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Archives pour juillet 2015

Les casquettes rouges

J’ai une casquette rouge
Une belle casquette rouge

Cet homme au kayak là-bas qui me regarde
Ou ces femmes en maillot qui bavardent
Le bébé et sa petite main sur la rambarde

J’ai une casquette rouge
Une belle casquette rouge

Mr Bernier que je cherche, ne trouve pas
Céline qui montre quelque chose du doigt
Ou bien son amoureux, celui qui parfois
Sait si bien me mettre dans l’embarras

J’ai une casquette rouge
Une belle casquette rouge

Un des garçons de la partie de football
Le grincheux qui ne veut plus être goal
Celui qui a marqué un but à l’instant
Chacune des personnes autour de ce lac
La fille qui vient vers moi maintenant
A qui pourtant n’appartient pas ce sac

J’ai une casquette rouge
Une belle casquette rouge

Et je rejoins mon groupe
Et je rejoins le groupe
Des casquettes rouges

Mais ma casquette rouge
Est-ce une belle casquette rouge ?
On a bien tous la même
Puisqu’on a tous la même …

Cinq pieds de neige

Une éponge simplement humectée d’eau ; j’essaie de frotter mais c’est comme pisser dans un violon.
Le jour est définitivement bien entamé.
Je pose l’éponge. Je fais aller mon regard de droite à gauche, lentement.
Le village de Chatillon dans les hauteurs servira d’arrière-plan. En bas, si proche finalement, la Sédelle s’en ira passer sous la petite route, longer la cour de l’école primaire dont je sais le moindre recoin, se glisser sous la départementale et continuer sa course indifférente, par les près et par les champs, contournant le bourg, s’en allant perpétuelle jusqu’au pont des Petites Chapelles – où déjà aujourd’hui, mes yeux ne peuvent plus la voir – et alors plus loin et beaucoup plus encore.

La pluie

J’ai joué avec le vent
Comme un idiot
Comme un idiot
J’ai joué avec le vent

J’ai cru que je pouvais
Comme quand t’étais nue
Que je jouais avec le soleil

Mais j’aurais pourtant dû
Me douter de son attrait
Ecouter tous les conseils

Je le sais maintenant
Tu es partie avec lui
Que je joue avec la pluie

J’ai joué avec le vent
Comme un idiot
Oh petit oiseau
J’ai joué avec le vent
Mais c’était si tentant

Passé présent

Alice entrelace – Passé présent – Alice entre – Et sort – Lançant sorts – Et querelles
Alice entrelace – Passé présent – Entre – Entre ses dents – Ses dentelles

Alice entremêle – Prose et chant – Alice pose – Reprend – Epines et roses – Et ses ailes
Alice entremêle – Prose et chant – Ose – Tout et petits riens – Couple et refrains

Alice entretient – Cartes et destins – Alice voit – Suggère – Champs, rivières – Pierres et festins
Alice entretient – Cartes et destins – Renvoie – Cliques, claques – Nos entrelacs

Alice entrebâille – Portes, bonheurs – Alice prend – Entre mes flans – Dit entre chats – On se comprend
Alice entrebâille – Portes, bonheurs – Assaisonnant – Etés, moqueurs – Et maison de bois

Alice entrelace – Passé présent – Sur le quai – Un train l’attend – Sur le quai – Sur le quai du temps

Passé présent – Alice les entrelace
Bruits, silence – Causes, conséquences –
Passages, absence – Souvenirs, présence – Alice les entrelace

Passé présent
Passé présent – Alice les entrelace – Indéfiniment

De l’autre côté de la barrière

Hier, ils ont enlevé les deux veaux du troupeau pour les engraisser avec d’autres dans une stabulation.
Je suis aujourd’hui devant la barrière du pré. La vache qui est de l’autre côté, c’est la mère de l’un des veaux. Elle a meuglé hier toute la soirée et elle le fait depuis ce matin.
Elle passait, soufflant, sa tête par la petite ouverture dans le mur pour essayer de voir son petit dans l’étable avant qu’il ne soit poussé dans la bétaillère avec son compagnon d’infortune. Elle y retourne encore ce matin, levant la tête du plus qu’elle peut pour tâcher de voir l’intérieur de l’étable. Puis elle se retire et recommence à longer le fil électrique en meuglant.
Elle est venue s’arrêter devant la barrière parce que j’y suis et elle me regarde. Moi aussi et elle est tellement proche que je peux le faire dans ses yeux. Nous essayons de lire chacun quelque chose dans les yeux de l’autre. Je ne sais pas trop ce que j’essaie d’y distinguer – la douleur ? la perte ? Elle, ce qu’elle cherche à distinguer dans les miens, c’est quelque chose qui ne s’y trouve pas.
Quand ils ramèneneront avec d’autres les deux veaux dans ce pré, si elle reconnaît son petit, elle n’y portera plus le moindre intérêt.

