Archives pour juin 2017

Odeur de groseilles

Je pousse les portes de notre vieille grange -

Quel est cet homme là-bas tout au centre – Avec mes gants de boxe et ma peur au ventre ? – Cet espèce d’iguane zigzaguant très à l’aise – Donnant parfois de la queue dans les chaises ? – Je dis : « Pourquoi ? Je veux savoir pourquoi  » – Quelqu’un répond : « Car la vie est un combat » -

Une statue de pierre fait des jabs dans l’air – Le défi dans ses regards pour son adversaire – La nette impression d’être dans un tableau – Renforcée par les murs tapissés de De Chirico – « Là vous allez trop loin, je suis bien réveillé ! » – « Ça n’est, me dit-on, que ce que vous pensez ! » -

« Mais à la fin, dites, que dois-je comprendre ? » – « Vous êtes loin de la fin, contentez-vous de prendre ! » – Ce n’est pas que je cherche une aide providentielle – Mais par hasard mes yeux répondent à l’appel – De Ludivine, une belle marchande de groseilles – Qui veut m’offrir une loupe en forme d’oreille -

Poussant les portes de notre vieille grange – Qu’il y ait foule là ne m’a pas paru étrange – Ni d’ailleurs le simple fait qu’elle ait brûlée – Il y a maintenant de nombreuses années

Je fais des rivières

Je fais des rivières
D’un pont la perpendiculaire
D’un pays, deux, leur frontière
Je fais des rivières

Aux vaches un pâturage
Et aux arbres un feuillage
Aux chevaux des crinières
A leur corral une barrière

A la ferme une cheminée
Avec son filet de fumée
Dans le ciel des nuages
De deux collines une image

Je fais des rivières
Humeur terne ou volontaire
A ma manière exemplaire
Je fais des rivières

Et parfois le clair de lune
Des promenades nocturnes

Je sais déjà finir avec ça
Comme Monet avec ses nymphéas
Ils s’appellent tous La Vallée
C’est celle où je l’ai rencontrée

La commissure de tes lèvres

Eu te amo
Eu te amo
Eu queria que você estivesse
Apaixonada por mim

A la commissure de tes lèvres
A la commissure je suis
Sûr de tout saisir
Des mots que tu me dis

Te quiero
Te quiero
Me gustaria que estuvieras
Enamorado de mi

I love you
I love you
I wish you were
In love with me

Je t’aime
Je t’aime
J’aimerais que tu sois
Amoureux de moi

Ti amo
Ti amo
Vorrei che tu fossi
Innamorato di me

A la commissure de tes lèvres
A la commissure je suis
Sûr de tout saisir
Des mots que tu me dis

A la commissure je les entends
A la commissure je suis
Les langues toutes et la tienne
Pour la belle symphonie

Ahbik
Ahbik
Wa’atamanaa lakum kanat
Fi alhabi maei

Ahbik
Je t’aime
Je t’aime
Ahbik
Wa’atamanaa lakum kanat
J’aimerais que tu sois
Amoureux de moi
Fi alhabi maei

Je t’aime
Ahbik
Ahbik
Je t’aime

Chaque jour que Dieu fait

Je l’aime et …

Chaque jour que Dieu fait, je détruis quelque chose.

Chaque jour comme suivant un plan.
Chaque jour comme la pierre supplémentaire à ce grand édifice.

Chaque jour ne voyant pas le résultat de mes décisions, ne comprenant pas, chaque jour ne voyant rien, chaque jour de plus en plus.

Le jardin

Je l’aime et …

C’est un jardin que j’ai entretenu ces dernières années. Etre fier de moi, ne regretter aucun des efforts consentis ? Je ne sais.

Mon jardin est à l’identique quelque soit la saison. Peu importe le temps pour mes sillons.

Pierres, rochers, cailloux, graviers, quelque soit les yeux, l’endroit où ils décident de se poser.

La Valette

Elle ouvrit la porte et entra dans le bureau. Il la regarda s’approcher. Une démarche unique, une fluidité. Il pensa : « Il faut que je me souvienne de ne jamais marcher à ses côtés. » Elle tendit la main ; ses yeux lui firent tout de suite tendre la sienne. Elle y laissa tomber le trousseau de clés sans un mot.

Quoi ? Cosa voglio ?
Je veux plus de lumière !
More light ! Mehr licht ! Mehr !
Tank you ! Merci, es bueno …

Ils étaient sous l’éclairage tamisé d’une salle de billard. Il écoutait l’insupportable voix de Luigi, qui face à lui, les coudes sur la table, lui servait une improbable soupe à propos de sa sœur, une habituée du tapin. Sa patience arrivait à sa limite. Heureusement, il n’eut à faire qu’un seul claquement de langue et l’Italien en vint miraculeusement au fait.
Le détective répéta à haute voix les principales informations quand Luigi eut fini : « Camarini, vendredi, l’angle d’Essex et Grand Street, 21 h, une Buick. » Puis il finit d’un trait son pur malt et sortit de la salle, son chapeau plus que jamais vissé sur le crane.

J’ai une nouvelle fois dans les yeux
Cette petite histoire de Charlyn
Qu’une personne m’avait murmuré
Que je pensais bien avoir enterrée

Il ramait sous la brume, sa tête lourde comme l’enclume, ne favorisait pas beaucoup sa prétention de voir clairement la situation.

Elle était entièrement nue
Et complètement perdue
A l’un des coudes sablonneux
De ce ruisseau du cygne
Les pieds dans la rosée
Et le corps dévoilé
Par le champ pernicieux
Des phares d’une Dauphine

L’empaffé, qui quelques instants auparavant avait viré sur la gauche, devait penser l’avoir semé. Mais il ne tarda pas à le rejoindre à un feu. « Tu crois que je ne connais pas la ville, mon pote ! » Il ne l’avait pas repéré cette fois. « Se croit seul au monde, ce con ! » Il réajusta son chapeau, s’alluma une autre cigarette et continua de le suivre à bonne distance. « Je sais où tu veux en venir, trouduc, ne t’en fais pas … ou plutôt si, tu devrais. »
Le zig le mena tout droit où il fallait.

On m’a dit qu’à Mdina
Le silence est en ruines
Du Palais Vilhena
A la Rue St Augustine

Mais cela aussi est loin
Je n’entends plus très bien

Mr. Jenkins, est-ce un soupçon de peur que je lis sur votre visage ? Vous n’allez pas me dire que tout cela vous effraie, que vous n’êtes pas en mesure de …

Le tremblement de l’assiette
Pantoufles aux pas traînant
Moi, dernier chevalier vivant
Dans ces couloirs geignant
De cette ville de La Valette

Tout d’abord, je crois que vous faites erreur, je ne suis pas Mr. Jenkins. Et puis, sachez une chose, des cloches de votre espèce qui ont de la glaise à la place du cerveau, c’est pas la première fois qu’il m’en tombe dans les pattes. Jusqu’à aujourd’hui, j’ai toujours réussi à m’en dépatouiller, alors je ne vois aucune raison pour que ça ne se passe pas pareil cette fois-ci alors … pourquoi aurais-je peur de la suite des événements ? Je sais ce que j’ai à faire. Comment je dois gérer tout ce bordel. Et comme disait mon père, paix à son âme : « C’est net et sans bavures ».

( Ce texte doit beaucoup au roman V. de Thomas Pynchon et à ceux de Dashiell Hammett que j’ai lu, parmi lesquels Le faucon maltais ).



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