Archives pour mai 2017

Le jour et la nuit

Le jour creusois d’une nuit parisienne
Le jour religieux d’une nuit païenne
Le jour indécis d’une nuit déterminée
Ou le jour cendres d’une nuit brasier

Le jour éclipsé d’une nuit étoilée
D’une nuit inventée
Le jour imaginaire
Le jour ver de terre
D’une nuit aux cimes
Le jour assassin de sa nuit victime

On est le jour et la nuit
On est le jour et la nuit
Tu es le jour, je suis la nuit
C’est toujours ce qu’elle me dit

Le jour morne plaine d’une nuit Etna
D’une nuit Esmeralda
Le jour Quasimodo
Ou le jour radeau
D’une nuit Santa Maria
Le jour Malraux d’une nuit Garcia Lorca

Le jour Qui es-tu ? d’une nuit J’sais pas
Le jour Dis-moi tout d’une nuit etc …

On est le jour et la nuit
On est le jour et la nuit
Entre le jouir et le nuire
C’est ce que je lui fais dire

On est le jour, on est la nuit
Mais on est le jour et la nuit
On est le jour, on est la nuit
Mais on est le jour et la nuit

Rivière

Je l’aime et …

Aujourd’hui je me sens comme ce jour où ça paraissait facile. Où je voulais absolument le suivre, faire comme lui. Pour lui, ça n’avait rien été. Alors pourquoi ça aurait dû être quelque chose pour moi ?

Il avait pris son élan et il avait atterri de l’autre côté. Au moment où je m’apprêtais à l’imiter, j’ai entendu quelqu’un derrière moi et cette voix disait de ne pas le faire. Je n’ai pas réfléchi à ça, j’étais déjà lancé. Je n’ai pas pensé à ça, je ne voulais pas. Je voulais le suivre, c’est tout. Et peut-être avoir la possibilité après, comme il l’avait fait lui, si tel était mon souhait, d’arborer ce sourire de vainqueur sur mon visage. Même si finalement, j’aurais sûrement opté pour la fausse modestie.

J’ai bondi. Et mon pied s’est dérobé en touchant la pierre, cette même pierre sur laquelle je l’avais pourtant bien vu y poser le sien. Et je suis tombé dans la rivière.

Un moment qui m’a paru très long, j’ai battu des mains, essayant d’attraper quelque chose et en fin de compte, c’est à cette même pierre, celle qui m’avait en quelque sorte trahie, que je me suis raccroché. Puis on m’a sorti de l’eau.

Oui, ce jour-là, rien, personne n’est mort, ni moi bien sûr, mais pas non plus le sentiment qui m’a assailli alors que j’avançais sur le sentier derrière la classe, mes habits tellement lourds sous un soleil moqueur.

Rêve

Je l’aime et …

C’est un rêve encore qui me réveille.

Je reste longtemps la tête sur l’oreiller, essayant d’ouvrir les yeux en grand, puis, les fermant à nouveau un moment quand je les rouvre et décide de me tourner, de m’allonger sur le dos, je la vois déjà se levant et s’éloignant vers la salle de bains.
Lorsqu’elle en revient, je suis toujours dans la même position, je n’ai pas bougé d’un cil. Mais alors je le fais pour lui sourire.
Je la regarde … le visage … tout d’abord puis je descends … mais descends encore … et encore … jusqu’à ce que le matin … et moi, nous soyons complètement affolés …
Viens, fais-je.
T’aimerais, hein, que je vienne ? fait-elle.
Oui, j’aimerais.

Je ne sais pas si elle vient.

Quelle est cette série ?

Je l’aime et …

Dis-moi, ma chérie, quelle est cette série ?

L’enterrement puis … survient la maladie ?

Si j’étais policier, je pourrais : capturer le criminel, me lancer à sa poursuite et en recevoir l’ordre.

Tu es enceinte, ne l’es plus et le redeviens. Ma chérie, combien d’enfants qui ne naissent jamais avons-nous ?

L’histoire d’amour et, je suppose viendra, le jour où je t’ai connu. Est-ce qu’après la séparation reviendra cet instant-ci ? Où je te demande : Quelle est cette série ? Combien d’épisodes, combien de saisons ?

J’aime la musique mais les chats noirs …

Gardien de nuit. Oui, c’est ça, je garde la nuit. Toutes les fois et elle luit. En fait, je lui tiens compagnie. Je m’imagine un peu la retenir aussi avant qu’il lui vienne l’envie de s’en aller du côté de l’Asie. Oui toujours, le jour surgit et c’est normal, elle m’oublie.
Mon patron, qui est un obscur apôtre, ne connaît rien de mes autres vies ; il croit que ce fut toujours pour moi cette même litanie. Que je zieutais déjà le dessous des armoires et sursautais aux courses de gros rats noirs … mais j’aimais la musique. Et j’aime toujours la musique.

Aiguilleur du ciel. Oui, j’ai aiguillé le ciel, avec des mains en ombrelles, des aimants aux semelles. En fait, je lui tenais compagnie aussi. Mais bien sûr il me prenait pour une fourmi, se foutait carrément de mon avis.
Mes collègues me traitaient en abruti, me faisaient des vacheries, des blagues de toutes sortes, des seaux sur le dessus des portes, jusqu’à ce qu’une fois, ils me fassent croire que Dieu venait là avec son lourd pas noir … mais j’aimais la musique. Et j’aime toujours la musique.

Laboureur de mer. Voilà, j’ai labouré la mer, striant un peu l’immensité, des poissons aux pieds. Elle aussi, je lui tenais compagnie.
Les autres me laissaient à l’écart, me surprenant dans le brouillard, utilisant mes peurs de toutes sortes dans de sales coups pour que je m’emporte, jusqu’à ce qu’ils cassent ma guitare alors que j’étais coincé sur le grand mât noir … mais j’aimais la musique. Et j’aime toujours la musique.

Chasseur de papillons. Mais … vous le sentez déjà : je n’avais pas la vocation pour me monter une collection.
La psychologue, après tous les tests de Rorschach, m’a fait comprendre son embarras. Mes yeux se sont accrochés par hasard dans les fins sillons de ses beaux bas noirs … mais j’aimais la musique. Et j’aime toujours la musique.

Gardien de nuit. Je garde la nuit et toutes les fois, elle me nuit. Mais je continue : je lui tiens compagnie. Et si des fois certains matins, certains soirs, des nuages se ramassent en de gros tas noirs … mais j’aime la musique. Et j’aime toujours la musique.



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