Saint Supplice

Oh saint Supplice
Oh saint Supplice
Si tu y succombes, gare à toi
Si tu succombes, gare à toi
Gare à toi
Il y a quelqu’un non loin là-bas
Qui m’a mis en joie
M’a mis en joug
En joue
Oh saint Supplice
Oh saint Supplice
Mon chapelet je l’égrène
Où j’ai planté ces graines
Sous un ciel de traîne
Il y a quelqu’un non loin là-bas
Si tu y succombes, gare à toi
Si tu succombes, gare à toi
Gare à toi
Elle, c’est la princesse
La princesse de toutes les promesses
Elle, c’est la princesse
La princesse de toutes mes paresses
Allez laisse derrière
Allez laisse derrière
Derrière tous tes démons
Derrière tous tes démons
A l’Aire des Monts
Allez laisse derrière
Allez laisse derrière
Va voir ailleurs si tu y es
Voir ailleurs si tu y es
Iié … ha ha … iié
Maintenant tout est fini
Maintenant c’est du passé
Du passé
Maintenant tout est fini
S’est peut-être rien passé
Rien passé
Si cette pluie cesse
Si le vent t’invite
Quitte vite ce Rashomon
Quitte vite ton Rashomon
Quitte le vite
Elle, c’est la princesse
La princesse de toutes les caresses
Elle, c’est la princesse
La princesse de toutes mes bassesses
Oh saint Supplice, gare à toi

Pacifique promenade

Pacifique promenade
Pacifique promenade
Tu me trouverais ridicule comme ça
Mais qui ou quoi
Que tu sois
Accueille-moi
Mon point de chute trouvé
Je me suis laissé tomber
Ça donne envie de hurler
Qui ou quoi
Que tu sois
Accueille-moi
Accueille-moi
Bach dans le brouillard
Et les lumières des phares
C’est mon cadeau ? – Arigato
Prélude à quel ostinato ?
Tableau de quel Utamaro ?
Ma faillite dans la Tokyo heat
M’entraîne, m’emmène, me traîne, me traîne
Ni lune ni horizon ni loi
Je te vois parmi les ombres
Dans nombre de silhouettes
Je te vois parmi le nombre
Dans des chambres imparfaites
Il faudrait que le sommeil vienne
Pour une nuit d’amour ou de haine
Alors je marche, je marche, je marche
Il faudrait pour cela pour cela
Que le sommeil vienne que le soleil
Que le soleil vienne que le sommeil
Alors je marche, je marche, je marche
Je marche mais ne fonctionne pas

Murakami’s melody

Et on frappe – c’est Aïko
Elle fait le geste et me sourit
C’est elle et puis en même temps
Sa chanson, je connais cette mélodie
Je ne suis pas fou pourtant
Je ne suis pas fou surtout
Je ne suis pas fou
Oh comme c’est soudainement
Que je suis parti au Japon
C’était un soir en rentrant
J’étais déjà dans les rues de Tokyo
Je ne suis pas fou pourtant
Je ne suis pas fou surtout
Je ne suis pas fou
Je ne reviendrai pas de sitôt
Je ne reviendrai pas de sitôt

Suspension

Je l’aime et …

Comme une Buenos Aires mais en plus familière, ses essaims, ses escarres ont été le théâtre d’une affaire me concernant, une sombre, un soir.

J’ai dit ou simplement pensé : « Tu n’as plus besoin de faire la belle ( trois points de suspension ) si tu as choisi Caïn. »
Je ne peux dire que j’en sois fier.

Les trois R. Nous avons trahis les deux premiers. La réalité, le rêve … il me reste le roman.

Labyrinthe

Je l’aime et …

J’ai dit sur le chef de gare quelque chose que je croyais drôle.

Quand vous avez parlé de votre accident, je vous ai longuement regardée et je n’ai vu aucune séquelle.

Nous étions côte à côte à une table de banquet qui couvrait toute la longueur du pont. Il n’y avait personne à ma droite bien que la table s’y poursuivait. C’est de là que vînt le chef de gare, le chef de gare cinglé parlant tout seul. Il passa entre la rambarde et nous.

Je ne sais comment nous nous sommes retrouvés devant cette porte.
Je ne sais pourquoi je me suis retrouvé à en être le gardien et à en chercher la clé.
Comment vous vous êtes retrouvée avec ce bébé dans les bras et cet autre dans un landau.

Je cherchais comme un damné pendant que vous restiez là devant moi.

