Archives pour la catégorie ( Chira-chira )

Les jambes légèrement repliées

Je dors
Pendant que je dors
La tête bien au creux de l’oreiller
Les jambes légèrement repliées
Je dors
Quand j’entrouvre les yeux
Il ne me paraît pas chaleureux
Celui qui vient frapper au volet
Je dors
Quand je me rendors
Permettez quelques minutes encore
Ce sera toujours ça de gagner

Je dors
Pendant que je sors
Dans le sens de la circulation
Jetant un œil torve à l’horizon
Je dors
Derrière ma machine
Dans les bruits assourdis de l’usine
Que je perçois malgré les bouchons
Je dors
À la cigarette
Matant des conneries sur le net
Prenant part à la conversation

Je ne rêve pas éveillé
Je vois ce que j’ai créé
Et surtout n’ai pas créé

Si je n’ai pas d’existence
Je n’inspire aucune croyance
L’image d’un Dieu déprimé

Je dors
Pendant que je mords
Dans ma tartine et souffle sur le chaud
Cligne sur le sanglant dans les journaux
Je dors
Quand vient la colère
Qui est devenue ma régulière
Et que j’emmènerai au tombeau
Je dors
Quand ma mère veut parler
Son insomnie de la nuit passée
Ne provoquera pas mon sursaut

Je ne rêve pas éveillé
Je vois ce que j’ai créé
Et surtout n’ai pas créé

Ma façon de pleurer

Parce qu’elles sont encore à l’intérieur
Et qu’elles en ont fait leur demeure
Alors de petits objets contre les murs
Le couteau en travers de ma peinture
Eh bien la voilà ma façon de pleurer
Et tu me vois désolé
Si ça peut influer sur
Ma façon de t’aimer

Parce qu’ils sont encore à l’intérieur
Semblent me dire « A la bonne heure ! »
Alors les silences en guise de cailloux
Des insultes contre tous les verrous
Eh bien la voilà ma façon de pleurer
Et tu me vois désolé
Si ça change beaucoup
Ma façon de t’aimer

Bien sûr tu m’as apporté tant et tant
Une palette de merveilleuses couleurs
Rendant peut-être jaloux ce grand ciel
Semblant encore regarder ailleurs
Mais s’il s’agit de bouteilles à l’océan
S’il s’agit de fantômes, de squelettes
Alors je ne dirai pas que tu es belle
Je ne dirai pas que tu es bien faite

Visions

Alors j’ai vu, j’ai vu
Vu de mes yeux vu
Nu contre son corps nu
Sa jeunesse faire sensation
La guerrière et sa légion
Puis une dame damant le pion
La belle toute en facéties
La reine en tours de magie
La maîtresse du mouvement

Encore j’ai vu, j’ai vu
Vu de mes yeux vu
Nu contre son corps nu
La princesse n’être que douceurs
La fillette sécher mes pleurs
Puis l’ange très vite en fureur
La tigresse prendre son élan
La libellule en suspens
La sédentaire en dentelle

Encore j’ai vu, j’ai vu
Vu de mes yeux vu
Nu contre son corps nu
La muse dictant ses poèmes
Une experte en stratagèmes
Puis l’ombre sortir d’elle-même
La singulière universelle
La muette qui interpelle
Une poupée allant prendre vie

Alors j’ai cru, j’ai cru
Cru dans mon cœur cru
Nu contre son corps nu
Moi le lisse amoureux qu’une peau aimante
Pouvoir faire des vœux à des étoiles filantes

Mais j’ai su, j’ai su
Nu contre son corps nu
Su sur ma peau su
Et j’ai lu, j’ai lu
Nu contre son corps nu
Lu dans mon âme lu
Que ses étreintes seraient indélébiles
N’importe quelle feinte bien inutile
De ses assauts être la parfaite cible
Que ce scénario n’était pas crédible

Alors je me suis vu
Vu finalement vu
Nu contre son corps nu
En athée cherchant sa croix
En oméga sans alpha
En ténor soudain sans voix
En bœuf derrière la charrue
Vicieux prêchant la vertu
Aveugle recouvrant la vue

Métier de bouche ( Les enfants gâtés )

Ai-je l’estomac pour ces plats épicés ?
L’aplomb de mentir, soutenir sans rire qu’ils sont bien cuisinés ?

