Sentier

En fin de compte, ça me revient.
La voiture qui était devant moi tout à l’heure a freiné brutalement pour s’engager sur un sentier de terre sur la gauche. Ce sentier-là, je l’ai pris moi aussi. Une fois – une seule. Il y a longtemps. Avec mon père.
Une petite trentaine de mètres et le sentier bifurque sur la droite, une autre cinquantaine et il s’élargit en une cour de graviers. On est alors devant la maison.

Je ne me souviens pas exactement quel âge j’avais, en quelle classe j’allais passer. Mais le gosse de la maison qui devait, selon toute logique, avoir un à deux ans de plus que moi, en paraissait beaucoup plus. C’est une des seules deux choses que je me rappelle à propos de ça.
Il nous vendait les livres de cours dont il n’avait plus l’utilité, et la deuxième chose, c’est que lorsqu’il me les a mis dans les bras, sous le magnifique soleil de juillet, dans sa cour de graviers, devant sa grande maison, sans nous avoir proposé de nous faire entrer, que mon père lui a donné l’argent qu’il en demandait, j’ai pensé qu’il n’en avait pas vraiment besoin.

2 commentaires à “Sentier”


  1. 0 Célestine 25 juin 2015 à 21 h 05 min

    Les souvenirs d’enfance ont souvent ce goût doux-amer. Et on le ressent bien à travers ton texte.
    ¸¸.•*¨*• ☆

    Répondre

  2. 1 villaseurat 26 juin 2015 à 8 h 16 min

    Merci de ton commentaire. C est vrai. Et c’est toujours étrange de voir le chemin que prennent certaines choses de l enfance pour revenir. Je me demande toujours pourquoi elles se sont éloignées

    Répondre

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