L’oiseau tant de fois doit se moquer de mes pas

L’oiseau tant de fois
Doit se moquer de mes pas
Triste parodie

Tel est l’horizon et je n’ai plus de maison, ce cueilleur écrit

L’oiseau
Tant de fois
Doit se moquer
De mes pas

La nuit de nouveau
Cet haïku de Basho
Je n’ai pas compris

L’oiseau tant de fois doit se moquer de mes pas

Doppelgänger

Les paupières
La bénédiction inattendue, La mer

Jeune fille à l’ouvrage
Kafka sur le rivage

Un réfectoire un soir et une piscine sous la pluie

Les tendres plaintes, Saules aveugles, femme endormie
Le musée du silence
La petite pièce hexagonale, Le passage de la nuit
Danse, danse, danse

( Titres de livres de Yoko Ogawa et Haruki Murakami )

La bonne méthode

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Y a-t-il l’équivalent en japonais ?

Cette nostalgie
Me signifie
Que mon pays
Me punit
Il me faut le fado
L’assouf, la saudade
Pour le chanter
Ce sentiment
Pour le chanter
Pour le chanter
Ou le blues ma rivière
Familière
Pas ce barouf, cette brandade
Cette soupe maso
Pour le couler
Mon sentiment
Pour le chanter
Pour le chanter
Foule qui comme une eau s’écoule
Kakemono qu’on déroule
Pour la chanter
Pour le chanter
Mon sentiment
Pour le chanter
Pour le chanter

Mise à pied à titre conservatoire

C’était un sacré pied qu’elle me rejoigne devant le magasin à l’heure de la pause.
Elle et moi, c’était loin d’être une évidence. Plutôt le contraire : une anomalie. Il y a de nombreux cas, je n’arrête pas d’en voir, qui sont des évidences. Deux personnes qui semblent faites l’une pour l’autre. Qui, quand on les observe, on ne peut s’empêcher de se dire qu’ils sont ensemble parce que ça ne peut pas être autrement.
Mais elle et moi – non, ce n’était pas ça. Alors, qu’est-ce que c’était ? Une rencontre due au hasard, dans une fête à laquelle nous avions participés tous les deux. Des amis d’amis, ce genre-là et peu importe en fait. On était ensemble depuis quelques mois et tout marchait bien et j’étais très fier d’elle et d’être son compagnon, celui qui la faisait rire, tellement qu’elle appuyait parfois sa tête sur mon épaule, tellement que mes collègues là-bas sur le banc se retournaient souvent et nous jetaient des regards où moi, je ne voyais que l’envie.
Leur rencontre eut lieu à la faveur d’un bête changement d’horaires. Elle ne me trouva pas et alla donc se renseigner auprès du groupe de mes collègues sur le banc dans lequel se trouvait Martin. Et mon Dieu, ça ne mit pas longtemps. Je fus d’abord largué rapidement – pas par sms, mais en un geste, un battement de cils peut-être – et chacun rentra chez soi. Nous n’habitions pas ensemble, alors ce fut simple. Ce fut terrible comme ce fut simple. Et puis, je les découvris peu de temps après un jour que j’étais en vacances et venais acheter quelque chose. Ils étaient à l’endroit exact où elle et moi étions quand elle venait pendant mes pauses. Elle lui souriait et rapidement elle passa ses bras autour de la taille de Martin et l’embrassa. Pourquoi une partie de moi n’était pas surprise ? Je pensais avec dégoût qu’avec lui elle venait d’un coup de changer de catégorie, passant dans celle des couples évidents.
Lorsque je revins travailler, je modifiais immédiatement deux choses : je pris désormais toutes mes pauses dans la salle à l’étage, m’asseyant dans un coin du canapé et je ne parlais plus que rarement à mes collègues et bien entendu plus du tout à Martin et à ceux qui avaient l’habitude d’aller sur le banc.

Il y a quelques jours, Martin a été mis à pied à titre conservatoire. En fin de matinée, il a été convoqué dans le bureau du directeur et ça s’est mal passé, il s’est énervé. Martin, je l’avais déjà remarqué, est quelqu’un de très nerveux et je crois que toutes les boissons énergisantes qu’il enfile n’arrangent rien. Après son entrevue avec le directeur, il n’est pas redescendu travailler, il est rentré chez lui tout de suite. Mise à pied à titre conservatoire, on sait tous ce que ça veut dire. Aujourd’hui, il n’est toujours pas revenu, et il ne reviendra pas. Ses collègues peuvent toujours essayer de le défendre, ça ne changera rien, ça s’est mal passé dans le bureau du directeur, il s’est énervé.
Avec moi, les choses se tasseront d’elles-mêmes. Je fais bien mon travail, c’est tout ce qui compte et on oublie vite les gens de toute façon.
Ce matin-là, ils ont visionné la vidéo. Tout ce qu’ils ont pu voir, c’est Martin qui devient menaçant à mon encontre et jette dans ma direction un portable qui rebondit sur mon torse puis tombe par terre. Moi qui le ramasse et m’en vais. Calmement.