Ah … Oh ma bouche, bouche que veux-tu ?
Va … Oh ma bouche, bouche reste cousue

Tous les repas, même au p’tit déjeuner
J’avale de travers toutes les manières de cette enfant gâtée

Ah … Oh ma bouche, bouche que veux-tu ?
Bah … Oh ma bouche, bouche reste cousue

Dans l’embarras, j’suis pris au dépourvu
Trouver de l’attention, une solution aux requêtes saugrenues

Ah … Oh ma bouche, bouche que veux-tu ?
Va … Oh ma bouche, bouche reste cousue

N’importe quoi, moi un enfant gâté !
J’crois que je m’aigris, tout m’est interdit, et surtout les baisers

Ah … Oh ma bouche, bouche que dis-tu ?
Va … Oh ma bouche, c’est entendu

Cheveux attachés

De si jolis chevaux
Desolation row
Quatre nuits avec Anna
Un Akira Kurosawa
Les cents vues d’Edo
Dora Maar de Picasso

Rien ne me fait d’effet
Rien ne me fait d’effet
Comme vos cheveux attachés
Rien ne me fait l’effet
De ces cheveux détachés

Rien ne me fait d’effet
Rien ne me fait d’effet
Comme vos cheveux détachés
Rien ne me fait l’effet
De ces cheveux attachés

Et l’or de leurs corps
Le bandonéon d’Astor
Hallelujah
Garcia Lorca
Un sonnet de Baudelaire
Un tableau de Vermeer

La course

Je n’sais pas c’que je vais faire
Possible tout ou son contraire
Ce soleil qui darde ses rayons
N’est rien qu’un petit ballon
Dans les rayons de mes roues
Y’a ma victoire qui se joue

Je cours, m’arrête, espère, cours encore
Les voisins sont-ils partants ? je l’ignore

Je n’sais pas c’que dit la prof
N’aurais rien d’un philosophe
À certaines voies j’fais un sort
Voyant le mien se faire dehors
Là où la vie est odorante
Où la musique nous oriente

Je cours, m’arrête, rêvasse, cours encore
Et que puis-je connaître ? je l’ignore

Je n’sais pas comment l’exprimer
Mais quelque chose a bien bougé
Dans mon cœur d’autres frontières
D’autres contours à la lumière
Et je n’suis pas en train de rêver
C’est bien moi qu’elle vient éclairer

Je roule, m’arrête, attends, roule encore
Ne va-t-elle pas m’éblouir ? je l’ignore

Je n’sais pas j’en suis certain
C’est le bonheur je suis témoin
Là-bas cette belle fille en blanc
Est vraiment celle qui me rend
Comme un chevalier conquérant
Le chemin facile et attrayant

Je roule, m’arrête, savoure, roule encore
Sera-t-il toujours aussi droit ? je l’ignore

Je n’sais pas comment sont possibles
Tous ces gestes indescriptibles
Sa petite bouche ses petits yeux
Il ne peut y avoir rien de mieux
C’est pour moi un rôle inconnu
Alors il faut que j’opère une mue

Je marche, m’arrête, me plante, marche encore
Pourquoi y’a des arcs-en-ciel ? je l’ignore

Je n’sais pas c’que j’vais décider
C’est sûr c’est une opportunité
Ne pas la prendre à la légère
Et ouvrir la porte à un enfer
Mais je vais en parler avec elle
Et je ne ferais rien sans elle

Je marche, m’arrête, réfléchis, marche encore
Aurais-je le courage dimanche ? je l’ignore

Je n’sais pas où tout ça va mener
Forcément que je pense au passé
Ils ont tout vu, ils ont tout fait
Avant d’avoir le pied à l’étrier
Peut-être ont-ils de l’ambition
Peut-être que j’suis un vieux con

M’assois, me lève, regarde, m’assois encore
Où ça va aller comme ça ? je l’ignore

Je n’sais pas je n’ai pas compris
Il me dit vouloir changer de vie
Fait les cent pas dans la pièce
Dit des mots pour que j’acquiesce
Je crois ne pas avoir le choix
Faut garder mes conseils pour moi

M’assois, me lève, renonce, m’assois encore
Mais où me suis-je arrêté ? je l’ignore

Je n’sais pas quand j’vais les revoir
J’espère que c’n'sera pas au mouroir
Maintenant il n’me reste qu’à ranger
Remettre tout ce qu’ils ont déplacé
Et alors revenir à mes habitudes
Apprivoiser encore ma solitude

Je reste, somnole, sursaute, reste encore
Quelle est cette voix qui appelle … dehors ?

