V. s.

Textes divers

 

28 – 02 – 2017 ( Pièce ) 23 juillet 2017

Classé dans : ( Journal intime ) — V.s. @ 10 h 45 min

Je l’aime et …

Les personnages :
Moi, assis près de la cheminée, écrivant sur un bloc, jetant par instants un œil sur le journal télévisé.
Ma mère, assise dans le vieux fauteuil, regardant le journal télévisé, jetant par instants un œil sur moi.

Mon père, de l’autre côté, sur ma gauche, penché sur son livre de chevet du moment, dans cette attitude des dernières années de sa vie, le coude sur la table, le poing collé à la joue.
Ma grand-mère, en face de moi, tournant le dos au téléviseur, me regardant avec les mêmes yeux qu’elle avait quand je rentrais dans la maison en courant, venant me blottir dans son giron.
Mon grand-père, à la droite de mon père, se roulant une cigarette, une moitié de verre de vin devant lui, unique reste de notre repas et qui comme sa fille attend la diffusion du bulletin météo.

ACTE 1

Au début de l’acte, personne ne parle. Ni les vivants, ni les morts.

 

 

15 – 03 – 2017 ( Courbée, les mains au ras du sol ) 19 juillet 2017

Classé dans : ( Journal intime ) — V.s. @ 17 h 46 min

Je l’aime et …

Lorsque j’arrive, je vois ma mère effeuillant un arbuste au coin de la cave et ramassant ses feuilles, courbée, les mains au ras du sol.
Régulièrement elle et moi, dans cette même position, nous avons arraché des mauvaises herbes, travaillé au jardin, au champ, plantant, semant, récoltant dans la terre le fruit de ces semailles.
Notre position, courbée, les mains au ras du sol, si jamais elle ne me faisait pas penser au film Les glaneurs et la glaneuse et par conséquent au tableau de Millet – je dois dire que les vêtements de ma mère y étaient pour quelque chose – elle m’évoquait des personnages de quelque vieux film japonais en noir et blanc, courbés eux comme nous, leurs mains au ras du sol, plongées dans l’eau des rizières.
Pour quelques instants, peut-être quelques minutes seulement, bizarrement, cette pensée me redonnait du courage.

 

 

Colporteurs ( Pour Célestine et Claude ) 9 juillet 2017

Classé dans : ( La vie est une fantaisie ) — V.s. @ 17 h 29 min

Elle : Quelle était cette chose appelée Amour ?

Lui : Nuit et jour, tout de toi, nuit et jour

Lui : J’t'ai dans la tête, tu m’fais quelque chose
Elle : Tu m’fais de l’effet, tu as cette chose
Lui : J’t'ai dans la peau, j’m'concentre sur toi
Elle : J’aime Paris, je t’aime, ne m’enferme pas

Elle : J’suis amoureuse
Très amoureuse
Lui : J’suis amoureux
Très amoureux

Lui : Viens avec moi
Elle : Je suis à toi
La soie et le satin
Lui : Si proche, pourtant si loin

Lui : J’suis amoureux, très amoureux
Elle : J’suis amoureuse, très amoureuse

Lui : Mais pas pour moi
Tout s’en va
Elle : Qui sait ?
Lui : Une photo de moi, sans toi
Elle : Jamais tu ne sais

Elle : T’es amoureux, très amoureux
Lui : J’suis amoureux, très amoureux

Elle : Ça, c’est l’amour
Abracadabra
C’est magnifique
Lui : Abracadabra
Tout va bien pour moi
Elle et lui : Abracadabra
Ça, c’est l’amour
C’est magnifique
Abracadabra
Ça, c’est l’amour

( PS : Ce texte spécialement écrit pour vous les amis. Et pour colporter Cole Porter, voici la « version anglaise » avec les titres qui m’ont servis. )

She : What is this thing called love ?

Him : Night and day, all of you, night and day

Him : I’ve got you in my mind, you do something to me
She : I get a kick out of you, you got that thing
Him : I’ve got you under my skin, I concentrate on you
She : I love Paris, I love you, don’t fence me in

She : I’m in love
So in love
Him : I’m in love
So in love

Him : Come along with me
She : I’m yours
Silk and satin
Him : So near and yet so far

Him : I’m in love, so in love
She : I’m in love, so in love

Him : But not for me
Anything goes
She : Who knows ?
Him : A picture of me without you
She : You never know

She : You’re in love, so in love
Him : I’m in love, so in love

She : Ça, c’est l’amour
Abracadabra
C’est magnifique
Him : Abracadabra
It’s alright with me
She and Him : Abracadabra
Ça, c’est l’amour
C’est magnifique
Abracadabra
Ça, c’est l’amour

 

 

