Chien enragé

Je suis peut-être un cavalier sale
Tournant con dans le corral
Ne retrouvant plus son cheval

Tu veux lire entre les lignes du paysage
Le vent vient d’en tourner les pages
Il s’est tu maintenant, il soupire
Mais peut-être a-t-il encore à dire ?

Je suis peut-être un cavalier sale
Tournant con dans le corral
Ne retrouvant plus son cheval
Peut-être un écureuil de février
Dans son nid à l’âme rongée
Qui n’a plus rien à grignoter

Certains jours se sont fait paisibles
La vie quelque chose de possible
Tu as voulu bâtir ici ta maison
Il doit y avoir là une raison

Peut-être un écureuil de février
Dans son nid à l’âme rongée
Qui n’a plus rien à grignoter
Je suis peut-être un chien enragé
Qu’on ne pourra jamais soigner
Suant dehors ses pensées cachées

Ta rivière a bien sûr rejoint la mer
En diluant quelques larmes de colère
Ta feuille bien sûr n’est plus vierge
Et tu vois se rapprocher les berges

Je suis peut-être un chien enragé
Qu’on ne pourra jamais soigner
Suant dehors ses pensées cachées

Je suis peut-être tant de choses
Peut-être que ce que l’on propose
Mais qui peut savoir la vérité ?
Et qui se permet se résumer ?

Vestiaire blues

Je suis retourné dans notre vestiaire
Avec ses bancs ses porte-manteaux
Je suis retourné dans notre vestiaire
Le vide des bancs des porte-manteaux
Et c’est là seul dans le silence
Que j’ai entendu des sifflets des bravos

Alors encore une fois le blues
J’ai pensé à tout ce que j’ai perdu
Alors encore cette fois le blues
A tout ce que j’ai gagné et perdu
Oui c’est toujours comme ça le blues
Ce qui est là et pourtant ne l’est plus

Et j’avais bien une fière allure
De repenser à notre beau palmarès
Et j’avais bien une fière allure
De m’envelopper avec cette tristesse
Et de frissonner aux seules caresses
Que voulait me prodiguer sa torture

Bien sûr

Il faisait une chaleur étouffante et je suis allé aussitôt à son appartement et j’ai sonné peut-être quatre ou cinq fois – quatrième sonnette à partir du bas ; il n’y avait pas de nom mais elle ne le mettait jamais de toute façon – et il n’y a pas eu de réponse bien sûr.
Je suis allé m’acheter un paquet de clopes au coin de la rue en craquant le seul billet de mon porte-monnaie – elles avaient pas mal pris pendant tout ce temps – et je suis revenu me poster devant chez elle et sur le bord du trottoir, j’ai fumé deux clopes et quand un mec est sorti, je lui ai posé la question et il m’a bien sûr répondu que ça ne lui disait rien mais qu’il n’était pas là depuis longtemps et je l’ai bousculé et j’ai jeté un œil aux boites aux lettres et là non plus, je n’ai pas vu son nom.
Au premier bien sûr je ne l’ai pas vue et au deuxième non plus mais au troisième, j’ai entendu son rire en entrant et j’ai longé le comptoir et suis allé m’asseoir à une table dans un coin et une musique lourde, répétitive, glaciale passait à ce moment-là et le contraste m’a transpercé …
Elle m’a bien sûr aperçu quand le serveur est venu à ma table et elle a eu un mouvement d’arrêt et finalement, s’est décidée pour un sourire et s’est penchée pour jouer son coup.
C’était pas comme ça bien sûr que pendant ces années j’avais imaginé revenir dans cette putain de ville et que pendant ces derniers mois j’avais imaginé nos retrouvailles …
Bien sûr, la cinq, avec sa chance habituelle, est allée se loger dans une poche du milieu.