Je ne saurais plus l’année exactement
Je devais avoir quatorze ou quinze ans
Au stade j’avais quelques spectateurs
À l’affût dans la foulée du leader
J’attendais le moment pour jaillir
Et les lauriers que j’allais cueillir

Je courais, je soufflais, espérais et courais
Ce que j’ferais de ma vie, je l’ignorais

Jean et bottines

Un jean
Des bottines
Elle porte en tout et pour tout
Dans mon rêve en tout et pour tout
Un jean
Des bottines

Mon premier travail le matin
Tous les jours j’le fais bien
Je ne vois pas le problème
De variations sur un thème

Elle porte en tout et pour tout
Elle porte en tout et pour nous
Plusieurs peu font un beaucoup

Mon premier travail le matin
Tous les jours j’le fais bien
Et le plus simple appareil
Est une vérité sans pareille

Elle porte en tout et pour moi
Elle ne sera vêtue que de soie
Plusieurs veulent être le roi

Mon premier travail le matin
Tous les jours j’le fais bien
Les choses, leur état actuel
Oh que pour l’amour du ciel !

Un jean
Des bottines
Elle porte en tout et pour tout
Dans mon rêve en tout et pour tout
Un jean
Des bottines

Chant de givre

Le loup et l’agneau
Le renard le corbeau
Le porc et la vipère
Le moineau et le ver

C’est tout un, c’est tout un
Tout un art de vivre
C’est tout un, c’est tout un
Tout un art de suivre
Le grand livre à la lettre
C’est un tout, c’est un tout
A tout un chacun
De faire avec ses pertes

C’est tout un, c’est tout un
Tout un art de vivre
C’est tout un, c’est tout un
Tout un chant …
Chantant champs, temps, vent, sang avançant
Chantant champs, temps, vent, sang avançant
Chantant champs, temps, vent, sang avançant
… de givre
Qui s’répand sur les êtres
S’éteint tout, s’éteint tout
Et tout un chacun
Doit tout seul s’y soumettre

Buffles ou bonobos
Butors bigorneaux
Guépard panthère
Caméléons cerfs

L’adversaire du jour

Il faut nous croire
Invisibles dans l’attente
Moi d’une façon différente
Revenir de cette blessure
Tout le monde sait comme c’est dur
Il faut savoir
Il faut avoir
Les ressources nécessaires pour
Contrer l’adversaire du jour

Il faut nous voir
Crédibles qu’on gagnera
Cette année le championnat
Une équipe jeune et belle
Que de beaux jours devant elle
Il faut savoir
Il faut avoir
Les ressources nécessaires pour
Contrer l’adversaire du jour

Car
Il faut le voir
L’avantage du terrain
Rongeant déjà son frein
Il faut le voir
Si sûr de sa défense
Guettant la défaillance
Son épingle du jeu
Si conscient de l’enjeu
Il faut savoir
Il faut avoir
Les ressources nécessaires pour
Contrer l’adversaire du jour

Colback

Le ciel, voilà que la tête me tourne
Et je ne sais plus de quoi il retourne
Bien sûr j’ai eu plusieurs vies dans celle-ci
Et la dernière de loin la plus pourrie

Je voudrais pouvoir rentrer aujourd’hui
Je voudrais pouvoir retrouver mon pays
Mon pays, c’est le pays du lac
Qui est dans mon cœur intact
Ce pays aussi de ses berges
C’est ce pays que ma tête héberge

Des oiseaux s’envolent de la partition
Pour des a-capella en escadrons
La tête en bas un lapin qui gigote
Et j’avance, de la boue jusqu’à mi-bottes

Je voudrais pouvoir rentrer aujourd’hui
Je voudrais pouvoir retrouver mon pays
Mon pays me prend par le colback
Quand ici tout se détraque
Ce pays de ma joie l’auberge
Ce pays que ma tête gamberge

Tout
Par ordre alphabétique
Toute
Image en plus-value
Toute
Musique nostalgique
Tous
Les masques superflus

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