Quentin :

J’y pense encore, c’est pour dire. Moi qui me croyais fort, moi qui croyais que rien ne pouvait me déstabiliser, j’y pense encore. C’est dire si ça m’a marqué. Il y avait un aquarium. Dans cet aquarium, il y avait un énorme bouledogue et ce bouledogue avait la gueule toute en bouillie, toute déchiquetée. A ses pieds dans le fonds de l’aquarium, il y avait plein de limaces, d’insectes, et ça grouillait. Ces limaces et ces insectes bouffaient la gueule du chien et lui aussi, il mettait sa gueule dans le tas et bouffait les insectes et les limaces. C’est à dire qu’il était bouffé par ce qu’il bouffait. Moi, j’étais devant l’aquarium et c’était un cauchemar parce que j’étais là et que je ne pouvais rien faire. J’étais là, je regardais. Je ne pouvais pas intervenir. C’est pour dire. J’y pense encore – ça fait longtemps et j’y pense encore.

Vous pouvez descendre maintenant

Je n’attends pas. J’ai juste le temps de m’asseoir, de poser mes yeux sur une affiche où l’on voit une énorme cigarette au-dessous de l’inscription « Portrait d’un assassin », que la porte s’ouvre.
Bonjour Monsieur, fait la fille qui apparaît. Elle ne dit rien d’autre, ne demande rien de plus, persuadée que je suis la bonne personne.
Je tiens tout de même à préciser : « Je suis Mr Morteau, bonjour ». Ce sont mes premières paroles de la journée.
Oui, fait-elle en s’écartant et me laissant le passage, allez-y, entrez.
J’entre, puis j’attends qu’elle me prie de m’asseoir pour le faire.
C’est une visite de reprise, c’est bien ça ? demande-t-elle en prenant place de l’autre côté du bureau en face de moi.
C’est une nouvelle secrétaire. Cela fait plusieurs années que je viens et c’est la première fois que je la vois. Elle doit avoir dans les vingt-cinq ans. Et elle est magnifique. Ses courbes sont absolument fascinantes. Je me dis que je prendrais bien tout mon temps pour les dessiner ! Mais comme un aveugle, il me faudrait en suivre le contour du bout des doigts !
J’observe le verso – à défaut du sien ! – de la fiche qu’elle vient de se mettre à consulter et ça ne m’apprend rien. Elle y note rapidement quelque chose puis lève les yeux sur moi d’un air interrogateur.
Ah, oui, fais-je me souvenant soudain qu’elle m’a posé une question et que je n’y ai pas répondu, non, j’étais en arrêt pendant plus de quinze jours, alors …
Bien, d’accord, m’interrompt-elle.
Je saisis. Une visite médicale consécutive à un arrêt, c’est effectivement ce qu’on peut appeler une visite de reprise. C’est vrai ! Effectivement ! Cela tombe sous le sens ! Oui, effectivement, dis-je.
Elle a la main sur sa souris, clique plusieurs fois, tape deux ou trois choses. J’imagine qu’elle enregistre sur ma fiche numérique ce qu’elle vient précédemment d’ajouter sur sa version papier.
Et sa tête est relevée. Et elle regarde l’écran. Et l’ordinateur étant sur un bord du bureau, elle m’offre son profil … Et c’est comme ça …
Je me demande comment c’est possible. Je me demande aussi comment j’ai pu ne pas le remarquer tout de suite, en entrant, dès l’instant où j’ai posé les yeux sur elle. Je la regarde. Je la regarde maintenant tellement que je crois que je ne vais pas pouvoir détacher mes yeux de son visage. J’ avale ma salive.

Y a-t-il eu des changements depuis votre dernière visite ? demande-t-elle.
Non.
Ai-je été malade ? Suis-je actuellement sous traitement ? D’autre arrêt hormis celui-ci ? Je réponds « non » à toutes ses questions. Est-ce que je fume ? Je dis que je fume, que je viens de recommencer. Combien de cigarettes par jour ? Quelque part sur la fiche qu’elle a devant les yeux, doit être inscrit le chiffre « quinze ». Je dis « quinze » et elle note ça.
Ses nombreux bracelets tintent sur la table avec les mouvements de sa main. Je regarde ses cheveux, son nez, ses oreilles, je regarde sa bouche, je regarde le fin duvet sur ses avant-bras, je regarde ses mains, ses doigts. Et très vite, je ne peux plus le supporter. Je ne peux plus supporter de la regarder. Alors je tourne la tête vers la rangée de tiroirs sur ma gauche sous la fenêtre et lit quelques étiquettes.
Vous voulez bien maintenant regarder dans l’appareil ? dit-elle en indiquant celui devant moi.
Oui, dis-je. Je déplace légèrement ma chaise.

