Derrière son ombre

7 août, 2016

( Point de départ et toiles de fond, la série de tableaux de Claude Monet : Londres, le Parlement )

Comme … comme … comme …
Le souverain âgé semble rire jaune des rhizomes de souvenirs mal digérés, sa souveraine mettant de côté sa colère éblouit sous elle son Lahire qui soupire …
En retour
Londres
Sombre
Derrière son ombre
Miss Moneypenny toise la Mère Matilda tandis que son Bond croise le fer au Sri Lanka. La belle Harriet, la sentinelle s’entête à vouloir tout contrôler …
Du haut de la tour
Londres
Sombre
Derrière son ombre
Sous le nuage bleu défile Philéas Fogg, maître des lieues et sortant ses devises, le monde se tamise et son chapeau fou invite à prendre le thé …
Pour son retour
Londres
Sombre
Derrière son ombre
Alice est là aussi, pourquoi, que fait-elle ici ? Elle s’éclaircit la voie et dit : « Bois vite le calice et cela jusqu’à la lie ! C’est bientôt l’heure pour le vampire d’aller dormir !
Son tour »
Londres
Sombre
Derrière son ombre

Oh ! …

C’est imprécis cette impression que rien ne bouge, Londres a comme sombré derrière son ombre …

ROUGE

Votre Majestéééé … votre Majesssstéééé … c’est le matinnnnn … il faut vous leveeeeer … Réveillez-vous, c’était un rêve, la nuit a disparu. Même pourriez-vous vraiment me dire s’il y en a eu ? C’est une certitude, vous avez l’habitude et je sais bien que tout vous désole, que rien ne vous console et que toujours vous chantez :

Comme une cathédrale
Paresseusement
On se verticalise
Et le jour banal
Tout le temps
Vraiment démoralise

Mais voyons votre Majesté, on ne peut toujours vivre caché …

Oh ! Voyez !
Voyez donc la Majesté !
Elle n’a plus son chapeau
Celui qui lui celui qui lui celui qui lui celui qui lui celui qui lui celui qui lui
A volé est un salaud !

Chansons des Pirates

1 août, 2016

On ne prend que ce qui est à nous
Et tout est à nous
Car personne jamais
Rien ne nous donne
Alice assise juste derrière moi masse si bien les omoplates
Mathy sur l’oreille de Sarah remet encore la mèche renégate
Baptiste cherche un refrain à …
Ce qu’il veut être une chanson de pirates :
On ne prend que ce qui est à nous
Et tout est à nous
Car rien jamais
N’est à personne

On ne prend que ce qui est à nous
Et tout est à nous
Car personne jamais
Rien ne nous donne
Max pour la faire rêver invente à Marianne des récits de régates
Hélène, Franny pensent-elles aux bras de capitaines de frégates ?
Baptiste cherche un refrain à …
Ce qu’il sait être une chanson de pirates :
Car personne jamais rien ne donne
Pas même la raison
De la maudite chanson
Que je me fredonne …

Avant que la colère de Dieu ne s’abatte
Peut-être irons-nous jusque là-bas
Ciel et mer se font ensemble écarlates ?
Peut-être sommes-nous d’un autre bois …

Ne rien écrire sur la partie barrée

19 juillet, 2016

Eva, son ancienne lolita, comme en un ralenti de cinéma, avait monté les marches du rectorat, tirant comme un Médor son nouveau toréador, venu du fond du Périgord. Arrivé avant Eva, Sammy avait fait ses petits tas de cendres, afin de mieux attendre l’appel du commissaire de la police de cet enfer.
Est-ce Camille ? demanda Sammy.
Carrément, et comment va euh … ?
E… va bien, merci.
Dans la salle des combats, Sammy pouvait voir le cou d’Eva. Il imagina des escargots se déplaçant le long de son dos, leur lente descente et les longues traînées brillantes dont ils maculaient la peau d’Eva.
Suivant le cours de sa pensée, Sammy se fit soudain Sam, le Grand Sam, et de son feutre écrivit au brouillon la trame d’une histoire de bandits, où lui en privé s’offrait l’occasion de maculer le corps d’Eva de ses baisers.
Mais parfois la vie est ainsi, faite de dérisoires facéties, certaines images s’effacent et cela si vite.
En la circonstance, lorsqu’ils sortirent de ce concours d’entrée, une pluie scélérate faisant des coulées sur les trottoirs accéléra grandement leurs au revoir.
Sammy, ombre trempée du Grand Sam, rentra chez lui d’un pas pressé.
Il mit sa clé dans sa serrure au moment même où la porte s’ouvrit sur un sourire. Il entra et secoua la tête sur la trame de son histoire de bandits.

