Archives pour la catégorie ( Chira-chira )

La course folle

Et puis j’ai pris ce chemin
Sablonneux entre mes doigts
Toutes les senteurs du matin
Presque souvenirs déjà

Quand je dansais avec toi
Le monde tournait autour
Quand je dansais avec toi
Le monde tout autour
Existait, n’existait pas
Au-delà de nos pas
Au-delà de toi et moi

Un jour partir à été un cas d’école
Et notre voyage est devenu une course folle

Il m’a bien semblé avoir vu
Sur les marches d’un hôtel de ville
Quelqu’un lisant, me ressemblant
Ce n’était pas un homme tranquille
Ça pouvait être Le Festin nu

Et par une fenêtre quelque soir
Une petite scène en noir et blanc
Une impression de déjà-vu ?
Cela pouvait être de Godard

Il m’a bien semblé avoir vu
Devant la grille d’un cimetière
Une femme qui me faisait un signe
Et si c’était là un salut ?
Cela pouvait bien être ma mère

Et un éclair dans ton regard
Comme une lueur un peu maligne
C’était pas encore une histoire
Cela pouvait être le début

Car je danse avec toi
Le monde tourne autour
Car je danse avec toi
Le monde tout autour
Existe, n’existe pas
Au-delà de nos pas
Au-delà de toi et moi

Alors je veux toujours boire tes paroles
Et puis reprendre à l’instant notre course folle
Tu vois j’ai pour toutes les routes une bonne foi
Même pour ce chemin-là entre mes doigts

Fermer les yeux

Tout ceci, tout ici paraît fariboles
Vu par la lame de mon Laguiole

Rien ne peut m’énerver
Comme un disque rayé
On peut fermer les yeux
Mais pour s’échapper
Il y a beaucoup mieux

La vache qui rit acquiesce
A l’autre bout de la pièce
Qu’aurais-je sur ma fourchette
Si j’étais dans mon assiette ?

Rien n’est interdit
Se souhaiter l’appétit
On peut fermer les yeux
Mais comme raviolis
Il y a beaucoup mieux

Allumons les décorations
La fête voilà la solution
La cuillère dans le goulot
Et dans la porte du frigo

Rien ne vaut le rire
Pour oublier de souffrir
On peut fermer les yeux
Mais comme désirs
Il y a beaucoup mieux

Cette ville n’est que peinte
Nous n’sommes que feintes
Alors on verra bien qui
Pourra déteindre sur qui

Rien ne sera plus retors
Que le Dieu de l’aurore
On pourra fermer les yeux
Mais comme petite mort
Il y a beaucoup mieux

Il n’y a que la mélodie
Pour combattre l’inertie
Je vais aller la retrouver
Où tout a commencé

Rien ne peut m’énerver
Comme un disque rayé
On peut fermer les yeux
Mais pour s’échapper
Il y a beaucoup mieux

L’étau

L’œuf ou la poule, Madame
Il pleut, je chante Rotterdam
Je m’suis baigné dans L’Œil
Sans faire le moindre écueil
Regarde à l’Est et à l’Ouest
Ne demande pas ton reste

Si j’ai eu un blanc-seing
Alors j’ai choisi fantassin
Mais rêvant du piédestal
Et de l’auréole du général
S’il n’y a aucun scénario alors vaut mieux qu’on improvise
J’apprends à aimer l’étau dans lequel ma tête est prise

C’est la merde des autres
Les lieux où ils se vautrent
Même si souvent je boude
Je sors l’huile de coude
Mais les travaux d’Hercule
Rapportent maigre pécule

Quand on finit le sale boulot
Encore ramasser les copeaux
Si on est pas dans la plaque
Il faudra que ça craque
Il n’y a jamais aucun repos dans toute la vaste entreprise
J’apprends à aimer l’étau dans lequel ma tête est prise

Quand je rentre au bercail
C’est la revue de détails
Le diable est si maniaque
L’amour sport de contact
Du jour au lendemain
Le champ pourrit le regain

