Cheveux attachés

De si jolis chevaux
Desolation row
Quatre nuits avec Anna
Un Akira Kurosawa
Les cents vues d’Edo
Dora Maar de Picasso

Rien ne me fait d’effet
Rien ne me fait d’effet
Comme vos cheveux attachés
Rien ne me fait l’effet
De ces cheveux détachés

Rien ne me fait d’effet
Rien ne me fait d’effet
Comme vos cheveux détachés
Rien ne me fait l’effet
De ces cheveux attachés

Et l’or de leurs corps
Le bandonéon d’Astor
Hallelujah
Garcia Lorca
Un sonnet de Baudelaire
Un tableau de Vermeer

La course

Je n’sais pas c’que je vais faire
Possible tout ou son contraire
Ce soleil qui darde ses rayons
N’est rien qu’un petit ballon
Dans les rayons de mes roues
Y’a ma victoire qui se joue

Je cours, m’arrête, espère, cours encore
Les voisins sont-ils partants ? je l’ignore

Je n’sais pas c’que dit la prof
N’aurais rien d’un philosophe
À certaines voies j’fais un sort
Voyant le mien se faire dehors
Là où la vie est odorante
Où la musique nous oriente

Je cours, m’arrête, rêvasse, cours encore
Et que puis-je connaître ? je l’ignore

Je n’sais pas comment l’exprimer
Mais quelque chose a bien bougé
Dans mon cœur d’autres frontières
D’autres contours à la lumière
Et je n’suis pas en train de rêver
C’est bien moi qu’elle vient éclairer

Je roule, m’arrête, attends, roule encore
Ne va-t-elle pas m’éblouir ? je l’ignore

Je n’sais pas j’en suis certain
C’est le bonheur je suis témoin
Là-bas cette belle fille en blanc
Est vraiment celle qui me rend
Comme un chevalier conquérant
Le chemin facile et attrayant

Je roule, m’arrête, savoure, roule encore
Sera-t-il toujours aussi droit ? je l’ignore

Je n’sais pas comment sont possibles
Tous ces gestes indescriptibles
Sa petite bouche ses petits yeux
Il ne peut y avoir rien de mieux
C’est pour moi un rôle inconnu
Alors il faut que j’opère une mue

Je marche, m’arrête, me plante, marche encore
Pourquoi y’a des arcs-en-ciel ? je l’ignore

Je n’sais pas c’que j’vais décider
C’est sûr c’est une opportunité
Ne pas la prendre à la légère
Et ouvrir la porte à un enfer
Mais je vais en parler avec elle
Et je ne ferais rien sans elle

Je marche, m’arrête, réfléchis, marche encore
Aurais-je le courage dimanche ? je l’ignore

Je n’sais pas où tout ça va mener
Forcément que je pense au passé
Ils ont tout vu, ils ont tout fait
Avant d’avoir le pied à l’étrier
Peut-être ont-ils de l’ambition
Peut-être que j’suis un vieux con

M’assois, me lève, regarde, m’assois encore
Où ça va aller comme ça ? je l’ignore

Je n’sais pas je n’ai pas compris
Il me dit vouloir changer de vie
Fait les cent pas dans la pièce
Dit des mots pour que j’acquiesce
Je crois ne pas avoir le choix
Faut garder mes conseils pour moi

M’assois, me lève, renonce, m’assois encore
Mais où me suis-je arrêté ? je l’ignore

Je n’sais pas quand j’vais les revoir
J’espère que c’n'sera pas au mouroir
Maintenant il n’me reste qu’à ranger
Remettre tout ce qu’ils ont déplacé
Et alors revenir à mes habitudes
Apprivoiser encore ma solitude

Je reste, somnole, sursaute, reste encore
Quelle est cette voix qui appelle … dehors ?

Je ne saurais plus l’année exactement
Je devais avoir quatorze ou quinze ans
Au stade j’avais quelques spectateurs
À l’affût dans la foulée du leader
J’attendais le moment pour jaillir
Et les lauriers que j’allais cueillir

Je courais, je soufflais, espérais et courais
Ce que j’ferais de ma vie, je l’ignorais

Une mouche et un chasseur de mouches

Lorsqu’il ouvrit la porte-fenêtre avec l’intention de refermer les volets qu’il avait entrouvert le matin, une mouche pénétra dans l’appartement en passant entre ses jambes.
Il se retourna et la vit qui voletait. Elle finit par se poser sur le bas du fin rideau qu’il venait d’écarter.
D’une main, lentement, il saisit le rideau et sans que la mouche ne réagisse, il approcha son autre main étonnamment prêt au-dessus d’elle. Tout de suite il frappa. La mouche tomba sur le parquet et sans prendre la peine de vérifier si elle était morte ou vive, il la ramassa par une aile et la jeta dehors.
Cette mouche, se dit-il, au vu de son manque de réactions, avait dû être coincée entre les volets et la fenêtre durant les jours où il n’avait pas ouvert. Et ce matin, quand il s’était enfin décidé à le faire, elle n’avait pas dû comprendre qu’elle était libre.