Cerisier

Mon ara n’arrête pas, mon ara
Le voilà celui qui me trahira
Tout en répétant ce que je lui dois
Voulu jouer dans la cour des grands
Voulu jouer dans la cour des grands
Et cet écho qui ne décolère pas
Je ne suis peut-être pas le chaud
Je ne suis peut-être pas le chaud
Mais je sais que c’est lui le froid
Je ne suis peut-être pas la foi
Je ne suis peut-être pas la foi
Mais je sais que c’est lui le faux
Un qui sort de prison
Y retournera de toute façon
Un qui a changé pour de bon
Mais hostile à ce compagnon
Suis-je vraiment le bon ?
Je ne suis peut-être pas le chaud
Je ne suis peut-être pas le chaud
Mais je sais que c’est lui le froid
Je ne suis peut-être pas la foi
Je ne suis peut-être pas la foi
Mais je sais que c’est lui le faux
Étrange espace comme tout s’agence
Étrange espèce comme toute engeance
Étrange espoir contre toute tendance
Et puis se démantèle en silence
Je ne suis peut-être pas le chaud
Je ne suis peut-être pas le chaud
Mais je sais que c’est lui le froid
Je ne suis peut-être pas la foi
Je ne suis peut-être pas la foi
Mais je sais que c’est lui le faux
Cerisiers, cerisiers, cerisiers
Giboulées, giboulées, giboulées
Giboulées de pétales de cerisiers

Oh Aïko

Makis, sushis, sashimis
Dites-moi ce que je suis ici ?
Dites-moi ce que je suis ici ?
Makis, sushis, sashimis
Dites-moi ce que je fais ici ?
Dites-moi ce que je fais ici ?
Je dérive parmi les rangs
De cadavres de flétans
De poissons sur le flan
Et je me dis innocent
Je reste encore pour que ça me revienne
Je reste encore pour que ça me revienne
Un thon rouge à la scie
Et ça me laisse interdit
Qu’est-ce que ça pue ici !
Mais ça pue ailleurs aussi …
Je reste encore pour que ça me revienne
Je reste encore pour que ça me revienne
Je reste encore pour que ça me revienne
Que tout me revienne
Oh Aïko
Haïku, koto, odaïko
Dites-moi ce que je fais ici ?
Haïku, koto, odaïko
Dites-moi ce que je suis ici ?
Oh Aïko
Dis-moi ce que je suis ici ?
Oh Aïko

Saint Supplice

Oh saint Supplice
Oh saint Supplice
Si tu y succombes, gare à toi
Si tu succombes, gare à toi
Gare à toi
Il y a quelqu’un non loin là-bas
Qui m’a mis en joie
M’a mis en joug
En joue
Oh saint Supplice
Oh saint Supplice
Mon chapelet je l’égrène
Où j’ai planté ces graines
Sous un ciel de traîne
Il y a quelqu’un non loin là-bas
Si tu y succombes, gare à toi
Si tu succombes, gare à toi
Gare à toi
Elle, c’est la princesse
La princesse de toutes les promesses
Elle, c’est la princesse
La princesse de toutes mes paresses
Allez laisse derrière
Allez laisse derrière
Derrière tous tes démons
Derrière tous tes démons
A l’Aire des Monts
Allez laisse derrière
Allez laisse derrière
Va voir ailleurs si tu y es
Voir ailleurs si tu y es
Iié … ha ha … iié
Maintenant tout est fini
Maintenant c’est du passé
Du passé
Maintenant tout est fini
S’est peut-être rien passé
Rien passé
Si cette pluie cesse
Si le vent t’invite
Quitte vite ce Rashomon
Quitte vite ton Rashomon
Quitte-le vite
Elle, c’est la princesse
La princesse de toutes les caresses
Elle, c’est la princesse
La princesse de toutes mes bassesses
Oh saint Supplice, gare à toi

Pacifique promenade

Pacifique promenade
Pacifique promenade
Tu me trouverais ridicule comme ça
Mais qui ou quoi
Que tu sois
Accueille-moi
Mon point de chute trouvé
Je me suis laissé tomber
Ça donne envie de hurler
Qui ou quoi
Que tu sois
Accueille-moi
Accueille-moi
Bach dans le brouillard
Et les lumières des phares
C’est mon cadeau ? – Arigato
Prélude à quel ostinato ?
Tableau de quel Utamaro ?
Ma faillite dans la Tokyo heat
M’entraîne, m’emmène, me traîne, me traîne
Ni lune ni horizon ni loi
Je te vois parmi les ombres
Dans nombre de silhouettes
Je te vois parmi le nombre
Dans des chambres imparfaites
Il faudrait que le sommeil vienne
Pour une nuit d’amour ou de haine
Alors je marche, je marche, je marche
Il faudrait pour cela pour cela
Que le sommeil vienne que le soleil
Que le soleil vienne que le sommeil
Alors je marche, je marche, je marche
Je marche mais ne fonctionne pas

Murakami’s melody

Et on frappe – c’est Aïko
Elle fait le geste et me sourit
C’est elle et puis en même temps
Sa chanson, je connais cette mélodie
Je ne suis pas fou pourtant
Je ne suis pas fou surtout
Je ne suis pas fou
Oh comme c’est soudainement
Que je suis parti au Japon
C’était un soir en rentrant
J’étais déjà dans les rues de Tokyo
Je ne suis pas fou pourtant
Je ne suis pas fou surtout
Je ne suis pas fou
Je ne reviendrai pas de sitôt
Je ne reviendrai pas de sitôt

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