Archives pour la catégorie Cahier recyclé

Je fais des rivières

Je fais des rivières
D’un pont la perpendiculaire
D’un pays, deux, leur frontière
Je fais des rivières

Aux vaches un pâturage
Et aux arbres un feuillage
Aux chevaux des crinières
A leur corral une barrière

A la ferme une cheminée
Avec son filet de fumée
Dans le ciel des nuages
De deux collines une image

Je fais des rivières
Humeur terne ou volontaire
A ma manière exemplaire
Je fais des rivières

Et parfois le clair de lune
Des promenades nocturnes

Je sais déjà finir avec ça
Comme Monet avec ses nymphéas
Ils s’appellent tous La Vallée
C’est celle où je l’ai rencontrée

Le jour et la nuit

Le jour creusois d’une nuit parisienne
Le jour religieux d’une nuit païenne
Le jour indécis d’une nuit déterminée
Ou le jour cendres d’une nuit brasier

Le jour éclipsé d’une nuit étoilée
D’une nuit inventée
Le jour imaginaire
Le jour ver de terre
D’une nuit aux cimes
Le jour assassin de sa nuit victime

On est le jour et la nuit
On est le jour et la nuit
Tu es le jour, je suis la nuit
C’est toujours ce qu’elle me dit

Le jour morne plaine d’une nuit Etna
D’une nuit Esmeralda
Le jour Quasimodo
Ou le jour radeau
D’une nuit Santa Maria
Le jour Malraux d’une nuit Garcia Lorca

Le jour Qui es-tu ? d’une nuit J’sais pas
Le jour Dis-moi tout d’une nuit etc …

On est le jour et la nuit
On est le jour et la nuit
Entre le jouir et le nuire
C’est ce que je lui fais dire

On est le jour, on est la nuit
Mais on est le jour et la nuit
On est le jour, on est la nuit
Mais on est le jour et la nuit

Négligés

Ce fut cette nuit où, se sont renversées les passions, où, se sont révélées des trahisons. Ce fut cette nuit où, sont tombées sur le plancher, des pensées cachées, comme avant l’on fait des négligés.

Ce fut cette nuit où, dans le jour qui l’a précédé, j’étais comme toujours, abattu, résigné, cette nuit où, dans les jours qui l’ont précédés, j’étais comme toujours, prévisible, emprunté.

Ce fut cette nuit où, dans les années qui l’ont précédées, j’ai tout fait je crois, j’ai tout fait pour en arriver là, à c’qu’a été cette nuit, cousue de fil blanc, à c’qu’a été ma vie jusque là, à ce dénouement.

C’est différent

Ai brûlé les livres, cassé les disques
Allégé le répertoire d’une longue liste
Ai changé le décor de la vaisselle
Avant de la ranger dans la poubelle
C’est différent ?
Non ! … Différent !

Ai bougé tous les meubles de place
Éclaté le triste reflet dans la glace
Seule la télé, décidé de l’épargner
Est encore prisonnière au cellier
C’est différent ?
Non ! … Différent !

Comme on taillade quelque tableau
Mis en morceaux toutes les photos
En confettis toi et …, tous les amis
Tous les sourires et les cérémonies
C’est différent ?
Non ! … Différent !

Banni guillemets, toutes parenthèses
Biffé des montagnes de fadaises
Puis ai jeté l’encre, toutes les envies
Alors j’… j’ai vu de tout ça … l’ironie
C’est différent ?
Non ! … Différent !

C’est différent ?
Non ! … Différent !
Mieux, moins bien qu’avant ?
Non ! … Différent !
Comme tu l’as dit : différent
… C’est différent !

La ville que jamais tu n’atteindras

La chaleur et le froid
Les rires les coups bas
Tu regardes sans sourciller
Ce que tu as tant désiré

Tu t’énerves pour un mot
Et la boucle sur un autre
Tu fais une nouvelle peau
Où coller toutes les fautes

Là-bas
Cette ville, cet état
Que jamais tu n’atteindras
Là-bas …
Que jamais tu n’atteindras

Tu regardes sans sourciller
Ce que tu as tant désiré

Une de plus en moins

Une semaine
Une saison
Une année
Après la passion
Voilà la haine
S’est installée

Et le temps fait son chemin
Dit: Une de plus en moins
Le temps a fait son chemin
Et une de plus en moins

Distance

La route longe des champs constellés de ballots de foin
Mes yeux qui en tous points ont tellement d’arguments

Elle me parle de distance

Le soleil veille sur le seuil de la maison cernée de décisions
Elles sont fuyantes les saisons mais veulent qu’on les cueille

Elle me parle de distance

La fraîcheur de la pierre fait savoir qu’elle a de l’avenir
Et je sais vouloir me servir de mes mains pleines de terre

Elle me parle de distance

La pureté court sur le drap, douce encore l’âme du garçon
Se forme comme un sillon, sous sa joue, sur l’oreiller froid

Elle me parle de distance, que tout ça est anormal
Et me parle d’âge mental, d’un retour en enfance

Parasol

Pendant qu’autour de moi
Tous je crois parlent espagnol
Tout en cherchant des paroles
A une chanson que j’appelle Parasol

Que j’enlève une nouvelle fois
Ce maudit sable sur mon front
Que je juge de toute façon
Comme une bien inutile précaution

La fille qui est près de moi
Sur ma natte en train de bronzer
C’est à elle que je m’suis décidé
Mais en silence pour l’instant … à parler

Pied-à-terre

Dans mon pied-à-terre
J’ai classé des chimères
Des chevaux
Aux autres j’ai laissé
Leurs idéaux
Dans mon placard
J’ai rangé des espoirs
Des lévriers
Aux autres j’ai laissé
Des velléités
Dans ma prison
Planqué des illusions
Des chimpanzés
Aux autres j’ai laissé
La réalité
Dans ma petite tête
Entassé des fixettes
Des orvets
Aux autres j’ai laissé
Leurs vérités

Là-bas à l’horizon
Il y a tourbillon
Les animaux sont nerveux
Que nous réserve ce Dieu ?

Aucun mur, aucun toit
Quelle maison poussera
A chercher sous ses gravats ?

Sous mon oreiller
Compilé des clichés
Des éperviers
Les instantanés
Qu’on m’a laissé

Brindille noire

Le cavalier désarçonné de la poussière sur les lèvres
Le dompteur dans la cage, le tigre plus audacieux
L’écrivain en pleine panne, un rêve de lui en élève
Et elle, sexuelle, sans espoir
Une mince brindille noire
Noire dans ses beaux yeux
Dans la beauté de ses yeux
Noirs

Le capitaine fin soûl sur une mer qui se déchaîne
Don Juan résigné songeant à l’amour insidieux
Le fils protégé, tous les événements qui l’entraînent
Et elle, sexuelle, sans espoir
Une mince brindille noire
Noire dans ses beaux yeux
Dans la beauté de ses yeux
Noirs

Le colonel le matin blême du départ de la batterie
Un roi de théâtre dans les mains sévères de Dieu
L’enfant qui perd pour la première fois de sa vie
Et elle, sexuelle, sans espoir
Une mince brindille noire
Noire dans ses beaux yeux
Dans la beauté de ses yeux
Noirs

Le politicien démasqué défait mais qui plastronne
Le coureur au souffle de fin de carrière qui abandonne
L’homme dépassé retournant un passé merveilleux
Et elle, sexuelle, sans espoir
Une mince brindille noire
Noire dans ses beaux yeux
Dans la beauté de ses yeux
Noirs

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