Mon chemin de Damas
Est un tunnel d’angoisses
Certains sont très doués
Pour toujours se tromper
Comment distinguer les défauts, c’est une infinie banquise
J’apprends à aimer l’étau dans lequel ma tête est prise

Chauffage, fenêtre ouverte
Nous luttons pour la planète
Vous allez voir Douarnenez
Elle sera bientôt sur e-bay
Qu’on chante le Carpe Diem
Pour moi c’est blasphème

Il faudrait aller ailleurs
Pour les trains à l’heure
Le chien va retournant
Seul à son vomissement
Je ne toucherai plus le gros lot, j’veux récupérer ma mise
J’apprends à aimer l’étau dans lequel ma tête est prise

Je viens de l’adolescence
Et donc de cette science
De porter des vêtements
Démodés avant longtemps
J’conçois bien l’hypocrisie
Et je comprends l’ironie

Mais viens des certitudes
Et de la vilaine habitude
D’avaler tout l’hameçon
Le ver et jusqu’au plomb
On m’envoie souvent au tableau, ma leçon est-elle apprise ?
J’apprends à aimer l’étau dans lequel ma tête est prise

C’était une histoire d’amour

C’était une histoire d’amour
Et une histoire d’obscurité
Toi … tu étais l’amour …

J’attends au feu rouge
Que cette file bouge
La nuit s’amoncelle
Sur ma ville habituelle …
Michael Douglas craque et continue à pied – Voilà une histoire où tout devient laid – Pourquoi faut-il que je pense à ça ? – Je déteste ce navet – C’est n’importe quoi !

Moi … je suis le prisonnier

C’était une histoire d’amour
Et aussi une histoire de larmes
Toi … tu étais l’amour …

Enfin devant le cinéma
Trois voitures avant moi
Quelques gouttes éparses
Meurent dans l’essuie-glace …
Des garçons et des filles au Mortimer – Certains jours font qu’on ne peut être fiers – Pourquoi faut-il que je pense à ça ? – J’déteste mon caractère – C’est n’importe quoi !

Moi … je suis le gendarme

C’était une histoire d’amour
Et aussi une histoire de sort
Toi … tu étais l’amour …

Ça y est je suis passé
Et en route pour rentrer
Et la nuit me morcelle
Comme le jour avant elle …
J’ai avalé à la course tous les Bénédictins – Parce que je voulais rattraper mon destin – Pourquoi faut-il que je pense à ça ? – Car je déteste ce train – C’est n’importe quoi !

Moi … je suis le croque-mort

C’était une histoire d’amour
Toi … tu étais l’amour …
Et tu étais le bonheur …

Moi … je suis le veilleur

Les jambes légèrement repliées

Je dors
Pendant que je dors
La tête bien au creux de l’oreiller
Les jambes légèrement repliées
Je dors
Quand j’entrouvre les yeux
Il ne me paraît pas chaleureux
Celui qui vient frapper au volet
Je dors
Quand je me rendors
Permettez quelques minutes encore
Ce sera toujours ça de gagner

Je dors
Pendant que je sors
Dans le sens de la circulation
Jetant un œil torve à l’horizon
Je dors
Derrière ma machine
Dans les bruits assourdis de l’usine
Que je perçois malgré les bouchons
Je dors
À la cigarette
Matant des conneries sur le net
Prenant part à la conversation

Je ne rêve pas éveillé
Je vois ce que j’ai créé
Et surtout n’ai pas créé

Si je n’ai pas d’existence
Je n’inspire aucune croyance
L’image d’un Dieu déprimé

Je dors
Pendant que je mords
Dans ma tartine et souffle sur le chaud
Cligne sur le sanglant dans les journaux
Je dors
Quand vient la colère
Qui est devenue ma régulière
Et que j’emmènerai au tombeau
Je dors
Quand ma mère veut parler
Son insomnie de la nuit passée
Ne provoquera pas mon sursaut