Péché mignon

18 juillet, 2016

Je suis seul à la maison
Je regarde par la fenêtre
Mieux vaut ça que d’être
L’eau passe sous le pont

Je suis seul à la maison
Je mange sans avoir faim
Du fromage avec du pain
Voilà mon péché mignon

Je suis seul à la maison
Ça me fait doucement rire
Je ne trouve rien à redire
A l’état de notre horizon

Ça me fait doucement rire
Je suis seul à la maison
Voilà mon péché mignon
Je ne trouve rien à redire

L’ours

17 juillet, 2016

Que vois-je ? Mais c’est ma polaire
Qui s’est pendue à la patère ?
Est-ce à cause d’aiguilles ennemies
Ou de la constellation des tapis ?

Dis, Hello Kitty, que regardes-tu ?
La photo d’une plage d’Honolulu ?
Gardiens ? les deux anges de pierre ?
De quels secrets cachés derrière ?

Et pour qui, dans le vaisselier,
Toute cette armée en rangs serrés ?
Le shi-tzu dort-il dans sa panière,
Moi, comme lui, dans cette tanière ?

Le hasard

13 juillet, 2016

Avec la musique que j’aime je suis enfin parti
Sur ce semblant de bohème réglé mon esprit

Sur cette mer du hasard
J’irai croiser aux Hébrides
Au zèbre lâcher la bride
Dans les terres d’espoir

Ce que je possédais est désormais dans la futaie
Au pied d’un peuplier mon identité je l’ai déposée

Dans les terres d’espoir
Au zèbre lâcher la bride
Je vais croiser aux Hébrides
Sur cette mer du hasard

Avec ce semblant de bohème réglé mon esprit
Sur la musique que j’aime je suis enfin parti

Le diable l’emporte

11 juillet, 2016

Tu dis que tu vois de la haine dans mes yeux
Si c’est par là que tu commences à chercher
Tu dis que tu vois de la haine dans mes yeux
Ce n’est pas là que je l’ai caché en premier

Si
Je suis
Le chien derrière la porte
Un Dieu, le diable l’emporte

Tu dis et le répètes que j’ai un cœur de pierre
Mon cœur je ne sais pas de quoi il est fait
Tu dis et le répètes que j’ai un cœur de pierre
Même si je sais : il n’est plus aussi léger