Je lis toutes les lignes du bas, je lis toutes les lettres.
C’est parfait, s’exclame-t-elle, avec un enthousiasme tout professionnel, vous avez une vue excellente !
Elle lève cette fois les yeux dans ma direction. Souhaitez-vous une analyse d’urine ? fait-elle sans transition.
Non, je fais tout de suite.
Elle note quelque chose sur ma fiche papier puis tape quelque chose sur l’ordinateur. Et ses bracelets tintent encore.
Vous travaillez dans le bruit ? demande-t-elle.
Je suis surpris par sa question. Je mets un moment pour répondre : « C’est vrai, ça m’arrive parfois. »
Vous allez prendre le casque … commence-t-elle.
Mais la plupart du temps, ce n’est pas le cas.
Vous allez prendre le casque qui se trouve devant vous et le mettre, s’il vous plait, continue-t-elle, ignorant ma remarque, au bout d’un instant vous allez entendre une série de sons, à chaque son, vous appuierez sur l’interrupteur qui se trouve sur le fil.
D’accord, je fais, docilement.
Je prends le casque et le place sur mes oreilles. Je repère l’interrupteur, le cale dans ma paume, mon pouce dessus prêt à appuyer.
Le premier son ne vient pas, je plisse les lèvres et j’attends encore. Finalement, je dis quelque chose et je dois le dire plus fort que je ne l’aurais souhaité. Alors qu’elle était retournée à l’écran de son ordinateur, la secrétaire repose les yeux sur moi. Elle se met à sourire, mais choisit de ne rien dire.
C’est sans aucun doute cet instant-là qui est le plus insupportable. J’ai une nausée qui vient du fond de moi, qui finit en une aigreur dans la bouche. Je me dis que si ce premier son n’arrive pas tout de suite, je vais arracher ce foutu casque, me lever et partir sur le champ. Mais bien sûr, le voilà, aigu, infime … Je soupire, baisse la tête, appuie finalement sur l’interrupteur. Ce premier son est aussitôt remplacé par un second, différent …
Très bien, fait la secrétaire à la fin du test, un mince sourire traînant encore sur ses lèvres.
Je retire le casque de mes oreilles et le repose sur le bureau.
Je suis désolée, j’ai oublié de vous faire faire quelque chose, fait-elle, prenant un petit air contrit et me désignant de nouveau de sa main ouverte l’appareil de vue. Sur la ligne du bas, une lettre est différente, pouvez-vous dire laquelle est-ce ?
On dirait des préparations pour microscope. Ce sont en fait de grandes lettres de différentes couleurs en filigrane sur un fond moucheté de différentes couleurs. Le c, je fais, au bout de quelques secondes.
Elle ne dit rien mais après un claquement dans l’appareil, d’autres préparations apparaissent, d’autres lettres apparaissent en filigrane.
Le a, je fais.

Torse nu dans le bureau contigu, perché, assis sur le lit médical, on me prend la tension et on m’annonce le résultat. Quand on me demande ce qui se passe, je secoue la tête sans rien dire. Quand on me demande comment je vais en ce moment, je grimace et dis que c’est comme d’habitude. Quand on le cherche, je baisse le regard. Quand on me dit que je ne parais pas trop en forme, je ne réponds rien.
La nausée revient. Elle est d’une telle intensité que je tressaille. Je parviens tout de même à la contenir, peut-être en fermant les yeux un court instant.
Bon, sourit-on, vous pouvez descendre maintenant.
J’obéis, posant le pied sur le petit escabeau.

Je suis le long couloir. Dévale l’escalier. Le plus rapidement possible, il me faut retrouver l’air extérieur. Un long moment, je reste immobile sur le trottoir. J’ai en moi beaucoup de choses paradoxales. Je ne sais pas.
Je sors mon paquet de cigarettes et m’en allume une.

Tu vas t’installer là-bas ? avais-je demandé.
Oui, le plus tôt possible.
Elle avait planté sa cuillère sur la table et la faisait tourner en la regardant. Une pensée l’avait soudain fait sourire.
Seulement trois jours, ça n’a pas mis longtemps, avait-elle dit.
Ah … avait été ma seule réponse.
Je me souvenais parfaitement combien, quelques huit ans plus tôt, moi, j’avais mis de jours avant de sortir avec elle.

