Chant de givre

Le loup et l’agneau
Le renard le corbeau
Le porc et la vipère
Le moineau et le ver

C’est tout un, c’est tout un
Tout un art de vivre
C’est tout un, c’est tout un
Tout un art de suivre
Le grand livre à la lettre
C’est un tout, c’est un tout
A tout un chacun
De faire avec ses pertes

C’est tout un, c’est tout un
Tout un art de vivre
C’est tout un, c’est tout un
Tout un chant …
Chantant champs, temps, vent, sang avançant
Chantant champs, temps, vent, sang avançant
Chantant champs, temps, vent, sang avançant
… de givre
Qui s’répand sur les êtres
S’éteint tout, s’éteint tout
Et tout un chacun
Doit tout seul s’y soumettre

Buffles ou bonobos
Butors bigorneaux
Guépard panthère
Caméléons cerfs

L’adversaire du jour

Il faut nous croire
Invisibles dans l’attente
Moi d’une façon différente
Revenir de cette blessure
Tout le monde sait comme c’est dur
Il faut savoir
Il faut avoir
Les ressources nécessaires pour
Contrer l’adversaire du jour

Il faut nous voir
Crédibles qu’on gagnera
Cette année le championnat
Une équipe jeune et belle
Que de beaux jours devant elle
Il faut savoir
Il faut avoir
Les ressources nécessaires pour
Contrer l’adversaire du jour

Car
Il faut le voir
L’avantage du terrain
Rongeant déjà son frein
Il faut le voir
Si sûr de sa défense
Guettant la défaillance
Son épingle du jeu
Si conscient de l’enjeu
Il faut savoir
Il faut avoir
Les ressources nécessaires pour
Contrer l’adversaire du jour

Colback

Le ciel, voilà que la tête me tourne
Et je ne sais plus de quoi il retourne
Bien sûr j’ai eu plusieurs vies dans celle-ci
Et la dernière de loin la plus pourrie

Je voudrais pouvoir rentrer aujourd’hui
Je voudrais pouvoir retrouver mon pays
Mon pays, c’est le pays du lac
Qui est dans mon cœur intact
Ce pays aussi de ses berges
C’est ce pays que ma tête héberge

Des oiseaux s’envolent de la partition
Pour des a-capella en escadrons
La tête en bas un lapin qui gigote
Et j’avance, de la boue jusqu’à mi-bottes

Je voudrais pouvoir rentrer aujourd’hui
Je voudrais pouvoir retrouver mon pays
Mon pays me prend par le colback
Quand ici tout se détraque
Ce pays de ma joie l’auberge
Ce pays que ma tête gamberge

Tout
Par ordre alphabétique
Toute
Image en plus-value
Toute
Musique nostalgique
Tous
Les masques superflus

Chira-chira

Comme il faut en soulever des chapes
Pour saisir comme tout nous échappe

Chira-chira
Tourbillonnez
Pétales de cerisiers
Chira-chira
Apparaissez
Hanches, enchanté !

Et comme il faut en passer au crible
Pour enfin tenir compte de l’invisible

Chira-chira
Tourbillonnez
Pétales de cerisiers
Chira-chira
Apparaissez
Hanches et chantez !

Chira-chira
Il y a fort à parier
Pétales de cerisiers
Chira-chira
Il y a fort à parier
Hanches, enchantez !

Sur le cantonnier ?
Sur le romancier ?

… … … … … … … … … … … …

Au Japon, chira-chira est l’onomatopée pour le bruit que font les pétales de cerisiers en tombant, dans un mouvement tourbillonnant. Ce mot évoque aussi le fait d’entrapercevoir une partie généralement dissimulée du corps d’une femme. Les Japonais ont créé le mot « chiralisme » pour exprimer cette impression qui naît d’une vision fugitive.

Reine des chansons

Une Lady d’Arbanville
Qui dort là si tranquille
Une Lady d’Arbanville
Qui inscrit sur ses lèvres
La naissance d’un sourire
Mais qu’est-ce dans son rêve
Qui la pousse à en sortir ?

