La course

17 juin

Je n’sais pas c’que je vais faire
Possible tout ou son contraire
Ce soleil qui darde ses rayons
N’est rien qu’un petit ballon
Dans les rayons de mes roues
Y’a ma victoire qui se joue

Je cours, m’arrête, espère, cours encore
Les voisins sont-ils partants ? je l’ignore

Je n’sais pas c’que dit la prof
N’aurais rien d’un philosophe
À certaines voies j’fais un sort
Voyant le mien se faire dehors
Là où la vie est odorante
Où la musique nous oriente

Je cours, m’arrête, rêvasse, cours encore
Et que puis-je connaître ? je l’ignore

Je n’sais pas comment l’exprimer
Mais quelque chose a bien bougé
Dans mon cœur d’autres frontières
D’autres contours à la lumière
Et je n’suis pas en train de rêver
C’est bien moi qu’elle vient éclairer

Je roule, m’arrête, attends, roule encore
Ne va-t-elle pas m’éblouir ? je l’ignore

Je n’sais pas j’en suis certain
C’est le bonheur je suis témoin
Là-bas cette belle fille en blanc
Est vraiment celle qui me rend
Comme un chevalier conquérant
Le chemin facile et attrayant

Je roule, m’arrête, savoure, roule encore
Sera-t-il toujours aussi droit ? je l’ignore

Je n’sais pas comment sont possibles
Tous ces gestes indescriptibles
Sa petite bouche ses petits yeux
Il ne peut y avoir rien de mieux
C’est pour moi un rôle inconnu
Alors il faut que j’opère une mue

Je marche, m’arrête, me plante, marche encore
Pourquoi y’a des arcs-en-ciel ? je l’ignore

Je n’sais pas c’que j’vais décider
C’est sûr c’est une opportunité
Ne pas la prendre à la légère
Et ouvrir la porte à un enfer
Mais je vais en parler avec elle
Et je ne ferais rien sans elle

Je marche, m’arrête, réfléchis, marche encore
Aurais-je le courage dimanche ? je l’ignore

Je n’sais pas où tout ça va mener
Forcément que je pense au passé
Ils ont tout vu, ils ont tout fait
Avant d’avoir le pied à l’étrier
Peut-être ont-ils de l’ambition
Peut-être que j’suis un vieux con

M’assois, me lève, regarde, m’assois encore
Où ça va aller comme ça ? je l’ignore

Je n’sais pas je n’ai pas compris
Il me dit vouloir changer de vie
Fait les cent pas dans la pièce
Dit des mots pour que j’acquiesce
Je crois ne pas avoir le choix
Faut garder mes conseils pour moi

M’assois, me lève, renonce, m’assois encore
Mais où me suis-je arrêté ? je l’ignore

Je n’sais pas quand j’vais les revoir
J’espère que c’n'sera pas au mouroir
Maintenant il n’me reste qu’à ranger
Remettre tout ce qu’ils ont déplacé
Et alors revenir à mes habitudes
Apprivoiser encore ma solitude

Je reste, somnole, sursaute, reste encore
Quelle est cette voix qui appelle … dehors ?

Je ne saurais plus l’année exactement
Je devais avoir quatorze ou quinze ans
Au stade j’avais quelques spectateurs
À l’affût dans la foulée du leader
J’attendais le moment pour jaillir
Et les lauriers que j’allais cueillir

Je courais, je soufflais, espérais et courais
Ce que j’ferais de ma vie, je l’ignorais

4 Réponses à “La course”

  1. Eeguab 20 juin 2018 à 8 h 16 min #

    Quelque chose de La solitude du coureur de fond. J’ai suivi ta course, certes en différé, mais quel souffle. Bravo l’ami, bravo.

  2. Célestine 20 juin 2018 à 12 h 55 min #

    On prend d’abord la vie comme une course
    effrénée, épuisante,
    et puis un jour on ralentit
    le pas,
    et alors on aperçoit
    les fleurs au bord de la piste
    dont on ne voyait que le sable et le bout de ses pieds qui dansent

    Oui, merveilleuse allégorie dont tu as le secret…

  3. V.s. 20 juin 2018 à 15 h 52 min #

    En différé, tu connais donc mon résultat. Bon, mes ambitions au départ étaient de bien figurer, je ne visais pas le podium, en cela j’ai rempli mes objectifs. :)
    Oui, La solitude du coureur de fond, je me souviens d’avoir lu ce livre au collège. Ça fait longtemps.
    Merci Claude d’être venu sur le bord de la piste …

  4. V.s. 20 juin 2018 à 16 h 07 min #

    C’est vrai, plus on prend de l’âge, plus notre course devient intelligente. Plus nous voulons que nos efforts soient tous utiles afin de ménager nos forces et aussi on se rend compte que bien qu’on soit foncièrement un coureur, il n’y a pas que la course ou alors que celle-ci n’est pas aussi restreinte qu’on la voyait au départ.
    Merci Celestine d’être venue rejoindre Claude sur le bord de la piste … :)

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