Archives pour la catégorie Cahier recyclé 2

Rendez-vous

Si vous voulez savoir
Ce que seul je fais là
Dans ma voiture ce soir
A l’orée de ce bois

Je peux vous le dire à vous
Me suis donné rendez-vous

Et longtemps j’étais certain
De me poser un lapin

Je n’me voyais pas venir
Je n’me voyais pas venir
Je n’savais pas quoi me dire

Le regard de la rivière

J’ai pu miser sur le mystère, bien sûr
Et m’éterniser dans l’éther
M’enfermer dans des formes, bien sûr
Mettre mon arme sous un orme
J’ai pu sur le dos dérivant, bien sûr
J’ai pu avec le faible courant

Mais comme tendre
Je ne veux plus attendre
La nuit de cette façon-là
C’est comme prendre
Cette pierre vouloir la fendre
Ça ira pour cette fois-là
Dire le diable prendra
Il prendra soin de moi

J’aurais pu appeler ça colère
Si je n’avais croisé par hasard
Le regard
De la rivière

Je veux changer je peux changer
Je veux changer je vais changer
Je vais changer je peux changer
Je veux changer je veux changer

La route sans nom

C’est ma route sans nom
La grâce de l’horizon
Mes hivers mes étés
Mon dégoût mon attrait
Mon ubac mon adret

C’est ma route sans nom
Mon grand trait de crayon
Mes biches mes hérissons
Mes nuits jusqu’à mes jours
Mes lignes droites et détours

Tous les doutes ont un rang
Parfois ils forment des légions
Toutes les routes ont un nom
Parfois on leur en donne cent

C’est ma route sans nom
Mon tonnerre ma buée
Telle ma musique de fond
Mes portes et mes butées
Mon pare-brise écaillé

C’est ma route sans nom
Mon mensonge mes vérités
Mon corset ma tentation
Mon départ mon arrivée
Ma zone non cartographiée

Tous les doutes ont un rang
Parfois ils forment des légions
Toutes les routes ont un nom
Parfois on leur en donne cent

Mon autel ma religion
Et mon Dieu et mon démon
Ma liberté ma prison
Mon soufflet et mon tison

Pourtant un air connu

C’était un air connu
Pourtant un air connu
Nos suites si logiques
Comme papier à musique
On tentait sans y croire
De conjuguer nos devoirs
Pourtant un air connu
Ça donnait envie de hurler
Comme tout était agencé
On n’était pas des experts
Dans les vies à refaire

C’est un air connu
Pourtant un air connu
Ça ne veut pas sortir
Ça noie tout l’intérieur
Sinon je pourrais remplir
Plusieurs des conteneurs
Pourtant un air connu
Ce n’est plus cette boisson
Qui avant me rendait ivre
Bien après la rédemption
Il faut continuer à vivre

C’est un air connu
Pourtant un air connu
Tous ces nombreux visages
Avec quelque chose du tien
Si ce sont des messages
Ils sont plein de venin
Pourtant un air connu
Le manque est une maladie
Soignée par le mouvement
En est-on jamais guéri
Qu’on stoppe le traitement ?

Ce sont des airs connus
Pourtant des airs connus
J’essaie de mettre des noms dessus
Ce sont des airs connus
Pourtant des airs connus
J’essaie d’y mettre des noms dessus

Patience d’ange

J’attends la fourche noire pleine de broussailles
C’est tout un tas de pensées qui m’assaillent

Ma patience … d’ange à ton bras
Mais ce feu … à l’intérieur de moi
Je ne sais
Qui l’a allumé

Tant et tant de choses sont devenues cendres
Mais la colère des flammes est encore grande

Ma patience … d’ange à ton bras
Et ce feu … à l’intérieur de moi
Devinez
Un feu sans fumée

Et si c’était quelque chose de l’enfance
Qui aujourd’hui encore tient lieu d’essence

Ma patience … d’ange à ton bras
Et ce feu … à l’intérieur de moi
Qui me fait
Me détruit
Le brasier
Ce brasier
Qui me fuit
Me construit
Le brasier
Ce brasier
Me séduit
M’éconduit
Le brasier
Ce brasier
Écœuré
Fasciné