179-186

Dans un bar à côté de l’église, j’avais la tête près des poissons rouges.
L’une des raisons pour laquelle je n’ai pas saisi immédiatement est peut-être que cette situation était hautement improbable. Après coup, je me suis dit qu’une faille avait dû s’ouvrir dans l’espace-temps, quelque chose de ce goût-là. Finalement, peu importe.
Je me suis assis à une table près du mur et j’ai commandé un demi. Je venais de la place ensoleillée et j’avais pénétré dans une salle très sombre. C’est au moment où l’écart entre les deux diminua que je découvris peu à peu la pièce dans laquelle je me trouvais. Donc, c’est là que c’est arrivé …
… C’est à ce moment-là que je me suis vu.
J’étais assis là-bas à l’autre bout. Et j’avais soixante ans et une main tremblante et elle essayait d’approcher de mes lèvres un verre de vin. J’avais aussi une veste sale, des lunettes. Il y avait de la petite monnaie éparpillée sur la table devant moi.
Il était dans les trois heures de l’après-midi d’un jour de juin.
Dans un coin de la salle, sur l’écran de télévision, des personnages se déplaçaient dans des pièces et se parlaient sans qu’aucun son ne sorte de leurs bouches. S’ils participaient d’une histoire, c’était presque impossible de la saisir.
Difficilement, je réussis à avaler ma salive afin de pouvoir demander l’heure et commander la même chose.
Si j’avais su comment m’aborder, je me serais demandé ce que je faisais là. Oui, pourquoi cet acharnement à rester dans le même coin ? Est-ce que je tenais absolument à mourir dans la ville qui m’avait vu naître ?
Le verre que l’on me servit était trop rempli et avec une infinie lenteur – qui me fit hausser les épaules – je mis le menton sur la table pour en aspirer la première gorgée.
Pourquoi tous ces gestes ridicules ? Pourquoi ce paquet de tabac sur la table ? N’as-tu pas prévu d’arrêter de fumer ? me suis-je dit.
Sans doute à la faveur de quelque nuage, l’éclairage de la salle a changé, et, considérant qu’il me restait une bonne poignée d’années pour revenir, je suis parti … en laissant la moitié de ma bière sur la table … ce que je ne fais jamais.

Le tiroir

La grosse dame blonde arrêta les pensées de Thomas qui vagabondaient sur les étiquettes de bouteilles de sirop. C’était un dimanche. Chez Paul. Elle commanda une 16 et engagea aussitôt la conversation avec Paul et les deux filles qui s’ankylosaient à l’autre bout du comptoir et petit à petit, l’effet de surprise de son entrée s’estompa quelque part sur le percolateur où Thomas posa les yeux …
… Pas question de leur tirer un bonbon ! Pour être radins, ça ils l’étaient ! Un jour, Georgette avait même couru derrière la voiture du père de Thomas pour lui réclamer vingt centimes !
La grosse dame se retourna précipitamment et Thomas suivit son regard. Un vieil homme entra en titubant. Lorsqu’il parvînt enfin jusqu’à eux, elle lui présenta Thomas comme étant son neveu. Le vieux parut très étonné. Il regarda tout le monde, mais personne ne broncha …
… Leur caisse était toujours fermée à clé et ils mettaient la clé dans un tiroir lui-même fermé. Thomas, les genoux sur un tabouret, se régalait de les voir effectuer les manœuvres entre la caisse et le tiroir.
Prends bien soin d’elle, fit le vieux à Thomas en désignant la grosse dame.
D’accord, lui répondit Thomas.
Puis le vieux s’éloigna et sa démarche fit sourire toute la gente féminine …
… Rapidement, la tactique de sa mère n’avait plus fonctionnée. Son père avait compris l’astuce sans doute. Il ne revenait pas plus vite que son fils soit avec lui ou qu’il n’y soit pas.
Paul alla servir des cigarettes. C’est ce moment que Thomas choisit pour s’en aller …
… Quand ils s’adressaient à lui, ils prenaient souvent le prénom de son père et le faisait précéder de « le p’tit ». A l’époque, ça l’énervait. Aujourd’hui, ce souvenir lui tira un sourire.

La borne 62

Le chien kiffe grave la borne 62
Notre train de vie part à 9h32

Un diable à la sacrée dégaine
Sur le parking à côté de l’Eden
Le chat noir joue avec des cubes
Et j’ai sur ma boîte un stop-pub
L’émission c’est : Dans la peau de
Aujourd’hui : Un homme heureux

Je n’attends pas d’aide du ciel
Arrose mes fleurs artificielles
Le comité des fêtes organise
Le grand concours de la surprise
La permanente s’arrache les cheveux
Par moments il faut mentir un peu

Le chien kiffe grave la borne 62
Notre train de vie part à 9h32

Le matin au Sunset Carwash
Je lave ma voiture à la hache
Certaines ont des yeux de panda
Mais feraient pleurer un Bouddha
Je me couvre d’un matin frileux
Pour aller à la clinique Chénieux

Je le sens dans mes entrailles
Pas de renouvellement du bail
La princesse a pas mal de frais
Fait comme si de rien n’était
Et je suis bien calé au milieu
Seul dans un grand lit de feu

Le chien kiffe grave la borne 62
Notre train de vie part à 9h32

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