Si
Je suis
Le chien derrière la porte
Un Dieu, le diable l’emporte

Harcèlement

9 juillet, 2016

1

Remarque, elle est bien foutue, fit Marc en soufflant la fumée de sa cigarette.
Il regarda Jean-Michel qui était toujours assis derrière le bureau. Et aussitôt, il regretta ce qu’il venait de dire. C’était la deuxième fois en quelques minutes qu’il laissait entendre que tout ce qui arrivait à la fille venait de ce qu’elle avait un physique agréable. Malheureusement, il avait dit ce qu’il avait dit et son collègue avait bien entendu.
Qui ça ?
Elle.
Elle ? La fille, là ?
Hunhun, oui.
Jean-Michel fit sa petite moue habituelle.
Si vraiment il fallait avoir une conversation, alors pourquoi pas celle-là ? pensa Marc. Quoi ? Tu la trouves pas bien foutue ?
Non, c’est vrai qu’elle est pas mal, mais je sais pas, dit Jean-Michel.
C’est pas vrai ça. T’es vraiment difficile, toi !
Cette fois, Jean-Michel proposa à Marc son petit rire forcé, la copie conforme de celui qu’il réservait aux visiteurs quand ceux-ci s’essayaient à faire de l’humour.
Le téléphone se mit à sonner. « Ah, ça faisait longtemps », fit Jean-Michel après avoir fini de bailler. Il regarda l’appareil pendant que celui-ci sonnait deux fois, prit le tas de feuilles devant lui, les tassa en les tapant sur le bureau et les posa un peu plus loin sur sa droite. Il décrocha après deux nouvelles sonneries.
Marc tira une dernière bouffée de sa cigarette et la jeta sur le sable dans la vasque, puis il fit le tour et rentra. Il alla tout de suite dans leur minuscule cuisine. Il retira sa parka et l’accrocha à la patère contre celle de son collègue. Il l’entendait expliquer à son interlocuteur qu’il n’y avait plus personne, qu’il ne pourrait joindre aucun employé dans aucun service à cette heure-ci.
Quand Marc ressortit de la cuisine, Jean-Michel répétait ce qu’il venait de dire avant de raccrocher : « Rappelez demain matin. »
Marc fit coulisser la fenêtre pour la fermer. Il jeta un vague regard sur la vasque ; le mégot de sa cigarette pas complètement éteint produisait quelques dernières volutes. Finalement, il choisit de retourner appuyer l’arrière de ses cuisses contre le radiateur brûlant.
Alors comme ça tu la trouves bien, toi ? continua Jean-Michel.
Si vraiment il fallait avoir une conversation … pensa encore Marc. Ouais, mais t’as pas intérêt à lui répéter, sinon gare à toi. Il marqua une pause. Toi, je sais pas ce qu’il te faut !
Je euh … je la trouve pas bien féminine, de visage tu vois. Jean-Michel mit ses mains le long de ses joues et les fit redescendre.
Merde.
Comme ça, elle te plait ! Jean-Michel ricana, puis secoua la tête.
Ouais. Mais bon, j’vais te dire, moi on s’en fout, l’important c’est toi. Toute la journée, je suis là, je te dis : « Regarde celle-là, t’as vu ? » et toi : « Ouais, bof » et « t’as vu celle-là ? » et toi : « Ouais, bof » et elle, elle arrive, et toi : « Ouais, bof. » Je vais pas y arriver avec toi, c’est tout !
Jean-Michel avait cette fois un large sourire, pas du tout forcé celui-ci. Il ne le garda cependant pas longtemps, il devînt soudain pensif et se mit à regarder quelque chose sur le bureau.
Non, mais y en a qui sont bien foutues, des filles, dit-il.
Ben oui.
Je veux dire ici, il y en a qui sont bien foutues.
Ouais ?
Jean-Michel avait toujours le regard baissé. Marc posa une nouvelle fois les yeux sur l’endroit que son collègue semblait regarder, sans rien y voir de plus que ce qu’il connaissait par cœur.
Mais elles sont trop jeunes, lâcha finalement Jean-Michel après un silence assez long.
Eh ouais, qu’est-ce que tu veux, t’es trop vieux !
Quelques secondes passèrent, pendant lesquelles Marc regretta d’avoir dit ça, et – puisqu’il l’avait dit – vérifia qu’il n’avait pas vexé Jean-Michel.
Remarque, fit celui-ci, la fille, là, elle doit être très douce. Ouais, je sens ça. J’aime bien les filles douces. A mon avis, elle doit être très douce.