Vous restiez là devant moi, semblant hésiter à vous engager, à passer la porte de ce que je m’imaginais être un labyrinthe.

… … … … … …

Je vous ai connue dans la réalité. Je ne vous ai jamais déclaré mon amour mais j’en avais conscience, il se voyait comme le nez au milieu de la figure. Je me rappelle encore cette boule soudain, la fois où vous vous êtes tellement rapprochée de moi, quasiment à me toucher.

Vous n’aviez pas eu d’accident. Je ne sais pas si vous avez des enfants maintenant, à l’époque vous n’en aviez pas.

J’ai beaucoup rêvé de vous. La nuit, le jour. Et écrit des centaines de textes commençant tous par « J’aime Fabienne et … »

Cauchemar des chats

Il est arrivé ce matin et a été vérifié immédiatement. Et maintenant, la parade peut commencer.
Depuis une petite semaine, un chat a élu domicile dans le magasin. Ce n’est pas le premier, loin de là, mais en règle générale, ils ne vont pas plus loin que la réserve et à un moment ou un autre, ressortent dans la cour. Celui-ci a été plus loin et la dernière fois qu’on nous en a parlé, il avait été vu derrière les palettes de sucre. Il semble que ce soit là un de ses endroits favoris car j’y ai vu des excréments et de l’urine sur une de farine à côté.
Des pièges se sont mis à fleurir la nuit à différents endroits stratégiques du magasin et l’imprudent s’est fait capturé à la boulangerie.
- « Ça y est, j’ai attrapé le chat ! » il peut le claironner à toutes les personnes qu’il croise. « Bonjour, j’ai attrapé le chat ! » avant même l’usage : « Ça va ? Quoi de neuf ? » ou toutes autres choses.
- « De toute façon, il a l’habitude, je dis. Il fait des safaris. »
Et nous partons d’un grand éclat de rire et nous ne sommes pas longs à le décrire dans la brousse africaine avec un fusil cassé sur l’épaule, un bermuda kaki révélant ses genoux cagneux, un casque dissimulant mal sa calvitie. Une ribambelle d’indigènes qui répondent dans la seconde : « Oui, bwana ! » à chacun de ses ordres.
C’est un peu comme ça que nous le voyons. Nous, c’est Ethan et moi ; nous sommes ses employés au rayon liquide, tous les deux en CDD. D’ailleurs, il a bien saisi ce truc. On a besoin de ce taf et de ne jamais cesser de croire au CDI qui pourrait se profiler au bout. Moi, en tous cas, j’y crois dur comme fer et je fais tout ce que je peux pour ne rien regretter. Ethan lui, commence déjà à trainer la patte. « Des CDD, il y en a d’autres, s’il continue à me faire chier, je me casse ! » voilà ce qu’il a dit l’autre jour. Mais bon, il a depuis « fait chier » Ethan et Ethan est encore là, alors …
Il faut dire que ce mec est un sacré spécimen. Il a tout vu et tout fait, « il est plus vieux que son grand-père », comme dit Ethan. Impossible de lui faire avouer la moindre faiblesse : si vous lui dites que vous mettez quarante minutes pour aller à Limoges, il vous répondra que lui met trente minutes, vingt-cinq quand il ne pleut pas. Quand il va à la pêche, c’est lui qui ramène le plus de poissons et bien entendu lui les plus gros …
… et c’est le cauchemar des petits chats qui ont eu l’idée saugrenue de se faufiler dans le magasin, qu’ils urinent sur les palettes de farine ou travaillent au rayon liquide, qu’ils aient neuf vies ou non.

Les petits canards

C’est comme ça que je la découvre, là-bas, au bout de la petite route, entre les deux granges dont les murs ont reçu tant de balles de tennis et de ballons de football. Nous nous dévisageons un court instant. Enfin, elle se décide à me parler, je vois à l’affaissement du haut de son corps l’effort que ça lui coûte.
- Tu n’as pas vu des petits canards ? Ils se sont échappés. Je ne sais pas où ils ont pu aller. Tu ne les as pas vus ?
- Non, je n’ai rien vu.
Déjà, elle ne me regarde plus. Ses yeux fixent le mur d’une des granges. Peut-être les petits canards y ont-ils laissés un indice pour l’aider à les retrouver, ou alors le renard y révèle-t-il où il les a emmenés ?

