Histoire 1

30 sept

Une proposition pour un début. Pour peut-être refaire quelque chose comme avec la suite partant de Brautigan. Je mets également deux autres possibilités si vous aviez vous aussi des débuts et qui eux fonctionneraient mieux. Je crée aussi une nouvelle catégorie pour pouvoir retrouver tout ça plus facilement.
Célestine, Claude, à très bientôt. :)

7 Réponses à “Histoire 1”

  1. V.s. 30 septembre 2018 à 9 h 45 min #

    CARSON CITY

    Cette histoire se passe à Carson City. Attention, ce n’est pas le grand Carson City que tout le monde connaît, qui se situe dans le Nevada mais un beaucoup plus petit, ailleurs dans le pays.
    Tous les habitants de la ville vaquent à leurs habituelles occupations : le barman derrière son bar au saloon, le shérif dans son bureau, l’idiot qui a essayé de braquer seul hier la banque derrière les barreaux de la cellule, l’employé de la banque justement à son guichet, le forgeron à sa forge, le croque-mort choisissant des planches.
    Là-bas, vers l’Ouest, à travers le désert, venant des montagnes où les Indiens – dont ceux de la tribu de Chumani – sont eux aussi à leurs occupations, souffle l’habituel vent faisant rouler les virevoltants.
    Sur notre petite bande au contraire, ce qui souffle, c’est le changement, car ce matin est arrivé de San Antonio au Texas quelqu’un capable lui de bousculer nos habitudes. Presque capable de m’empêcher de penser à Chumani, de m’enlever des yeux cette image du jour où je la vis près de la rivière.
    Ce quelqu’un qui est capable de ça, c’est ce gars, cet étranger que nous avons tout de suite entouré de toutes les attentions, dont nous nous sommes tout de suite mis à suivre les pas. A ça deux raisons principales : son âge et son fusil.
    À nos yeux, les deux ans qu’il a de plus que nous lui confère une grande expérience. Et à cet âge, deux ans d’écart, c’est beaucoup. C’est une évidence qu’il connaît mieux les choses de la vie. Surtout, qu’il sait mieux ce qu’il faut faire – j’entends par là ce qu’il faut faire pour ne pas être rattrapé par la loi.

    • Célestine 1 octobre 2018 à 19 h 11 min #

      Mon père m’a interdit de monter sur la colline seule pour observer les hommes blancs. Mais la fascination l’emporte toujours sur la sagesse. Et je passe mon temps à observer leurs va-et-vient, les chariots aux toiles écrues et les robes de leurs femmes qui battent joliment leurs bottes. Mon nom est Chumani.
      Notre tribu tolère la présence des Blancs parce qu’ils nous laissent vivre selon nos rites. Mais j’ai toujours peur que la hache de guerre surgisse soudainement au milieu de la Prairie. Mon frère et mon père sont des braves, fiers et robustes, mais ils n’aiment pas l’arrogance de l’homme blanc.
      Au lever du soleil, mes pas m’ont menée vers la rivière, quand les poissons scintillent dans les remous comme des étoiles filantes. L’eau froide sur mon corps faisait frissonner ma peau.
      Et là, j’ai aperçu un homme assis sur un rocher. Ce devait être un étranger car je ne l’avais jamais vu dans la contrée.
      Son regard translucide me fixait de manière insistante et je me suis précipitée hors de l’eau précipitamment, troublée par cette présence.

      • V.s. 3 octobre 2018 à 16 h 22 min #

        Depuis que je l’ai entendu dire ça, cet étranger, c’est comme si je n’étais plus moi, comme si je n’étais plus celui que je suis devenu quand je l’ai vu à la rivière, comme si je ne portais plus mon nouveau nom : « Celui qui aime Chumani ».
        C’est une petite chose toute simple qu’il a dit l’étranger. « Des jolies filles dans la région. J’ai vu une très belle squaw en venant ici. Elle sortait de la rivière. » J’ai tout de suite su de qui il parlait.

        J’étais allé voir le vieux Hank à sa cabane. Hank fait du troc avec les Indiens. Il faut dire que pour ça sa cabane est idéalement placée : plus vraiment chez nous, pas encore en territoire indien. En y allant, je l’admets, j’avais une idée derrière la tête. Et ce qui m’a facilité la tâche encore, c’est que le frère de Chumani en partait quand j’y arrivais. Facile après de lancer le sujet avec Hank. Le frère de Chumani m’a lancé un regard mauvais quand il est remonté sur son cheval. Avant qu’il ne disparaisse de ma vue, il s’est retourné trois fois vers moi.
        Voilà ce que m’a dit le vieux Hank : « Pour sûr qu’elle est belle cette fille ! » « Chumani. » « Ça signifie Goutte de rosée. » « Elle est vraiment belle pour sûr … »
        Après il s’est mis à me regarder différemment, un sourire sortant constamment de sa vieille barbe blanche.

        Goutte de rosée … Goutte de rosée. Dans ma tête, un temps, je l’ai appelé comme ça. Puis j’ai cessé. J’ai recommencé à l’appeler Chumani. C’est son nom. Goutte de rosée, c’est ce que ça veut dire dans ma langue, c’est tout.

