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Archives pour novembre 2015

Pied-à-terre

Dans mon pied-à-terre
J’ai classé des chimères
Des chevaux
Aux autres j’ai laissé
Leurs idéaux
Dans mon placard
J’ai rangé des espoirs
Des lévriers
Aux autres j’ai laissé
Des velléités
Dans ma prison
Planqué des illusions
Des chimpanzés
Aux autres j’ai laissé
La réalité
Dans ma petite tête
Entassé des fixettes
Des orvets
Aux autres j’ai laissé
Leurs vérités

Là-bas à l’horizon
Il y a tourbillon
Les animaux sont nerveux
Que nous réserve ce Dieu ?

Aucun mur, aucun toit
Quelle maison poussera
A chercher sous ses gravats ?

Sous mon oreiller
Compilé des clichés
Des éperviers
Les instantanés
Qu’on m’a laissé

Le bonheur

Je me suis réveillé
Avec un reste de rêve
Au bord des lèvres
Me suis mis à penser
A ce qui m’arrivait
Quand je t’embrassais

Je me suis réveillé
Avec tes cheveux
Devant les yeux
Je me suis réveillé
Avec ton visage
Comme sur un nuage …
Et alors ton corps
Dans ce décor …

Un reste de lèvres
Au bord de ce rêve
Je me suis réveillé …

Je me suis réveillé
Avec un reste de rêve
Au bord des lèvres
Me suis mis à penser
A ce qui m’arrivait
Quand je t’embrassais

Bohèmes

Fred avait du Floyd plein la tête
Surtout la période avec Syd Barrett
Alex se levait dans l’après-midi
Et il ne vivait que la nuit
Fifi était belle comme le jour
Ça même les jours de pluie
Mais certains étaient lourds
Plus lourds encore que l’ennui

Je nous voyais phalènes
J’écrivais des bohèmes

Le Grand Maître au Palace
Ses histoires dégueulasses
Mathy, ses bouts de chandelle
Des trucs de cœur qui déborde
Et puis Sallem, ses logiciels
Francis et son paperboard
Born in the USA à la radio
Et Baptiste mimant un solo

J’écrivais des bohèmes
Un peu toujours les mêmes

Le sauvage du groupe
Loin des entourloupes
Avec un œil sur Franky
Qui sortait avec Sophie
Elle, amoureuse de lui

Des trucs que sur place je ne voyais pas
Voilà ce que j’apprends encore sur ça

Je nous voyais phalènes
J’écrivais des bohèmes
Qu’il fallait bien inventer
Qu’il fallait bien m’inventer

Vasco

Cela me donne une idée
Cela me donne une idée

M’armer d’un sac à dos
Marcher plus lentement
M’asseoir sur un banc
Et relire du Rimbaud
( Tout en évitant
Les fientes d’oiseaux )
Ou alors
Faire un sort
Aux bords de la Vienne
Ou au dernier Woody Allen

Je ne vais pas travailler
Aujourd’hui c’est décidé
Je ne vais pas travailler
Et je suis bien décidé

Mais tu ouvres à la lumière
Gouttes glissant sur ta peau
Y a beaucoup mieux à faire
Regarde comme il fait beau

Tu me donnes une idée
Si t’allais pas travailler ?
Tu me donnes une idée
Toujours se réconcilier
Toujours se réconcilier

Le chevreuil

Marie-Louise tenait absolument à ce que je vois ce qu’elle avait brodé – elle a insisté pour que je la suive dans sa chambre, que j’y reste un moment seul avec elle.
Touche, touche, elle a dit.
J’ai touché.
Jamais je ne t’oublierai, elle a dit.
Jamais, moi non plus, je lui ai répondu.
A midi, au réfectoire, j’étais assis à côté de François. Plus ça allait, plus il se rapprochait de moi. Tout le monde – je ne me souviens pas d’une exception – m’a demandé d’où je venais. Lorsque je disais le nom de la ville, tout le monde écoutait – peut-être que si j’avais été encore dans l’établissement le lendemain, ils m’auraient posé la même question, en tous cas aucun d’entre eux ne l’a fait durant le reste de la journée.
Une bonne partie de l’après-midi, avec Claire dans le rôle de la jolie surveillante et moi dans celui de l’assistant perdu de service, ils ont fait des jeux.
J’ai joué longtemps au baby-foot avec Thierry. C’est lui qui a gagné le plus de parties.
T’as vraiment de la chance ! disait-il parfois lorsque je marquais un but.
J’ai vraiment de la chance, oui, pensais-je – mais dans ma tête, ça n’avait rien à voir avec le baby-foot.

Un chevreuil a soudain traversé la route que j’ai prise pour rentrer chez moi. Il a bondit dans le champ et en un clin d’œil, atteint la lisière du bois. J’ai regardé, regardé dans cette direction, ralentit jusqu’à quasiment arrêter la voiture, scruté quelques secondes les profondeurs obscures du bois mais je n’ai rien vu, il n’était déjà plus là.

Oh oui, bien sûr, je suis rentré chez moi, et des chevreuils qui traversent des champs et disparaissent dans les bois, j’en ai vu beaucoup d’autres …

Sans interrompre notre marche

Tout à l’heure, sur le parking du supermarché, j’ai vu Benoit Pierrot. Je l’ai aperçu et pas plus de trois secondes après, j’avais son nom.
C’est un mec avec qui j’étais au lycée donc, on peut dire que ça remonte à pas mal d’années maintenant. Pour la petite histoire, je ne crois pas qu’il ait été une seule fois dans la même classe que moi, mais je me rappelle de nombreuses parties de ping-pong contre lui sous le préau.