L’araignée du matin blues

Y’avait l’araignée du matin
Et puis la toile qu’elle tisse
Y’avait l’araignée du matin …
Et les appels des lendemains
Et cet espoir qu’ils hissent

Y’avaient des filles, brunes ou bien blondes
Pas en dire davantage
Y’avaient des filles, brunes ou bien blondes …
On avait découvert un monde
On était mais sans âge

Bien sûr que tout n’est pas perdu
Les murs blancs, la cantine
Bien sûr que tout n’est pas perdu …
Quelques visages et quelques culs
Les chansons de Springsteen

Fenêtre blues

Il doit bien y avoir une raison
On vient de me descendre d’un étage
Il doit bien y avoir une raison …
Cette chambre donne sur l’arrière
Et il y a là moins de passage

Qu’est-ce qu’il y a là-bas sur le toit ?
Qu’est-ce que j’entends ? Le tonnerre qui gronde ?
Qu’est-ce qu’il y a là-bas sur le toit ? …
Jusqu’à la salle de bains
Et puis voilà tout le bout du monde

Ma fenêtre aussi est sur l’arrière
Les bois et le village dans le fond
Ma fenêtre aussi est sur l’arrière …
Non n’y suis pas devin
Mais là-bas je connais les saisons

Festins du ciel

Te voilà revenue
Toi la merveille
Que peut le soleil
Mais je sais par le sang dans mes veines
Qu’il n’y a aucun mirage qui tienne

L’espoir est têtu
A revendiquer
Cette façon de t’aimer
Mais je les sais par cœur ces éclaircies
Ces festins du ciel que j’ai déjà vomi

Te voilà reconnue
Ton parfum de nuée
Et de fatalité
Et je les ai en tête ces éclairs-ci
Et ils finissaient toujours en pluie

Mais je sais par le sang dans mes veines
Qu’il n’y a aucun mirage qui tienne
Mais je sais par le sang dans mes veines
Je sais par le sang
Je sais par le sang

Blues

Je ne lui ai chanté que des blues
Je ne lui ai chanté que des blues
Cette nana me tapait sur les nerfs
De tels tremblements de terre
Des sept sur l’échelle de Richter
Tout ça pour nourrir mon ulcère
Elle voulait faire de moi un père
Peut-être bien aussi que je l’épouse
J’avais le « Comment me sortir de cet enfer ? » blues

Je ne lui ai chanté que des blues
Je ne lui ai chanté que des blues
Quand on va trop sous la surface
On trouve un fond dégueulasse
Quand la surface n’est pas sensass
Guerre froide, soupe à la grimace
Avec aucune gomme qui nous efface
Sinon à caresser la fameuse grouse
J’avais le « Et si j’attendais qu’ça passe ? » blues

Je ne lui ai chanté que des blues
Je ne lui ai chanté que des blues
Une bonne ou une mauvaise chose ?
Comptais chaque jour mes ecchymoses
Traitait les factures à la Burroughs
Pensant à ce que le couple présuppose
A ce contrat tordu et à ses clauses
Tous ces bateaux, hommage à La Pérouse
J’avais le « Mais part donc, si tu l’oses ! » blues

Je ne lui ai chanté que des blues
Je ne lui ai chanté que des blues
Je me souviens de la dernière danse
Pas et de loin la moins intense
Mais j’avais acquis une belle prudence
Quand à toutes nos réjouissances
Quittais a jamais les dépendances
Pourquoi se venger alors de la pelouse
J’ai le « Prends le parti du silence » blues

La fiancée des esclaves

Vous voilà encore après cette fiancée des esclaves
Vous voilà encore après …
Je ne peux comprendre votre intérêt pour cette image

Je ne peux d’ailleurs que très peu vous dire sur elle
Je ne peux d’ailleurs que …
Aux uns elle n’existe pas, aux autres c’est une belle

Chevalier, vous ne devriez pas nous offrir ce spectacle
Chevalier, vous ne devriez pas …
Ce n’est que phantasme, une reine de cour des miracles

( Au détour de ma page, je bute sur ce passage
Réfléchissant à qui je suis et qui sont les esclaves )

Nocturnes blues

Comme tout est bleu
Le monde est allumé
Comme tout est bleu …
Je suis heureux
Car ils sont à mes côtés

C’est une nocturne
A chaque fois différente
C’est une nocturne …
Coule le diurne
Parce que mes nuits sont vivantes

De pleins visages
Nuages et lunes abstraites
De pleins visages …
Mon camouflage
Ma conversation secrète

Attendez-moi !

Oh vous avez vu là-bas
Tout ce que je voulais voir
Oh vous avez vu là-bas …
Oh avez appris là-bas
Ce que je devrais savoir

Oh si vous venez ici
Me parler de votre voyage
Oh si vous venez ici …
Oh si vous venez ici
Vous moquez pas de mon âge

Vous savez cet horizon
Est consolation si brève
Vous savez cet horizon …
Oh et ce trop-plein de rêves
Que voulez-vous ? que j’en crève ?

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