2

Y a un mec qui arrête pas de la faire chier, fit Jean-Michel.
Il s’était rapproché de Marc pour lui dire ça, et il regardait le parking par la fenêtre.
Ah ouais ?
Regarde, c’est ça, il lui a défoncé toute sa voiture à coups de pied.
Marc essaya de regarder plus en détail ce qu’il avait déjà observé quand la 205 blanche s’était garée tout à l’heure à côté de la sienne : les portes latérales et la porte du coffre enfoncées en deux ou trois endroits chacune.
Et puis il arrête pas non plus de lui téléphoner sans arrêt.
Oui, c’est ce que j’ai compris.
C’est un mec dérangé, c’est tout. C’est pour ça que je lui ai dit qu’il faudrait qu’elle trouve quelqu’un pour lui faire comprendre. Regarde, continua-t-il en se déplaçant légèrement, il lui a tout enfoncé la carrosserie de sa bagnole, tous les deux côtés, t’as peut-être pas fait gaffe tout à l’heure quand elle est arrivée mais tous les deux côtés sont enfoncés. Il lui a pété toutes les vitres aussi.
Putain.
Et c’est pas tout, il lui a cassé toutes les commandes du tableau de bord, elle pouvait plus rouler. Il a fallu qu’elle fasse réparer tout, les vitres et le tableau de bord pour qu’elle puisse rouler. Mais comme y a des témoins qui l’ont vu faire et qu’elle a porté plainte, c’est lui qui va payer.
Marc hocha la tête, réfléchit quelques secondes. Mais euh … c’est un type avec qui elle est sortie ?
Non, c’est un type qui la drague !
Quoi ?!
Ouais. Non, elle est pas sortie avec lui. Non, ce mec-là, il a dix-huit ans je crois et il la drague. Je vais te dire, elle m’a raconté tout ça l’autre jour.
Jean-Michel fit quelques pas. Il hocha la tête et désigna la porte qui donnait sur ce qu’on pouvait considérer comme une salle d’attente.
On est bien resté jusqu’à neuf heures et demie là, à discuter, poursuivit-il. Je crois qu’elle l’a connu par une copine à elle. Et lui, il a flashé et veut sortir avec elle. Je sais plus ce que sa copine lui a dit au type mais je crois qu’elle s’est fâchée avec sa copine à cause de ça. Enfin quand elle l’a revu, elle lui a dit qu’elle ne voulait pas de lui, mais le mec veut pas comprendre … c’est pour ça …
Ben dis donc.
Faut qu’il comprenne ce mec une bonne fois pour toutes !
C’est sûr.
Elle m’a dit tout ça l’autre fois, là, j’t'jure. Cette nana, tu vois, elle était avec un autre type et il la battait. Elle a eu un gosse avec lui et il la battait. Elle avait des bleus et pendant longtemps elle a rien dit. Elle l’a largué, mais il voudrait bien revenir avec elle. Moi, j’lui ai dit : « Fais gaffe, j’ai connu ça je sais, j’ai connu ça dans ma famille, un mec qui bat sa femme, il recommencera. Y va dire que c’est fini, qu’il s’est calmé, qu’il a changé, mais peut-être pas tout de suite, dans deux ou trois mois, dans un an, mais ça reviendra je sais » … Alors je sais pas, j’crois qu’elle veut pas revenir avec lui.
Elle est beaucoup demandée, c’te fille ! fit Marc comme Jean-Michel repassait devant lui et se dirigeait derrière le bureau pour se rasseoir à sa place.
Ouais enfin, elle est un peu … ( Jean-Michel s’arrêta puis finalement il leva sa main et l’agita à côté de son œil ) elle est un peu bizarre.
Ah ?
Ouais, elle paraît.
Marc hocha la tête. Il ne l’avait vu c’est vrai que quelques minutes mais il ne voyait pas ce qu’elle pouvait avoir de bizarre. Il alla dans la cuisine, retira sa parka de la patère et l’enfila.
Bon, je vais fumer une clope. Tiens, je vais ouvrir un peu la fenêtre comme ça on pourra parler.

3

C’est agréable.
Ouais, après tous ces jours de pluie.
J’en ai profité cet après-midi. Je suis allée dans le parc faire un tour avec la petite.
T’as été au carnaval ?
Ouh la, non, sûrement pas. Je peux pas, avec lui !
Et ouais, c’est sûr.
Je peux plus rien faire sans être accompagnée.
T’as pas des frères qui pourraient lui faire comprendre, non ?
Si j’ai des frères … mais c’est pas mes frères mais si ça continue y en a quelques-uns qui vont lui faire comprendre. Et s’il a pas encore compris, il va comprendre.
Marc qui avait croisé les mains et posé le menton dessus regarda la fille, intrigué par ses paroles et le début de la conversation qu’elle avait avec son collègue.
C’est ça qu’il faut faire, fit celui-ci.
J’en connais quelques-uns qui sont vraiment pas contents du tout parce qu’ils voient dans quel état ça me met.
La fille regarda Marc, peut-être pour la première fois depuis qu’elle était entrée.
Ah non, je sais pas comment il fait. Il doit me surveiller ou je sais pas.
Sans doute, fit encore Jean-Michel.
L’autre fois, j’ai voulu faire un truc sans être accompagnée. Je te promets, c’est un endroit où je vais jamais et j’ai voulu y aller toute seule. A un moment, je marchais, j’ai entendu un scooter, je me suis retourné. C’était lui. J’ai dit : « C’est pas vrai ! » Je peux te dire que j’ai vite couru chez ma mère. Je suis rentré à toute blinde dans le hall et la voisine m’a demandé ce qui se passait. Elle a eu peur … ( La fille s’esclaffa en se rappelant la voisine de sa mère. ) Je lui ai gueulé dessus, la pauvre, poursuivit-elle, son rire disparaissant aussitôt. « Y a rien ! Y a rien ! » j’ai dit … Encore hier soir, il m’a téléphoné quand j’étais ici. Là, tu vois, je ris, mais t’aurais dû me voir hier, c’était pas la même chose. Je me suis mise à trembler comme une feuille quand j’ai vu que c’était lui qui appelait. Je suis sortie dehors pour prendre l’air et me calmer un peu parce que sinon … Ce qu’il y a, c’est que je n’arrive pas encore à lui répondre. Si j’arrivais à lui répondre et à lui dire ses quatre vérités, peut-être qu’il se calmerait …
Je sais pas, ça m’étonnerait, dit Jean-Michel, non ce qu’il faut …
En tous cas, je peux plus continuer comme ça. Je sors plus de chez moi. Là, ça va, je sais que c’est fermé, qu’il pourrait pas rentrer. Mais dans les autres endroits où je fais des ménages, et que ça l’est pas … quand la porte de l’escalier en bas est même pas fermée, alors là j’ai toujours peur de le voir surgir. Je vais te dire, j’ai même peur d’ouvrir les vitres de ma voiture ou alors si je le fais, je l’ouvre comme ça.
Elle montra un petit espace entre son pouce et son index en se tournant vers Marc et lui souriant. Marc acquiesça, lui rendit son sourire.
J’ai vu ça à la télé, fit soudain Jean-Michel, c’est arrivé y a pas longtemps la même chose, tu l’as pas vu ?
Non, fit-elle.
C’est une nana qui était sortie avec un type et ils ont eu un gosse ensemble. Elle est partie avec le gamin. Et lui, il l’a poursuivie. Je sais plus comment ça s’est passé au juste mais il arrêtait pas de la harceler. Elle a été obligée de porter plainte.
Ouais, ouais, coupa la fille.
Sinon, il aurait jamais arrêté.
Moi je sais plus quoi faire. J’aimerais bien recommencer à avoir une vie normale, pas être obligée d’avoir toujours quelqu’un pour sortir. Attends c’est que ça va loin ! Il m’a dit : « Là, c’est ta voiture, mais la prochaine fois, ça sera toi ! » T’imagines !?
C’est pour ça, je te dis, il faut qu’il comprenne …
Ah mais c’est sûr !
La fille se tourna légèrement. Finalement, elle pencha la tête en arrière pour jeter un œil sur la pendule se trouvant juste au-dessus d’elle.
Enfin, bon … c’est l’heure, il faut que j’y aille.
Ouais, allez, fit Jean-Michel, bon courage.
Ouais, fit-elle en essayant de rire.