Notre première bataille fut également la plus mémorable. Je ne saurais dire aujourd’hui ce que nous étions, des chevaliers, des bandits de grand chemin, Ivanhoë, Mandrin, Robin. Elle débuta par une de ces journées d’abeilles et de frelons. La guerre en ce temps-là ne souffrait pas du moindre froid ou de la moindre goutte de pluie. Vers son dénouement, je ne sais quelle baguette magique permit aux Robins de sauter quelques siècles pour se retrouver en plein vingtième et avoir dans leurs pognes non plus des épées mais fusils et pistolets.
Nous nous attaquâmes tout d’abord au château, édifié à flanc de falaise, lançant nos premiers assauts par son revers. Nous en prîmes possession relativement rapidement. Nous étions de jeunes guerriers, palliant le manque d’expérience par la fougue et la témérité. Je nous revois encore après cette victoire, mes deux compagnons et moi, et avec quelle fierté nous paradions tout en haut de notre nouveau bien.
Nous decouvrîmes peu après ce que ce château – le nôtre maintenant – et sa falaise dominaient et c’était une ville entière, s’étendant de la base de la forteresse jusqu’à la vallée. Tout ce peuple qui nous apparaissait soudain, comme Gulliver à Lillyput, semblait vaquer indifférent aux envahisseurs que nous étions. Avaient-ils remarqué la bataille qui venait d’avoir lieu au-dessus d’eux ? L’avaient-ils déjà oubliée ? Une vraie cité de fourmis, voilà ce que nous avions devant les yeux.
Ce ne fut pas moi qui décidait l’assaut contre cette ville. Je n’étais pas, et de loin, le plus courageux. J’étais plus un suiveur, ce que je suis encore il me semble, à mon grand regret.
Il nous fallut nous procurer de nouvelles armes : projectiles, catapultes, huile, essence. Nous exterminâmes un nombre considérable d’habitants de cette cité, cela je m’en souviens mais à ce point, je dois arrêter mon récit car ma mémoire me fait défaut. C’est un passé lointain. Je ne crois pas que nous prîmes possession de la ville, je crois plutôt que nous l’abandonnâmes à son destin et à ses survivants.
Il y avait d’autres batailles, d’autres guerres, elles nous attendaient, nous, nous attendions le retour des jours d’abeilles et de frelons pour les livrer. Cependant, ces premiers combats, victorieux, sans perte dans nos rangs, me marquèrent peut-être plus que tous ceux qui suivirent.
Perdre un compagnon, je ne peux imaginer ce que cela doit faire. Et si jamais cela survenait, je ne sais pas comment je pourrais en parler.

Leçon de choses

Je l’aime et …

Sur les traits de mon visage, bientôt plus que le courage. Le jeu qui me tient éveillé, me rappeler ce que j’ai été.

Ne pas m’être regardé dans un miroir m’a peut-être fait me tromper d’histoire.

Ce n’est qu’une leçon de choses.

Brindilles et brins de paille, je ramenais toutes mes trouvailles mais j’ai rapidement pris en horreur tout dans notre nid.

Ce n’est qu’une leçon de choses.

Les noms d’oiseaux que tu m’as donné m’ont fait des ailes pour m’envoler.

Je n’avais pas condamné le puits aux souhaits ; je suis retourné m’y désaltérer.

Ce n’est qu’une leçon de choses que cette vie nous propose. Mais contre le radiateur, je rêve – je suis un très très mauvais élève.

Ne pas m’ètre regardé dans un miroir m’a peut-être fait me tromper d’histoire.

Vents et marées

Je l’aime et …

Des hommes vont, viennent, acharnés, à vivre, à nourrir leur besoin de liberté.

Moi je vais, viens, acharné, à découvrir encore qui je suis.
Contre sens, contre temps, je reste, consciencieux seulement pour les souvenirs.

Contre vents, contre marées, des hommes s’en vont, disparaissent, conscients des cieux, acharnés à se faire souvenirs.

Bon sens

Je l’aime et …

A cette table, dans ce café, Germain se dit qu’il a dû les rêver. Oui, peut-être n’a-t-elle jamais existée … parce qu’ils étaient assis, face à face, et il la voyait avec d’autres yeux.

Et il ne dirait plus lesquels et peu importe ce qui s’est passé, entre eux par la suite, ils étaient tous les deux, avec d’autres, dans ce café.

Et il a déjà dû dire ça comme ça : ce n’était pas encore de l’amour mais nous en dessinions le contour.

Peu importe ce qui s’est passé par la suite entre nous. Peu importe ce qui s’est passé. Peu importe le bon sens entre nous. A cette table, dans ce café, je nous aimais, à ce moment précis.

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