Espero

Assis seul à une table
Je regarde mon portable
Jette un œil à la terrasse
Un couple avec enfants passe
J’attends en faisant semblant de t’attendre
Assis derrière le volant
Je regarde droit devant
Un paysage comme inutile
Les aiguilles paraissent immobiles
J’attends en faisant semblant de t’attendre
J’attends en faisant semblant de t’attendre
Que le passé vienne me reprendre
Debout et une pluie fine
Je regarde des ballerines
Il tire fort sur sa laisse
Le petit chien noir sans cesse
J’attends en faisant semblant de t’attendre
Debout donc au comptoir
Je regarde reste un quart
D’autres aussi espèrent
Comme moi face à leur bière
J’attends en faisant semblant de t’attendre
J’attends en faisant semblant de t’attendre
Que le passé vienne me reprendre
Couché un rayon de soleil
Je regarde elle se réveille
C’est notre certitude
Rien à comparer à l’habitude
J’attends en faisant semblant de t’attendre
J’attends en faisant semblant …
Que le passé vienne me reprendre !

Ikebana

Du soleil sur la maison
Et un chat sur le perron
Et je viens de me réveiller
Avec une vieille, vieille idée

Ikebana
Je ne sais pas quoi
Sans doute composer
Mon bouquet
Avec des regrets

Je suis assis en terrasse
Un livre ouvert un café
L’appel de la ville trace
Ma tête au firmament
Ne sais plus où la donner
Une rumeur va s’amplifiant
Dans les arpèges du vent
Mon regard accroche le hasard
Le torrent des possibilités
Même si je viens d’arriver
Je me teste sur le départ

Ikebana
Je ne sais pas moi
Sans doute mon bouquet
Le composer
Avec mes regrets

Je suis debout maintenant
Et une chaise est renversée
Ma femme regarde un instant
Des yeux qui l’ont occultée

Ikebana
Je ne sais pas moi
Sans doute composer
Avec des regrets

Le présent

POUR CELESTINE ET CLAUDE, MES LECTEURS FIDÈLES

Le dixième jour après Noël
Mon amour m’a envoyé
Dix seigneurs en train de sauter
Le neuvième jour après Noël
Mon amour m’a envoyé
Neuf dames en train de danser
Le septième jour après Noël
Mon amour m’a envoyé
Sept cygnes en train de nager

1-2-3 L’attente voilà
5-6-7 Voilà la quête
22-23 La quête de quoi ?
26-27 Un air de fête ?

32-33 Je fais les cent pas
40-41 Examine le sapin
41-42 Ses mots lumineux
42-43 Appel à la joie

Qu’est-ce qui se passera
Quand je parviendrai à cent ?
Est-ce que ça recommencera
Cette fois en décroissant ?

Je suis rempli de doutes
Suis-je sur la bonne route ?
Je me pose des questions
Faut-il changer de chanson ?

52-53 Mais qu’entends-je là-bas ?!
61-62 C’est un mystère mélodieux
76-77 Mais c’est Claude et Céleste
79-80 Et avec un air de Dublin

Le deuxième jour après Noël
Mon amour m’a envoyé
Deux amis en train de chanter

( Inspiré du chant de Noël The twelve days of Christmas ( Les douze jours de Noël )

La part du feu

Des images d’elle
Me reviennent en mémoire
Maintenant d’elle
Que la plus belle part

Son pied qui joue de l’escarpin
Ses yeux d’un réveil grimaçant
Son rire dans l’escarcelle du vent
Des caresses nichées entre les reins

Et des images de moi
Me reviennent en mémoire
Maintenant de moi
Que la plus belle part

Par ses cheveux mes doigts frôlés
Ma langue humide de ses baisers

Le retard de l’amoureux
A fait la part du feu
Le retard de l’amoureux
A fait la part du feu

Le châtain clair attaché
De ses épaules dégagées

Jalousie

Mes yeux sont jaloux des yeux qui te voient
Mes oreilles de celles qui entendent ta voix

Que signifie
Ce sale défi ?
L’effet d’être
Le seul être ?

Il ne faut pas que je me déunisse
Rien n’a existé et puis rien n’existe
Que des trottoirs où cracher ma colère
L’obscurité autour du réverbère

Mon torse envie celui où se blottissent tes bras
Mes pieds ceux qui suivent chacun de tes pas

Que signifie
Ce sale défi ?
L’effet d’être
Le seul être ?

Il ne faut pas que je me définisse
Rien n’a existé et puis rien n’existe
Qu’un grand arbre avec des oiseaux-lyres
Et des pantins d’un musée de cire

Que signifie
Ce sale défi ?
Que signifie
Cette jalousie ?

Que je me démantèle il ne faut pas
Rien n’existe et puis rien n’existera
Peut-être des miroirs et des regards fixes
Verront mourir pour de bon le phénix

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