Archives pour juin 2016

Les infidélités du destin

C’est un homme tournant en rond. Habillé tous les jours de la même façon, sa vieille sacoche sous le bras, il attend le bus, ne le prend pas.
Sous ses volutes de fumée, perdu dans ses pensées, peut-être voit-il défiler sur le mur de l’autre côté, les nombreuses infidélités que son destin lui a fait ?

Je ne peux m’empêcher, m’empêcher de penser : Voilà comme nous attendons, tous, qui que nous soyons. Mais le faisons simplement chacun différemment.

Je suis un homme tournant en rond. Comme hier à la fenêtre du salon, je passe mon temps, mets de côté des minutes avant d’aller travailler.

Le bon endroit, le bon moment, j’attends juste leur conjugaison. Que fait cet homme à tourner en rond ? Que fait cet homme à tourner en rond ? Le bon endroit, le bon moment, attend-il enfin leur conjugaison ?

Journée type ( Entre parenthèses )

Une demi-heure que je suis levé, je me décide un deuxième café. A midi je sortirai un truc du frigo, le mangerai en écoutant la radio.
Ma nouvelle ville, ma nouvelle vie, ma nouvelle vie dans la même ville, celle que je poursuis et qui me poursuit.
Quel été pourri nous est promis : pluie glacée au sortir de la bibli, mais de toute façon je m’en cogne, me parfume l’eau de Pologne.
Ma nouvelle ville, ma nouvelle vie, ma nouvelle vie dans la même ville, celle qui m’a produit, que je reproduis.

Entre parenthèses, si j’étais un animal, le passé ne serait qu’expérience. Non cette espèce d’absence ou bien de ville idéale.

Leitmotiv

Rigide
La fascinante blonde
Si grands a ouvert
Sur le monde ses yeux verts
Pour y laisser voir
Son avide
Désir de plaire

La vie est une fantaisie
Voilà tout ce qu’elle dit
La vie est ma fantaisie

Dans les nuages d’eau grise mystérieuse se reflète sa noire silhouette
Pour laisser croire qu’elle est faite pour être éprise

Et cette impression abrupte du mouvement indigo d’un pas de tango
Pourrait laisser croire qu’il est beau de vouloir la lutte

La vie est une fantaisie
Voilà tout ce qu’elle dit
La vie est ma fantaisie

Voilà tout ce qu’elle me dit
Mêmes mots, mélodie et ton
Même motif et même punition

Alors
Par l’escalier désaffecté il est sain de fuir ses décors de cuir
Qui pourraient laisser voir que le plaisir
Naît de coups de fouets et de peau cinglée

Nouvel intermède

Comme il y a eu ce vent qui m’a surprit
Mon échine courbant dans le feutre de la nuit
Comme il y a eu ce relais que j’ai franchi
A dos d’âne mes traits sous un voile de pluie
Comme il y a eu ce lac où j’ai dormi
Dans le fond d’une barque au si léger roulis

Il y a là ce cortège dont je fais partie
En point de mire la neige là-bas sur le Fuji

Car il existe ce Japon
Où en pensée je me réfugie
Quand certains papillons
Ne veulent pas être suivis

Carte postale ( d’un lieu commun )

A la bataille de Stalingrad – Je suis resté en rade – Couché sur le métro – Des guenilles sur le dos -

Me rappelant le petit lascar
Qui montait les boulevards …

Débarqué avec la peau lisse – A la gare d’Austerlitz – Les belles plantes du jardin – Les prés de Saint-Germain – Et la Sorbonne qui s’étonne – De la Rue de Babylone – Et de mon salut mignon – A la statue de Napoléon – Cet hôtel des grimaces – A côté du Champs de Mars – Les yeux sous la Tour – Les gens … comme de la neige autour -

Souvenirs de Paris
Souvenirs de ripailles
De Rivoli
Et du Boulevard Raspail

Les quartiers font les beaux – Les pretty girls et les gigolos – Les « Hello, Monsieur, how do you do ? » – Les « Well, so fine, et vous ? » – Les bars très très chics – Le monte-charge magique – Calvin Klein et sa Rolex – Et les avisés du Grand Rex -

Souvenirs de mes Paris
De mes prises de risque
De l’éléphant de Dali
Et de l’Obélisque

Quartier des Abbesses – Commence les trottoirs – Le Boulevard Barbès – La nuit dans les squares -

Souvenirs d’un petit lascar
Redescendant les boulevards
Se rappelant un pari à la con
Notre-Dame de la Compassion

Langue au chat

Je crois je crois
Qu’elle veut donner sa
Langue au chat
Qu’elle veut donner ça

Lotus lisait un livre d’Hemingway
Dans sa position non numérotée
Si on était sur l’échiquier
C’était la reine en déshabillé

Elle veut donner sa
Langue au chat langue au chat langue au chat
Et moi je crois je crois je crois
Je peux être le chat

Tatiane plantait une fléchette
En plein cœur de la goyave
Enlevait en sautillant ses socquettes
Quand on descendait à la cave

Elle veut donner sa
Langue au chat langue au chat langue au chat
Et moi je crois je crois je crois
Je peux être le chat

Kumi lançait la partie de barbu
Cherchant des esprits décidés
Une équation avec des inconnues
Une solution tordue à trouver

Elle veut donner sa
Langue au chat langue au chat …

Sandrine s’en donne à cœur joie
Et est-ce vraiment moi le roi ?
Et est-ce vraiment moi, le rat,
Qui ai parlé de langue au chat ?

La tête la première

René était nerveux, pas à cause de l’enquiquineur
Qui lui cassait les pieds depuis un bon quart d’heure
Ni des trois mecs du Mossad qu’il voyait à l’entrée
Trois costards cravate et lunettes noires baraqués
Se touchant par instants ostensiblement les oreilles
Faisant bêtement les grues sous le drapeau d’Israël

Non la raison de sa tension, et de son fol espoir
C’était que sa Sophia venait, qu’il allait la revoir
Qu’il ferait bien sûr tout ce qui était en son pouvoir

On était vendredi et bien heureusement pas un treize
Et René se rêva encore en son héros Corto Maltese
Combattant là-bas au Mexique à la recherche de Mû
Pour un trésor pour une cause ou une cité perdue
Ou sur la plus merveilleuse des mers de Chine
Expert pirate en baisers en elles et en îles divines

Le soir,
Alors qu’il rentrait chez lui dans le brouillard
René faillit tomber la tête la première sur le trottoir
Lorsqu’on dit : Partie remise, hein, il reste de l’espoir ?

René avait lu quelque part il y avait quelques mois
Qu’on avait construit un hôtel tout en glace au Canada
Il avait imaginé un couple dormant au second niveau
Et se réveillant le matin leur matelas flottant sur l’eau
Tout ça parce que personne avait eu l’idée cette année
De les prévenir que le printemps était un peu avancé

Et il s’était dit qu’il y avait là matière à une histoire
Avait pensé à l’auteur de ses aventures avec l’espoir
Que celui-ci aurait pu y voir
Un point de départ



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