Élagage

Sa mère vient à la barrière du jardin où il travaille et ils regardent ensemble vers la sagne en bas. Ils ne voient personne mais ils peuvent entendre le bruit des tronçonneuses. Finalement, après des hésitations, elle se décide à aller dans cette direction et il reprend son travail.
Au bout d’un moment, ne la voyant pas revenir, il se penche par-dessus le petit muret. Elle est là-bas avec un homme au milieu de la route, en pleine discussion semble-t-il. Ils regardent des branches de noisetier fraîchement abattues près de la fontaine.
Lorsqu’il se penche à nouveau par-dessus le muret, il la voit qui revient, alors il quitte sa place derrière le lilas et va jusqu’à la barrière, jetant ses bras dessus.

Une voiture avec quatre hommes à l’intérieur ne tarde pas à longer le jardin et à s’arrêter. Seul le conducteur en descend. S’en suit une conversation rapide sur plusieurs arbres qui tous bordent la route : oui, les noisetiers sur lesquels ils viennent de se défouler sont à eux, tout comme le marronnier dans le pré à une petite centaine de mètres là-bas. Le poirier dans le champ à côté, par contre, non.
Le lilas ? fait-il.
L’homme le regarde avec un petit sourire. Non, ça ne monte pas, Monsieur.
Et le marronnier ? questionne sa mère.
Oui, nous allons le faire. Il faut qu’il y ait cinq mètres avec le fil, Madame. Y a-t-il un accès pour aller facilement dans les bois là-bas ? Et il montre ses bois du doigt.
Ils réfléchissent mais ne voient pas.
Bon, ça ne fait rien, on va se débrouiller.
Par contre, il ne faut pas mettre les branches sur la route ! s’exclame tout à coup sa mère.
On ne met pas les branches sur la route, Madame.
Il sait ce que sa mère veut dire par là : pour elle, la route comprend aussi le fossé.
Vous allez les mettre dans la cour.
Oui, Madame, dans la cour. Il va pour ajouter autre chose mais s’arrête. Oh et puis, s’il y en a une ou deux petites, on les mettra sur la route. Et il se met à rire.
Il a atteint son but. Sa mère le reprend aussitôt et répète ses consignes.

Ils sont tous les deux à côté des branches. Deux petites n’étaient pas sur le tas, elle lui a demandé de les y mettre et il vient de le faire. Il est maintenant assis sur un vieux poteau couché et il écoute sa mère parler. Elle a dit aux élagueurs d’enlever les branches tombées sur la clôture électrique. Ils lui ont répondu que de toute façon ils allaient le faire mais elle pense que si elle n’avait rien dit ils ne l’auraient pas fait. Elle le répète trois fois.
L’un des hommes lui a demandé s’il était son fils. Elle lui a répondu qu’il était son employé. Elle lui a dit aussi qu’ils faisaient un travail de cochons. Elle le répète trois fois.
Quelques minutes, il se demande la raison qui a poussé sa mère à dire qu’il était juste un employé.

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