Une Suzanne servant le thé
Des oranges au déjeuner
Une Suzanne servant le thé
Qu’on souhaiterait cerner
Savoir où elle veut en venir
Quelque vide à combler
Un homme avec qui vieillir

Une Elise à ironiser
Que c’est un jour parfait
Une Elise à ironiser
Qui se lève comme ivre
Se réjouit de la rengaine
A interdire qu’on la suive
Ou bien qu’on la retienne

Et si c’était elle la reine des chansons
Qui porte en elle tous les prénoms
Dans le seul sien tous les refrains
Oh en son sein tous les destins ?

Une Elisa Day si sage
A travers le pays sauvage
Une Elisa Day si sage
Qui s’exclame pour un rien
Qu’on la dit vraiment futile
Est-ce elle ou le chemin
Qui nous paraît fragile ?

Une Jenny-des-corsaires
Se disant lasse de la guerre
Une Jenny-des-corsaires
Tout d’abord qu’étincelles
A chacune de ses sorties
Pour enfin devenir cruelle
Et me laisser interdit

Une Mary Jane chantant
Sa chanson dans le vent
Une Mary Jane chantant
Et ce que ses intonations
Sous-entendent qui le sait ?
Est-ce bien mon prénom
Qu’elle associe avec aimer ?

Et si c’était elle la reine des chansons
Qui porte en elle tous les prénoms
Dans le seul sien tous les refrains
Oh en son sein tous les destins ?

Une Mary sur son perron
Sa robe telle une vision
Une Mary sur son perron
Et une Amérique à la radio
C’est Bruce qui est en feu
Il veut t’amener plus haut
Et moi je n’ai pas mieux

Une Sonja à impressionner
Qu’on n’veut qu’approcher
Une Sonja à impressionner
Car on est sous le charme
De chacun de ses gestes
Parce que dans ce vacarme
Son silence est une ivresse

Une anonyme d’Ipanema
Seule sur la plage là-bas
Une anonyme d’Ipanema
Qu’on imagine un blanc-seing
Et pouvoir tout recommencer
Même si c’est refaire le chemin
Et ne vouloir rien y changer

Et si c’était elle la reine des chansons
Qui porte en elle tous les prénoms
Dans le seul sien tous les refrains
Oh en son sein tous les destins ?

Une invisible fiancée
Occupant toutes mes pensées
Une invisible fiancée
Qui me fait broyer du noir
Devant un verre de vodka
Dans le coin de ce comptoir
Laissant aux autres la joie

Une Magdalena vers Durango
Qui s’invite à un fandango
Une Magdalena vers Durango
Pistolets, bandits, carabines
Autres temps, autre pays
Et c’est la sublime héroïne
Du roman que j’ai écrit

Une sirène qui m’appelle
Veut que je vienne vers elle
Une sirène qui m’appelle
Et la naissance du désir
S’attardant sur mes lèvres
Le puzzle va se détruire
Ce frisson dans mon rêve

Et si c’était elle la reine des chansons
Qui porte en elle tous les prénoms
Dans le seul sien tous les refrains
Oh en son sein tous les destins ?

… … … … … … … … … … … …

CHANSONS EVOQUEES

Lady d’Arbanville ( Cat Stevens )
Suzanne ( Leonard Cohen )
A perfect day, Elise ( P.J. Harvey )
Where the wild roses grow ( Nick Cave and The Bad Seeds ( avec Kylie Minogue ))
Seerauber-Jenny ( Jenny-des-corsaires ) ( L’opéra de quat’sous ) ( écrite par Kurt Weill et Bertolt Brecht )
The thoughts of Mary Jane ( Nick Drake )
Thunder road ( Bruce Springsteen ) ( et un peu I’m on fire aussi )
Sonja ( Lyle Lovett )
The girl of Ipanema ( écrite par Antonio Carlos Jobim / Vinicius De Moraes / Norman Gimbel )
Time ( Tom Waits )
Romance in Durango ( Bob Dylan )
Song to the siren ( Tim Buckley )

Arthur

Quand réapparaîtra le jour
La furie reprendra son court
La nuit se pare d’un autre voile
De sa course aux étoiles

Car brusquement c’est le soir
Je suis celui qui veut à boire
Et s’en remet au hasard
Pour les jugements à surseoir

Ainsi va ce cérémonial
Un chien, un os à moelle
Lequel est primordial
Parmi la flopée de Graal ?