        Chumani à la rivière. Et quelque chose est né en moi quand il a dit ça. Et ça s’est mis à y grandir. Je le sens, je sais où c’est, et pour l’instant, je ne veux pas y donner un nom.
        L’étranger a précisé qu’elle sortait de la rivière. Depuis j’imagine une goutte d’eau glissant le long de son bras nu.

  2. Eeguab 4 octobre 2018 à 7 h 43 min #

    Aparté

    Rassurez-vous les amis, je vous ai lus, bien sûr. J’ai même commencé, faisant parler l’étranger. Quatre lignes pour l’instant.Mais voilà, je me sens vide, sec, creux, ou au minimum un peu court en ce moment. Muses, à l’aide! Muse, à l’aide. Cependant j’espère.
    A très vite tous les deux.

    • V.s. 5 octobre 2018 à 9 h 57 min #

      Je ne saurais pas décrire quelqu’un. Il est grand, il est petit, oui, elle a les cheveux longs ou elle les a courts, oui, mais c’est à peu près tout. L’étranger, je serais bien en peine de dire comment il est. Le mieux, ce serait qu’il se décrive lui-même.
      Même Chumani, je ne pourrais pas. Ce que je peux par contre, c’est dire une image que j’ai gardé d’elle : elle est de profil, elle est assise sur un rocher, le buste penché vers l’avant, ses cheveux lui cachent en partie le visage. C’est comme si elle était en train de lire … mais bien sûr, elle ne lit pas, la Bible ou quoi que ce soit. Je crois plutôt qu’elle regarde ses mains, qu’elle doit y lire quelque chose.
      Elle est restée longtemps dans cette position et je suis resté longtemps à la regarder.
      L’étranger, lui, je pourrais dire qu’il est charmant. Sur les autres, je sais pas, mais sur moi son charme agit. Tout à l’heure, cela venait de ce qu’il avait sorti sa guitare.
      Comment ne pas trouver du charme à quelqu’un qui vous chante des chansons comme The streets of Laredo, Chisholm trail, etc, ou même une que je ne connaissais pas, que je soupçonne être de sa composition, qui a pour refrain :
      With friends in palm of your hands
      You can walk through this all land
      From Appalachians to Colorado
      From Carolina to San Francisco
      Je vous parle de sa guitare mais ce n’est pas elle que tient l’étranger en ce moment et ce n’est pas avec elle qu’il me vise. C’est son fusil. Pour lui, je crois que ce n’est qu’un jeu. Quelque chose pour me tester.

  3. Célestine 10 octobre 2018 à 22 h 49 min #

    J’ai trouvé une fleur rare au bord de la rivière.
    Ma grand mère Chinaka m’en avait conté il y a des lunes et des lunes, l’extrême pouvoir. Tu l’offres à un homme et il devient amoureux de toi aussitôt et pour toujours.
    J’ai passé du temos à regarder la fleur. Et il m’a semblé qu’un homme blanc du village passait du temps à me regarder, moi.
    Mon frère dit que cet homme est amoureux de moi, et qu’il lui défend de m’approcher.
    Et puis, au crépuscule, quand les troupeaux se regroupent pour passer la froide nuit sous les étoiles, l’étranger est revenu.
    Mon regard allait de l’un à l’autre : celui qui tenait le fusil, et celui qui était visé.
    Je ne sais dire lequel des deux a le plus de charme. L’un chante et l’autre pas.
    Mais ce que je voyais là, même si ce n’était qu’un jeu entre eux, souleva des frissons comme la houle des blés sur mon corps. je n’aime pas que les hommes jouent avec la vie et la mort.
    Je serrais la fleur sur mon coeur, ne sachant pas encore à qui j’allais l’offrir…
     •.¸¸.•*`*•.¸¸✿

    • V.s. 16 octobre 2018 à 16 h 38 min #

      Tout a changé. Comme si je m’étais réveillé d’un rêve, rendormi et que j’étais reparti dans un autre.
      Je ne la vois plus de profil maintenant. Parce que nous n’allons pas côte à côte. Je ferme la marche avec les autres, son frère et elle sont devant nous et l’étranger encore devant en tête. La chevauchée des bandits. Des bandits, des scélérats, des rebelles … mais rebelles à quoi ? En ce qui me concerne, peut-être à l’habitude. A la solitude et à l’ennui.
      J’ai choisi. J’ai fait le choix de l’aventure avec l’étranger.
      Nous chevauchons. Nous descendons une colline boisée. Les chevaux ont cravachés pour monter l’autre versant, ils cravachent maintenant pour descendre. Les mêmes feuilles des arbres qui caressent Chumani me caressent moi peu après.
      Quand nous sommes passés récupérer le frère de Chumani, sans que personne ne puisse l’en empêcher, elle s’est imposée et nous a suivi. Et depuis cet instant, ce n’est plus la même aventure. Pour moi en tous cas.
      J’ai vu qu’elle avait une fleur avec elle. Je ressens grandement son pouvoir. Je ne peux empêcher personne de dire que le pouvoir vient de la fleur, personne ne peut m’empêcher de ne pas le croire.

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