4

Marc leva la tête en voyant une 205 blanche approcher et finalement choisir de s’engouffrer tant bien que mal sur la place à côté de sa voiture. Pendant un bon moment, ne voyant personne en descendre, il commença à se poser des questions. Finalement, la portière s’ouvrit d’un coup.
C’est ça, vas-y enfonce ma portière, tu vas voir ! s’exclama-t-il.
Quoi ? demanda Jean-Michel qui était assis derrière le bureau.
Ah, la fille dans la voiture, là. J’ai dit : « C’est ça, enfonce la portière de ma voiture et tu vas voir. »
Ah non, mais c’est pas elle.
Marc réfléchit. Il n’avait pas compris pourquoi son collègue avait dit ça. Il voulait lui demander une explication mais la fille approchait.

Samouraï

3 juillet, 2016

Où êtes-vous ?
Où êtes-vous
Plein de charme
Mes matins calmes ?
Oh mais
Dans ma tête
Je suis bête !
Et que faire de vous ?

Cette vie d’ascète n’est pas assez
Cette vie d’ascète n’est pas assez
Bûcheron de l’oubli
Je plante de nouvelles forêts
Avec des scies

Où suis-je ?
Qui suis-je ?
De toute bataille
Le samouraï ?
Oh mais
Par mon épée
Transpercé !
Et pour quel vertige ?

Cette vie d’ascète n’est pas assez
Cette vie d’ascète n’est pas assez
Mon passé, ce dur à cuire
Revient par un fait exprès
Sans coup férir

Les infidélités du destin

29 juin, 2016

C’est un homme tournant en rond. Habillé tous les jours de la même façon, sa vieille sacoche sous le bras, il attend le bus, ne le prend pas.
Sous ses volutes de fumée, perdu dans ses pensées, peut-être voit-il défiler sur le mur de l’autre côté, les nombreuses infidélités que son destin lui a fait ?

Je ne peux m’empêcher, m’empêcher de penser : Voilà comme nous attendons, tous, qui que nous soyons. Mais le faisons simplement chacun différemment.

Je suis un homme tournant en rond. Comme hier à la fenêtre du salon, je passe mon temps, mets de côté des minutes avant d’aller travailler.

Le bon endroit, le bon moment, j’attends juste leur conjugaison. Que fait cet homme à tourner en rond ? Que fait cet homme à tourner en rond ? Le bon endroit, le bon moment, attend-il enfin leur conjugaison ?

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