Je ne rêve pas éveillé
Je vois ce que j’ai créé
Et surtout n’ai pas créé

Ma façon de pleurer

Parce qu’elles sont encore à l’intérieur
Et qu’elles en ont fait leur demeure
Alors de petits objets contre les murs
Le couteau en travers de ma peinture
Eh bien la voilà ma façon de pleurer
Et tu me vois désolé
Si ça peut influer sur
Ma façon de t’aimer

Parce qu’ils sont encore à l’intérieur
Semblent me dire « A la bonne heure ! »
Alors les silences en guise de cailloux
Des insultes contre tous les verrous
Eh bien la voilà ma façon de pleurer
Et tu me vois désolé
Si ça change beaucoup
Ma façon de t’aimer

Bien sûr tu m’as apporté tant et tant
Une palette de merveilleuses couleurs
Rendant peut-être jaloux ce grand ciel
Semblant encore regarder ailleurs
Mais s’il s’agit de bouteilles à l’océan
S’il s’agit de fantômes, de squelettes
Alors je ne dirai pas que tu es belle
Je ne dirai pas que tu es bien faite

Visions

Alors j’ai vu, j’ai vu
Vu de mes yeux vu
Nu contre son corps nu
Sa jeunesse faire sensation
La guerrière et sa légion
Puis une dame damant le pion
La belle toute en facéties
La reine en tours de magie
La maîtresse du mouvement

Encore j’ai vu, j’ai vu
Vu de mes yeux vu
Nu contre son corps nu
La princesse n’être que douceurs
La fillette sécher mes pleurs
Puis l’ange très vite en fureur
La tigresse prendre son élan
La libellule en suspens
La sédentaire en dentelle

Encore j’ai vu, j’ai vu
Vu de mes yeux vu
Nu contre son corps nu
La muse dictant ses poèmes
Une experte en stratagèmes
Puis l’ombre sortir d’elle-même
La singulière universelle
La muette qui interpelle
Une poupée allant prendre vie

Alors j’ai cru, j’ai cru
Cru dans mon cœur cru
Nu contre son corps nu
Moi le lisse amoureux qu’une peau aimante
Pouvoir faire des vœux à des étoiles filantes

Mais j’ai su, j’ai su
Nu contre son corps nu
Su sur ma peau su
Et j’ai lu, j’ai lu
Nu contre son corps nu
Lu dans mon âme lu
Que ses étreintes seraient indélébiles
N’importe quelle feinte bien inutile
De ses assauts être la parfaite cible
Que ce scénario n’était pas crédible

Alors je me suis vu
Vu finalement vu
Nu contre son corps nu
En athée cherchant sa croix
En oméga sans alpha
En ténor soudain sans voix
En bœuf derrière la charrue
Vicieux prêchant la vertu
Aveugle recouvrant la vue

Métier de bouche ( Les enfants gâtés )

Ai-je l’estomac pour ces plats épicés ?
L’aplomb de mentir, soutenir sans rire qu’ils sont bien cuisinés ?

Ah … Oh ma bouche, bouche que veux-tu ?
Va … Oh ma bouche, bouche reste cousue

Tous les repas, même au p’tit déjeuner
J’avale de travers toutes les manières de cette enfant gâtée

Ah … Oh ma bouche, bouche que veux-tu ?
Bah … Oh ma bouche, bouche reste cousue

Dans l’embarras, j’suis pris au dépourvu
Trouver de l’attention, une solution aux requêtes saugrenues

Ah … Oh ma bouche, bouche que veux-tu ?
Va … Oh ma bouche, bouche reste cousue

N’importe quoi, moi un enfant gâté !
J’crois que je m’aigris, tout m’est interdit, et surtout les baisers

Ah … Oh ma bouche, bouche que dis-tu ?
Va … Oh ma bouche, c’est entendu

Cheveux attachés

De si jolis chevaux
Desolation row
Quatre nuits avec Anna
Un Akira Kurosawa
Les cents vues d’Edo
Dora Maar de Picasso