Quand réapparaîtra le jour
La furie reprendra son court
La nuit se pare d’un autre voile
De sa course aux étoiles

Le plaisir, des aires d’autoroute
De Babylone à Beyrouth
Les joutes
Toutes
Me dégoûtent
Alors mon armée s’arc-boute

J’ai pris le mauvais chemin
Son corps est triste refrain
J’aurais dû connaître le mien
Savoir qu’il nierait pas loin

La nuit se pare d’un autre voile
De sa course aux étoiles
Quand réapparaîtra le jour
La furie reprendra son court

Titre

Je l’aime et …

Où es-tu là ?
Dans quel endroit ?
Dans quel endroit loin de moi ?

Rêve,
Le rêve,
Le temps du rêve.

Le matin,
Elle dormant,
Le matin, elle dormant encore,
Beauté.

L’oreiller,
Les yeux fermés,
Sur l’oreiller,
Beauté sur l’oreiller.

Le lit,
Le bonheur,
La beauté.

Je suis sûr de moi, le titre de mon tableau est parmi ceux-là.

Bientôt

Je l’aime et …

C’est lundi et je vais être en week-end. On perçoit dans ce début d’hiver la douceur qui fera frémir les feuilles mortes, bientôt un plus grand souffle les fera remonter sur leurs arbres respectifs, renaître.

Je regarde là-bas des personnes âgées se lever. Si elles frissonnent, ce n’est plus de froid. Des adultes eux, se sont mis à courir, à jouer. Une partie de football improvisée doit bien être en train de germer dans l’esprit de l’un d’eux.

Mes angoisses et ma tristesse sont toujours là mais désormais c’est comme si elles me tonifiaient, me rendaient de plus en plus fort. Je n’aurais bientôt plus de regrets, je n’aurais plus de remords.

La ville aussi change rapidement – je ne pourrais dire si elle se simplifie ou se complique.
Il y a un fleuve non loin et c’est pourquoi des gens ont posé ici sa première pierre.

Le circuit que j’ai décidé de prendre aujourdhui m’enchante, c’est celui par l’allée des conifères ( je vois certaines de leurs aiguilles reverdir ) et il fait que je ne pense plus à la mort.
Peut-être fera-t-il que je serais bientôt dans l’état d’esprit propice à en découdre avec la source de mon désespoir.

Oreillers

Je l’aime et …

Il me semblait que nous étions dans notre maison. Pourtant, fait étrange, celle-ci se trouvait au sommet d’une des montagnes d’une importante chaîne. Ni sur le plus haut ni sur le plus bas.
Alors que j’étais juste derrière la baie vitrée, à observer l’impressionnant panorama devant moi, soudain, d’un des sommets proches du notre, s’est élevé une grande colonne de fumée noire, qui s’est mis rapidement à se diriger vers nous.
Et je ne tardais pas à distinguer là-bas, sortant de la montagne des bouillons, des projections ensuite qui se mirent à gagner sur les panaches de fumée, ceux-là mêmes qui allaient bientôt lécher nos vitres … comme ils le feraient avec mes yeux.

Je me suis réveillé. Je me suis tourné, j’ai posé la tête sur l’autre oreiller. Dans mon second sommeil, si j’ai fait un nouveau rêve, je ne m’en souvins pas.
Après son départ, longtemps j’ai laissé les deux oreillers.

Le sapin

Celui d’une mer du même pastel que le ciel
Celui de la famille unie sous un arc-en-ciel …

Marchait rue chaussettes trouées
Ongles de pieds bien aiguisés
Blouson sale, sale de paresse
Absence de cœur sur le faciès

Passait antique porte en bas
Geignait escalier chaque pas
Fermait toutes fenêtres volets
Sur sa forte odeur de sainteté

Se fixait quelque rire mauvais
Dans le miroir du jour éteint
Le souffle court se couchait
Draps gris et maculés de vin

Quand se confondent les désirs et les pertes
Quand se confondent les désirs et les pertes

Alors des pensées déboulent en pagaille
Comme plaquées sur l’obscur papier peint
Alors des rêves viennent vaille que vaille
Sous forme de vieux, de très vieux dessins

Celui d’une mer du même pastel que le ciel
Celui d’une maison et son soleil de feutre orange
Celui de la famille unie sous un arc-en-ciel
Celui d’un triangle vert et la blancheur de l’ange

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