Odeur de groseilles 26 juin 2017

Classé dans : ( La vie est une fantaisie ) — V.s. @ 17 h 50 min

Je pousse les portes de notre vieille grange -

Quel est cet homme là-bas tout au centre – Avec mes gants de boxe et ma peur au ventre ? – Cet espèce d’iguane zigzaguant très à l’aise – Donnant parfois de la queue dans les chaises ? – Je dis : « Pourquoi ? Je veux savoir pourquoi  » – Quelqu’un répond : « Car la vie est un combat » -

Une statue de pierre fait des jabs dans l’air – Le défi dans ses regards pour son adversaire – La nette impression d’être dans un tableau – Renforcée par les murs tapissés de De Chirico – « Là vous allez trop loin, je suis bien réveillé ! » – « Ça n’est, me dit-on, que ce que vous pensez ! » -

« Mais à la fin, dites, que dois-je comprendre ? » – « Vous êtes loin de la fin, contentez-vous de prendre ! » – Ce n’est pas que je cherche une aide providentielle – Mais par hasard mes yeux répondent à l’appel – De Ludivine, une belle marchande de groseilles – Qui veut m’offrir une loupe en forme d’oreille -

Poussant les portes de notre vieille grange – Qu’il y ait foule là ne m’a pas paru étrange – Ni d’ailleurs le simple fait qu’elle ait brûlée – Il y a maintenant de nombreuses années

 

 

Je fais des rivières 20 juin 2017

Classé dans : Cahier recyclé — V.s. @ 17 h 15 min

Je fais des rivières
D’un pont la perpendiculaire
D’un pays, deux, leur frontière
Je fais des rivières

Aux vaches un pâturage
Et aux arbres un feuillage
Aux chevaux des crinières
A leur corral une barrière

A la ferme une cheminée
Avec son filet de fumée
Dans le ciel des nuages
De deux collines une image

Je fais des rivières
Humeur terne ou volontaire
A ma manière exemplaire
Je fais des rivières

Et parfois le clair de lune
Des promenades nocturnes

Je sais déjà finir avec ça
Comme Monet avec ses nymphéas
Ils s’appellent tous La Vallée
C’est celle où je l’ai rencontrée

 

 

La commissure de tes lèvres 17 juin 2017

Classé dans : ( La vie est une fantaisie ) — V.s. @ 11 h 37 min

Eu te amo
Eu te amo
Eu queria que você estivesse
Apaixonada por mim

A la commissure de tes lèvres
A la commissure je suis
Sûr de tout saisir
Des mots que tu me dis

Te quiero
Te quiero
Me gustaria que estuvieras
Enamorado de mi

I love you
I love you
I wish you were
In love with me

Je t’aime
Je t’aime
J’aimerais que tu sois
Amoureux de moi

Ti amo
Ti amo
Vorrei che tu fossi
Innamorato di me

A la commissure de tes lèvres
A la commissure je suis
Sûr de tout saisir
Des mots que tu me dis

A la commissure je les entends
A la commissure je suis
Les langues toutes et la tienne
Pour la belle symphonie

Ahbik
Ahbik
Wa’atamanaa lakum kanat
Fi alhabi maei

Ahbik
Je t’aime
Je t’aime
Ahbik
Wa’atamanaa lakum kanat
J’aimerais que tu sois
Amoureux de moi
Fi alhabi maei

Je t’aime
Ahbik
Ahbik
Je t’aime

 

 

23 – 01 – 2007 ( Chaque jour que Dieu fait ) 12 juin 2017

Classé dans : ( Journal intime ) — V.s. @ 18 h 07 min

Je l’aime et …

Chaque jour que Dieu fait, je détruis quelque chose.

Chaque jour comme suivant un plan.
Chaque jour comme la pierre supplémentaire à ce grand édifice.

Chaque jour ne voyant pas le résultat de mes décisions, ne comprenant pas, chaque jour ne voyant rien, chaque jour de plus en plus.

 

 

08 – 09 – 2015 ( Le jardin ) 10 juin 2017

Classé dans : ( Journal intime ) — V.s. @ 13 h 04 min

Je l’aime et …

C’est un jardin que j’ai entretenu ces dernières années. Etre fier de moi, ne regretter aucun des efforts consentis ? Je ne sais.

Mon jardin est à l’identique quelque soit la saison. Peu importe le temps pour mes sillons.

Pierres, rochers, cailloux, graviers, quelque soit les yeux, l’endroit où ils décident de se poser.

 

 

La Valette 6 juin 2017

Classé dans : ( La vie est une fantaisie ) — V.s. @ 17 h 54 min

Elle ouvrit la porte et entra dans le bureau. Il la regarda s’approcher. Une démarche unique, une fluidité. Il pensa : « Il faut que je me souvienne de ne jamais marcher à ses côtés. » Elle tendit la main ; ses yeux lui firent tout de suite tendre la sienne. Elle y laissa tomber le trousseau de clés sans un mot.