Rien ne me fait d’effet
Rien ne me fait d’effet
Comme vos cheveux attachés
Rien ne me fait l’effet
De ces cheveux détachés

Rien ne me fait d’effet
Rien ne me fait d’effet
Comme vos cheveux détachés
Rien ne me fait l’effet
De ces cheveux attachés

Et l’or de leurs corps
Le bandonéon d’Astor
Hallelujah
Garcia Lorca
Un sonnet de Baudelaire
Un tableau de Vermeer

La course

Je n’sais pas c’que je vais faire
Possible tout ou son contraire
Ce soleil qui darde ses rayons
N’est rien qu’un petit ballon
Dans les rayons de mes roues
Y’a ma victoire qui se joue

Je cours, m’arrête, espère, cours encore
Les voisins sont-ils partants ? je l’ignore

Je n’sais pas c’que dit la prof
N’aurais rien d’un philosophe
À certaines voies j’fais un sort
Voyant le mien se faire dehors
Là où la vie est odorante
Où la musique nous oriente

Je cours, m’arrête, rêvasse, cours encore
Et que puis-je connaître ? je l’ignore

Je n’sais pas comment l’exprimer
Mais quelque chose a bien bougé
Dans mon cœur d’autres frontières
D’autres contours à la lumière
Et je n’suis pas en train de rêver
C’est bien moi qu’elle vient éclairer

Je roule, m’arrête, attends, roule encore
Ne va-t-elle pas m’éblouir ? je l’ignore

Je n’sais pas j’en suis certain
C’est le bonheur je suis témoin
Là-bas cette belle fille en blanc
Est vraiment celle qui me rend
Comme un chevalier conquérant
Le chemin facile et attrayant

Je roule, m’arrête, savoure, roule encore
Sera-t-il toujours aussi droit ? je l’ignore

Je n’sais pas comment sont possibles
Tous ces gestes indescriptibles
Sa petite bouche ses petits yeux
Il ne peut y avoir rien de mieux
C’est pour moi un rôle inconnu
Alors il faut que j’opère une mue

Je marche, m’arrête, me plante, marche encore
Pourquoi y’a des arcs-en-ciel ? je l’ignore

Je n’sais pas c’que j’vais décider
C’est sûr c’est une opportunité
Ne pas la prendre à la légère
Et ouvrir la porte à un enfer
Mais je vais en parler avec elle
Et je ne ferais rien sans elle

Je marche, m’arrête, réfléchis, marche encore
Aurais-je le courage dimanche ? je l’ignore

Je n’sais pas où tout ça va mener
Forcément que je pense au passé
Ils ont tout vu, ils ont tout fait
Avant d’avoir le pied à l’étrier
Peut-être ont-ils de l’ambition
Peut-être que j’suis un vieux con

M’assois, me lève, regarde, m’assois encore
Où ça va aller comme ça ? je l’ignore

Je n’sais pas je n’ai pas compris
Il me dit vouloir changer de vie
Fait les cent pas dans la pièce
Dit des mots pour que j’acquiesce
Je crois ne pas avoir le choix
Faut garder mes conseils pour moi

M’assois, me lève, renonce, m’assois encore
Mais où me suis-je arrêté ? je l’ignore

Je n’sais pas quand j’vais les revoir
J’espère que c’n'sera pas au mouroir
Maintenant il n’me reste qu’à ranger
Remettre tout ce qu’ils ont déplacé
Et alors revenir à mes habitudes
Apprivoiser encore ma solitude

Je reste, somnole, sursaute, reste encore
Quelle est cette voix qui appelle … dehors ?

Je ne saurais plus l’année exactement
Je devais avoir quatorze ou quinze ans
Au stade j’avais quelques spectateurs
À l’affût dans la foulée du leader
J’attendais le moment pour jaillir
Et les lauriers que j’allais cueillir

Je courais, je soufflais, espérais et courais
Ce que j’ferais de ma vie, je l’ignorais

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