous entendre, elle m’avait demandé pourquoi je ne l’avais présenté à lui.
C’est vrai, je suis désolé, avais-je répondu, mais je suis incapable de me souvenir de son nom, alors … tu comprends ?
Ah bon, avait-elle fait, puis elle avait éclaté de rire.
Cela m’avait semblé une excellente occasion pour pencher sa tête, sa bouche et ses lèvres vers moi, ma bouche et mes lèvres. On s’était embrassé sans interrompre notre marche.
Je t’aime, lui avais-je dit quelques pas plus loin, Christelle ?
Elle s’était alors écartée de moi, faisant mine de vouloir me donner un coup de poing sur l’épaule, puis finalement avait ri à nouveau, avait accepté à nouveau mon bras autour de son cou.

Je retombe toujours dessus

Ils sont debout dans le salon. Elle vient d’ouvrir un tiroir de son buffet, d’en extraire une chemise porte-documents et de la poser sur la table. C’est pour lui montrer combien elle est pratique qu’elle l’ouvre. Il se demande pourquoi elle fait ça.
Il lui a monté son sac de courses et elle lui a offert un café. Il venait de se lever, de la remercier et de lui souhaiter une bonne soirée. Bien qu’elle lui ait souhaité la même chose en retour, elle a poursuivi leur conversation.
J’en ai plusieurs, comme ça je peux ranger tous mes papiers.
A l’intérieur de la chemise, il n’y a qu’une grande enveloppe.
Je ne sais pas ce qu’il y a dans celle-ci, dit-elle.
Elle ouvre l’enveloppe et ce qu’elle en sort, ce sont deux vieilles coupures de journaux.
Ah oui, dit-elle.
Ah … oui, fait-il en écho, ne reconnaissant qu’avec difficulté le son de sa propre voix.
Les articles parlent d’un même accident de la circulation et sur les deux, il y a la même photo de la voiture écrasée.
Il venait de l’acheter, dit-elle.
Elle a soixante-dix-sept ans. Elle contient ses larmes.
Je retombe toujours dessus, fait-elle.
Alors, elle ne les contient plus.

Vache écornée, lézard, coquille d’escargot

Un lézard lézarde entre les pierres du muret et s’arrête sur la plus élevée. J’ai une pince entre les mains et je l’agite pour le chasser. Mon petit cousin regarde le lézard disparaître et se tourne vers moi. Il porte un pantalon avec plein de poches, un polo bien rouge avec des inscriptions en anglais et une casquette de la même couleur et j’imagine qu’il doit se poser des questions sur moi.
Son père et ma mère sont là-bas à quelques mètres du troupeau regroupé sous le vieux tilleul, les mains sur leur bâton respectif, estimant la situation. Le petit est à peine plus grand que le muret.
Tu les vois là-bas ?
Il regarde dans la direction du troupeau et ne répond pas.

Mon cousin a garé sa voiture au pignon et en est descendu, nous disant qu’il venait voir une vache qui s’était cassé une corne. Son frère s’en était aperçu ce matin en venant remplir les bacs d’eau, il venait donc voir de ses propres yeux ce qu’il en était. Son fils était avec lui, on l’apercevait malgré Oui-Oui et son pare-soleil. Ma mère s’est alors armé d’un bâton et je suis resté avec mon petit cousin et du bord de la route, on les a suivi des yeux.

Tu le vois là-bas, ton papa ?
Oui, je le vois, il est là-bas à côté des vaches. Oh le beau caillou, il est beau ce caillou, il est bien beau ce caillou, dit-il sans transition après quelques secondes de silence, et il fait un pas vers la taupinière au sommet de laquelle trône ce caillou comme la cerise sur le gâteau.
Personnellement, je juge ce caillou totalement banal mais lui, pour une raison qui m’échappe, le trouve joli. D’ailleurs, il le prend dans sa petite main et se met à l’examiner.
Il irait bien à mon petit pont, déclare-t-il à la fin de ce rapide examen.

Je regarde un moment dans la direction du tilleul. Ils ne semblent pas vouloir revenir. Je me dis qu’ils auraient pu examiner en détail un troupeau de cent têtes durant tout le temps qu’ils ont déjà passé là-bas.
Mon petit cousin, lui, ne semble jamais perdre son temps. Peut-être a-t-il fait pendant que je ne regardais pas une expertise plus minutieuse du fameux caillou et juger qu’il n’était pas si beau que ça tout compte fait. Il l’a donc jeté un peu plus loin. Et maintenant, c’est sur une coquille d’escargot qu’il a décidé de jeter son dévolu.
Oh, un escargot, fait-il, l’escargot, il est dans sa coquille.
Oui, c’est vrai, je lui réponds. Tu as raison. Mais en regardant mieux cette coquille, il ne me semble pas y avoir quoi que soit à l’intérieur.
Ce n’est pas grave pour lui. Il avance son petit index et la touche. Alors, il faut faire comme ça, dit-il, mettant son doigt au centre de la coquille, faire un rond, et il fait un rond avec son doigt sur le centre de la coquille, et après, il faut tourner comme ça, et c’est ce qu’il fait, suivant la spirale et finissant à un moment par en sortir.
S’il abandonne le sujet, moi pas. Qu’y avait-il dans la coquille juste avant qu’il n’y ait plus rien ? L’escargot est-il sorti de sa coquille pour mourir ou bien, est-il mort dedans ? Que reste t-il, dans ce cas-là, tout au fond ?

Si c’est le même, notre ami le lézard réapparaît.
Oh, le lézard, dit-il.
Je chasse la bestiole en agitant ma pince et il la regarde disparaître.
Les lézards, c’est pas bon à manger.
Non, c’est vrai.
C’est Boule-de-neige qui en mange.
Alors que je me demande qui est Boule-de-neige, il poursuit :
Quand on mange des lézards, ils passent par là, et il montre sa bouche avec son index, et après, ils passent par là, et il montre sa gorge, et après ils vont dans le ventre, et il montre lentement tout le trajet jusqu’à son estomac, et après quand ils sont dans le ventre, ça fait grossir.

La vagabonde

Nous sommes dans un train. Assis côte à côte.
Elle me montre quelque chose sur le magazine qu’elle a acheté tout à l’heure à la gare. Elle met son index précisément où elle veut que je regarde. Elle dit aussi quelque chose sur ça et j’acquiesce.
Si je le veux, je peux créer des reflets sur la vitre. Mais c’est bien inutile. Dans un instant, je passerai ma main autour de son cou et sa joue viendra sur mon épaule.
Nous partons en voyage. Un couple d’amoureux, c’est ce que nous sommes. C’est le même amour mais nous venons d’échanger la version sédentaire pour la vagabonde. Celle que nous avons laissée derrière nous est fermée à clé, à l’abri des voleurs ; le jour où ensemble, nous le déciderons, il nous suffira d’en rouvrir la porte pour s’y réinstaller. Mais nous avons le temps.

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