Quoi ? Cosa voglio ?
Je veux plus de lumière !
More light ! Mehr licht ! Mehr !
Tank you ! Merci, es bueno …

Ils étaient sous l’éclairage tamisé d’une salle de billard. Il écoutait l’insupportable voix de Luigi, qui face à lui, les coudes sur la table, lui servait une improbable soupe à propos de sa sœur, une habituée du tapin. Sa patience arrivait à sa limite. Heureusement, il n’eut à faire qu’un seul claquement de langue et l’Italien en vint miraculeusement au fait.
Le détective répéta à haute voix les principales informations quand Luigi eut fini : « Camarini, vendredi, l’angle d’Essex et Grand Street, 21 h, une Buick. » Puis il finit d’un trait son pur malt et sortit de la salle, son chapeau plus que jamais vissé sur le crane.

J’ai une nouvelle fois dans les yeux
Cette petite histoire de Charlyn
Qu’une personne m’avait murmuré
Que je pensais bien avoir enterrée

Il ramait sous la brume, sa tête lourde comme l’enclume, ne favorisait pas beaucoup sa prétention de voir clairement la situation.

Elle était entièrement nue
Et complètement perdue
A l’un des coudes sablonneux
De ce ruisseau du cygne
Les pieds dans la rosée
Et le corps dévoilé
Par le champ pernicieux
Des phares d’une Dauphine

L’empaffé, qui quelques instants auparavant avait viré sur la gauche, devait penser l’avoir semé. Mais il ne tarda pas à le rejoindre à un feu. « Tu crois que je ne connais pas la ville, mon pote ! » Il ne l’avait pas repéré cette fois. « Se croit seul au monde, ce con ! » Il réajusta son chapeau, s’alluma une autre cigarette et continua de le suivre à bonne distance. « Je sais où tu veux en venir, trouduc, ne t’en fais pas … ou plutôt si, tu devrais. »
Le zig le mena tout droit où il fallait.

On m’a dit qu’à Mdina
Le silence est en ruines
Du Palais Vilhena
A la Rue St Augustine

Mais cela aussi est loin
Je n’entends plus très bien

Mr. Jenkins, est-ce un soupçon de peur que je lis sur votre visage ? Vous n’allez pas me dire que tout cela vous effraie, que vous n’êtes pas en mesure de …

Le tremblement de l’assiette
Pantoufles aux pas traînant
Moi, dernier chevalier vivant
Dans ces couloirs geignant
De cette ville de La Valette

Tout d’abord, je crois que vous faites erreur, je ne suis pas Mr. Jenkins. Et puis, sachez une chose, des cloches de votre espèce qui ont de la glaise à la place du cerveau, c’est pas la première fois qu’il m’en tombe dans les pattes. Jusqu’à aujourd’hui, j’ai toujours réussi à m’en dépatouiller, alors je ne vois aucune raison pour que ça ne se passe pas pareil cette fois-ci alors … pourquoi aurais-je peur de la suite des événements ? Je sais ce que j’ai à faire. Comment je dois gérer tout ce bordel. Et comme disait mon père, paix à son âme : « C’est net et sans bavures ».

( Ce texte doit beaucoup au roman V. de Thomas Pynchon et à ceux de Dashiell Hammett que j’ai lu, parmi lesquels Le faucon maltais ).

 

 

Le jour et la nuit 23 mai 2017

Classé dans : Cahier recyclé — V.s. @ 18 h 13 min

Le jour creusois d’une nuit parisienne
Le jour religieux d’une nuit païenne
Le jour indécis d’une nuit déterminée
Ou le jour cendres d’une nuit brasier

Le jour éclipsé d’une nuit étoilée
D’une nuit inventée
Le jour imaginaire
Le jour ver de terre
D’une nuit aux cimes
Le jour assassin de sa nuit victime

On est le jour et la nuit
On est le jour et la nuit
Tu es le jour, je suis la nuit
C’est toujours ce qu’elle me dit

Le jour morne plaine d’une nuit Etna
D’une nuit Esmeralda
Le jour Quasimodo
Ou le jour radeau
D’une nuit Santa Maria
Le jour Malraux d’une nuit Garcia Lorca

Le jour Qui es-tu ? d’une nuit J’sais pas
Le jour Dis-moi tout d’une nuit etc …

On est le jour et la nuit
On est le jour et la nuit
Entre le jouir et le nuire
C’est ce que je lui fais dire

On est le jour, on est la nuit
Mais on est le jour et la nuit
On est le jour, on est la nuit
Mais on est le jour et la nuit

 

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