Courbée, les mains au ras du sol

Je l’aime et …

Lorsque j’arrive, je vois ma mère effeuillant un arbuste au coin de la cave et ramassant ses feuilles, courbée, les mains au ras du sol.
Régulièrement elle et moi, dans cette même position, nous avons arraché des mauvaises herbes, travaillé au jardin, au champ, plantant, semant, récoltant dans la terre le fruit de ces semailles.
Notre position, courbée, les mains au ras du sol, si jamais elle ne me faisait pas penser au film Les glaneurs et la glaneuse et par conséquent au tableau de Millet – je dois dire que les vêtements de ma mère y étaient pour quelque chose – elle m’évoquait des personnages de quelque vieux film japonais en noir et blanc, courbés eux comme nous, leurs mains au ras du sol, plongées dans l’eau des rizières.
Pour quelques instants, peut-être quelques minutes seulement, bizarrement, cette pensée me redonnait du courage.

2 commentaires à “Courbée, les mains au ras du sol”


  1. 0 Eeguab 22 juil 2017 à 11 h 34 min

    Très bel hommage, du moins je le crois, qui peut évoquer bien sûr quelques très belles scènes de films, des peintures également, mais dont les mots très simples, à eux seuls, touchent tous les fils (les enfants) du monde. Mères, si.

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    • 1 V.s. 23 juil 2017 à 10 h 57 min

      Oui, un petit hommage au courage et à l’abnégation de ma mère face à certaines tâches. J’étais, à côté, un petit joueur. A mon travail aujourd’hui, on dit que je suis plutôt « courageux ». En comparaison peut-être avec certains autres. Mais honnêtement, même si c’est un travail un peu physique, je suis encore petit joueur si je me compare avec mes parents.
      Merci Claude. A bientôt.

      Répondre

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