La dernière fois que je l’avais vu avant ce matin, c’était il y a deux ans environ et sur le parking de ce même supermarché. Cette fois-là, elle était avec moi.
On avait discuté deux ou trois minutes. On avait dû respectivement se dire ce qu’on devenait, quelques banalités en plus, rien d’autre.
Quand nous nous fûmes éloignés, suffisamment pour qu’il ne puisse pas nous entendre, elle m’avait demandé pourquoi je ne l’avais présenté à lui.
C’est vrai, je suis désolé, avais-je répondu, mais je suis incapable de me souvenir de son nom, alors … tu comprends ?
Ah bon, avait-elle fait, puis elle avait éclaté de rire.
Cela m’avait semblé une excellente occasion pour pencher sa tête, sa bouche et ses lèvres vers moi, ma bouche et mes lèvres. On s’était embrassé sans interrompre notre marche.
Je t’aime, lui avais-je dit quelques pas plus loin, Christelle ?
Elle s’était alors écartée de moi, faisant mine de vouloir me donner un coup de poing sur l’épaule, puis finalement avait ri à nouveau, avait accepté à nouveau mon bras autour de son cou.

Duchesse

Elle a joué les salopes, les lolitas
La vamp, les caprices d’une diva
L’épouse modèle et la maîtresse
Une pute, une princesse
Mademoiselle Else

Là elle joue une duchesse
Tenue et fourrure épaisse
Sourire style noblesse

Elle ne sort pas seule du casino
Qui est sensé être à Monte-Carlo
Et ils attendent sous la pluie fine
Qu’arrive enfin leur limousine

Elle joue une duchesse
De pied en cap, une duchesse
Vie nocturne ivresse

Moi, je ne joue pas
Je ne joue plus
Moi, je suis à la rue
Je n’réalise pas

Elle joue une duchesse
Une duchesse
Là elle joue la duchesse

Je me souviens de l’ado délurée
De notre film Face à l’adversité
Et a-t-elle jamais été mieux
Qu’avec ce vent dans ses cheveux ?

Psychopathe

Encore et toujours cette même fille
Si elle n’est pas nue, je la déshabille
Elle me dit qu’elle va partir
Si parfois elle ne le dit pas
Je devine que vient en moi
Je ne saurai pas la retenir
Et le jour qui suit
Je recherche l’oubli
Et le jour qui suit
Je recherche l’oubli
Et il faudrait je me dis
Changer de modus operandi

Et il faudrait je me dis
Encore et toujours cette même fille
Et le jour qui suit
Je recherche l’oubli
Elle me dit qu’elle va partir
Je devine que vient en moi
Si parfois elle ne le dit pas
Je ne saurai pas la retenir
Je recherche l’oubli
Et le jour qui suit
Si elle n’est pas nue, je la déshabille
Changer de modus operandi

La forêt massacre les arbres
Les branches de ces arbres
Et foule les tas de feuilles
Et foule les tas de feuilles

Petit déjeuner Prévert

Pas de Poulain
Pas de Banania
Pas de chocolat

Pas de petits pains grillés
De beurre, de tartines beurrées

Pas d’oranges
De jus d’orange

Pas de pommes, de compote
De cornflakes, de biscottes

Pas de clémentines
De chocolatines
Ou de pains aux raisins

Pas de thé
Bergamote
Ou jasmin

Pas de café
Cappuccino
Macchiato
Non, aucun

Pas de « Humm … c’est chaud ! »
Pas de paroles, pas de mots
Pas de maison, pas de toit
De petit déjeuner avec toi

La vie est faite de tout petits riens
Comme elle avance à grands pas

Saskatchewan

De tous les moments, ce moment …
Voilà, regarde comme elle avance
Invite majestueuse à la décadence
Dans le cendrier, pose sa cigarette
Tenant ses cheveux, ouvre sa barrette
Et détachée, la met entre ses dents …
De tous les moments, ce moment …

We took off at sunset on land to the mountains of Saskatchewan
For Kit, a magical land beyond the reach of the law

De tous les dessins, cette esquisse …
Change la vitesse, dans le mouvement
Effleure-la, serpente doucement
Une main lente sur sa cuisse …

That night, we moved close to the border
In clear cross to the prairie, at the very edge of the horizon

… et sur sa fesse ravissant l’escalier
Tandis qu’elle sourit pour protester
Que dans la serrure, elle met la clé
Le visage dans ses cheveux, « Alice » …
De tous les dessins, cette esquisse …

We could make out the gas fires of the refineries of Missoula
While to the south, we could see the lights of Cheyenne

De tous les poèmes, ce poème …
De tous les poèmes,
De tous les « Je t’aime », ce poème …

( Les passages en anglais sont extraits du film Badlands ( La ballade sauvage ) de Terrence Malick ).

Nous partimes au couchant vers la montagne de Saskatchewan
Kit y voyait un royaume magique au-delà des lois

Cette nuit-là, nous nous sommes approchés de la frontière
Loin sur la prairie, presque à l’horizon
Nous voyions les flammes des raffineries de Missoula
Et au sud, les lumières de Cheyenne



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