Archives pour juin 2018

Métier de bouche ( Les enfants gâtés )

Ai-je l’estomac pour ces plats épicés ?
L’aplomb de mentir, soutenir sans rire qu’ils sont bien cuisinés ?

Ah … Oh ma bouche, bouche que veux-tu ?
Va … Oh ma bouche, bouche reste cousue

Tous les repas, même au p’tit déjeuner
J’avale de travers toutes les manières de cette enfant gâtée

Ah … Oh ma bouche, bouche que veux-tu ?
Bah … Oh ma bouche, bouche reste cousue

Dans l’embarras, j’suis pris au dépourvu
Trouver de l’attention, une solution aux requêtes saugrenues

Ah … Oh ma bouche, bouche que veux-tu ?
Va … Oh ma bouche, bouche reste cousue

N’importe quoi, moi un enfant gâté !
J’crois que je m’aigris, tout m’est interdit, et surtout les baisers

Ah … Oh ma bouche, bouche que dis-tu ?
Va … Oh ma bouche, c’est entendu

Cheveux attachés

De si jolis chevaux
Desolation row
Quatre nuits avec Anna
Un Akira Kurosawa
Les cents vues d’Edo
Dora Maar de Picasso

Rien ne me fait d’effet
Rien ne me fait d’effet
Comme vos cheveux attachés
Rien ne me fait l’effet
De ces cheveux détachés

Rien ne me fait d’effet
Rien ne me fait d’effet
Comme vos cheveux détachés
Rien ne me fait l’effet
De ces cheveux attachés

Et l’or de leurs corps
Le bandonéon d’Astor
Hallelujah
Garcia Lorca
Un sonnet de Baudelaire
Un tableau de Vermeer

La course

Je n’sais pas c’que je vais faire
Possible tout ou son contraire
Ce soleil qui darde ses rayons
N’est rien qu’un petit ballon
Dans les rayons de mes roues
Y’a ma victoire qui se joue

Je cours, m’arrête, espère, cours encore
Les voisins sont-ils partants ? je l’ignore

Je n’sais pas c’que dit la prof
N’aurais rien d’un philosophe
À certaines voies j’fais un sort
Voyant le mien se faire dehors
Là où la vie est odorante
Où la musique nous oriente

Je cours, m’arrête, rêvasse, cours encore
Et que puis-je connaître ? je l’ignore

Je n’sais pas comment l’exprimer
Mais quelque chose a bien bougé
Dans mon cœur d’autres frontières
D’autres contours à la lumière
Et je n’suis pas en train de rêver
C’est bien moi qu’elle vient éclairer

Je roule, m’arrête, attends, roule encore
Ne va-t-elle pas m’éblouir ? je l’ignore

Je n’sais pas j’en suis certain
C’est le bonheur je suis témoin
Là-bas cette belle fille en blanc
Est vraiment celle qui me rend
Comme un chevalier conquérant
Le chemin facile et attrayant

Je roule, m’arrête, savoure, roule encore
Sera-t-il toujours aussi droit ? je l’ignore

Je n’sais pas comment sont possibles
Tous ces gestes indescriptibles
Sa petite bouche ses petits yeux
Il ne peut y avoir rien de mieux
C’est pour moi un rôle inconnu
Alors il faut que j’opère une mue

Je marche, m’arrête, me plante, marche encore
Pourquoi y’a des arcs-en-ciel ? je l’ignore

Je n’sais pas c’que j’vais décider
C’est sûr c’est une opportunité
Ne pas la prendre à la légère
Et ouvrir la porte à un enfer
Mais je vais en parler avec elle
Et je ne ferais rien sans elle

Je marche, m’arrête, réfléchis, marche encore
Aurais-je le courage dimanche ? je l’ignore

Je n’sais pas où tout ça va mener
Forcément que je pense au passé
Ils ont tout vu, ils ont tout fait
Avant d’avoir le pied à l’étrier
Peut-être ont-ils de l’ambition
Peut-être que j’suis un vieux con

M’assois, me lève, regarde, m’assois encore
Où ça va aller comme ça ? je l’ignore

Je n’sais pas je n’ai pas compris
Il me dit vouloir changer de vie
Fait les cent pas dans la pièce
Dit des mots pour que j’acquiesce
Je crois ne pas avoir le choix
Faut garder mes conseils pour moi

M’assois, me lève, renonce, m’assois encore
Mais où me suis-je arrêté ? je l’ignore

Je n’sais pas quand j’vais les revoir
J’espère que c’n'sera pas au mouroir
Maintenant il n’me reste qu’à ranger
Remettre tout ce qu’ils ont déplacé
Et alors revenir à mes habitudes
Apprivoiser encore ma solitude

Je reste, somnole, sursaute, reste encore
Quelle est cette voix qui appelle … dehors ?

Je ne saurais plus l’année exactement
Je devais avoir quatorze ou quinze ans
Au stade j’avais quelques spectateurs
À l’affût dans la foulée du leader
J’attendais le moment pour jaillir
Et les lauriers que j’allais cueillir

Je courais, je soufflais, espérais et courais
Ce que j’ferais de ma vie, je l’ignorais

Une mouche et un chasseur de mouches

Lorsqu’il ouvrit la porte-fenêtre avec l’intention de refermer les volets qu’il avait entrouvert le matin, une mouche pénétra dans l’appartement en passant entre ses jambes.
Il se retourna et la vit qui voletait. Elle finit par se poser sur le bas du fin rideau qu’il venait d’écarter.
D’une main, lentement, il saisit le rideau et sans que la mouche ne réagisse, il approcha son autre main étonnamment prêt au-dessus d’elle. Tout de suite il frappa. La mouche tomba sur le parquet et sans prendre la peine de vérifier si elle était morte ou vive, il la ramassa par une aile et la jeta dehors.
Cette mouche, se dit-il, au vu de son manque de réactions, avait dû être coincée entre les volets et la fenêtre durant les jours où il n’avait pas ouvert. Et ce matin, quand il s’était enfin décidé à le faire, elle n’avait pas dû comprendre qu’elle était libre.



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