Les jambes légèrement repliées

5 août

Je dors
Pendant que je dors
La tête bien au creux de l’oreiller
Les jambes légèrement repliées
Je dors
Quand j’entrouve les yeux
Il ne me paraît pas chaleureux
Celui qui vient frapper au volet
Je dors
Quand je me rendors
Permettez quelques minutes encore
Ce sera toujours ça de gagner

Je dors
Pendant que je sors
Dans le sens de la circulation
Jetant un œil torve à l’horizon
Je dors
Derrière ma machine
Dans les bruits assourdis de l’usine
Que je perçois malgré les bouchons
Je dors
À la cigarette
Matant des conneries sur le net
Prenant part à la conversation

Je ne rêve pas éveillé
Je vois ce que j’ai créé
Et surtout n’ai pas créé

Si je n’ai pas d’existence
Je n’inspire aucune croyance
L’image d’un Dieu déprimé

Je dors
Pendant que je mords
Dans ma tartine et souffle sur le chaud
Cligne sur le sanglant dans les journaux
Je dors
Quand vient la colère
Qui est devenue ma régulière
Et que j’amènerai au tombeau
Je dors
Quand ma mère veut parler
Son insomnie de la nuit passée
Ne provoquera pas mon sursaut

Je ne rêve pas éveillé
Je vois ce que j’ai créé
Et surtout n’ai pas créé

2 Réponses à “Les jambes légèrement repliées”

  1. Célestine 10 août 2018 à 8 h 20 min #

    Chronique d’une vie qui semble ordinaire, mais effeuille la tempête en petits morceaux…
    Magnifique
    •.¸¸.•*`*•.¸¸✿

  2. V.s. 10 août 2018 à 21 h 06 min #

    La routine, une vie trop bien réglée nous endort. La tempête couve. Un accident peut la faire se déchaîner. En attendant elle couve.
    J’adore ta phrase : effeuiller la tempête en petits morceaux. C’est joliment trouvé.
    Merci Célestine. Bises.

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