Jean et bottines

Un jean
Des bottines
Elle porte en tout et pour tout
Dans mon rêve en tout et pour tout
Un jean
Des bottines

Mon premier travail le matin
Tous les jours j’le fais bien
Je ne vois pas le problème
De variations sur un thème

Elle porte en tout et pour tout
Elle porte en tout et pour nous
Plusieurs peu font un beaucoup

Mon premier travail le matin
Tous les jours j’le fais bien
Et le plus simple appareil
Est une vérité sans pareille

Elle porte en tout et pour moi
Elle ne sera vêtue que de soie
Plusieurs veulent être le roi

Mon premier travail le matin
Tous les jours j’le fais bien
Les choses, leur état actuel
Oh que pour l’amour du ciel !

Un jean
Des bottines
Elle porte en tout et pour tout
Dans mon rêve en tout et pour tout
Un jean
Des bottines

Matin calme

Bien, je peux fixer ce ciel dur
Dire « Doutes … A la revoyure ! »
Bonjour et bonjour matin calme
Salut et salut lunes et larmes

Une chance, comme devant la saisir
Une mission, comme à accomplir
Ma dette, comme si j’avais payé
Dette, comme à quelque société

Bonjour saveurs etc …
Adieu calcul mauvais karma
Bonjour et bonjour matin calme
Salut et salut lunes et larmes

Chant de givre

Le loup et l’agneau
Le renard le corbeau
Le porc et la vipère
Le moineau et le ver

C’est tout un, c’est tout un
Tout un art de vivre
C’est tout un, c’est tout un
Tout un art de suivre
Le grand livre à la lettre
C’est un tout, c’est un tout
A tout un chacun
De faire avec ses pertes

C’est tout un, c’est tout un
Tout un art de vivre
C’est tout un, c’est tout un
Tout un chant …
Chantant champs, temps, vent, sang avançant
Chantant champs, temps, vent, sang avançant
Chantant champs, temps, vent, sang avançant
… de givre
Qui s’répand sur les êtres
S’éteint tout, s’éteint tout
Et tout un chacun
Doit tout seul s’y soumettre

Buffles ou bonobos
Butors bigorneaux
Guépard panthère
Caméléons cerfs

L’adversaire du jour

Il faut nous croire
Invisibles dans l’attente
Moi d’une façon différente
Revenir de cette blessure
Tout le monde sait comme c’est dur
Il faut savoir
Il faut avoir
Les ressources nécessaires pour
Contrer l’adversaire du jour

Il faut nous voir
Crédibles qu’on gagnera
Cette année le championnat
Une équipe jeune et belle
Que de beaux jours devant elle
Il faut savoir
Il faut avoir
Les ressources nécessaires pour
Contrer l’adversaire du jour

Car
Il faut le voir
L’avantage du terrain
Rongeant déjà son frein
Il faut le voir
Si sûr de sa défense
Guettant la défaillance
Son épingle du jeu
Si conscient de l’enjeu
Il faut savoir
Il faut avoir
Les ressources nécessaires pour
Contrer l’adversaire du jour

Colback

Le ciel, voilà que la tête me tourne
Et je ne sais plus de quoi il retourne
Bien sûr j’ai eu plusieurs vies dans celle-ci
Et la dernière de loin la plus pourrie

Je voudrais pouvoir rentrer aujourd’hui
Je voudrais pouvoir retrouver mon pays
Mon pays, c’est le pays du lac
Qui est dans mon cœur intact
Ce pays aussi de ses berges
C’est ce pays que ma tête héberge

Des oiseaux s’envolent de la partition
Pour des a-capella en escadrons
La tête en bas un lapin qui gigote
Et j’avance, de la boue jusqu’à mi-bottes

Je voudrais pouvoir rentrer aujourd’hui
Je voudrais pouvoir retrouver mon pays
Mon pays me prend par le colback
Quand ici tout se détraque
Ce pays de ma joie l’auberge
Ce pays que ma tête gamberge

Tout
Par ordre alphabétique
Toute
Image en plus-value
Toute
Musique nostalgique
Tous
Les masques superflus

Chira-chira

Comme il faut en soulever des chapes
Pour saisir comme tout nous échappe

Chira-chira
Tourbillonnez
Pétales de cerisiers
Chira-chira
Apparaissez
Hanches, enchanté !

Et comme il faut en passer au crible
Pour enfin tenir compte de l’invisible

Chira-chira
Tourbillonnez
Pétales de cerisiers
Chira-chira
Apparaissez
Hanches et chantez !

Chira-chira
Il y a fort à parier
Pétales de cerisiers
Chira-chira
Il y a fort à parier
Hanches, enchantez !

Sur le cantonnier ?
Sur le romancier ?

… … … … … … … … … … … …

Au Japon, chira-chira est l’onomatopée pour le bruit que font les pétales de cerisiers en tombant, dans un mouvement tourbillonnant. Ce mot évoque aussi le fait d’entrapercevoir une partie généralement dissimulée du corps d’une femme. Les Japonais ont créé le mot « chiralisme » pour exprimer cette impression qui naît d’une vision fugitive.

Reine des chansons

Une Lady d’Arbanville
Qui dort là si tranquille
Une Lady d’Arbanville
Qui inscrit sur ses lèvres
La naissance d’un sourire
Mais qu’est-ce dans son rêve
Qui la pousse à en sortir ?

Une Suzanne servant le thé
Des oranges au déjeuner
Une Suzanne servant le thé
Qu’on souhaiterait cerner
Savoir où elle veut en venir
Quelque vide à combler
Un homme avec qui vieillir

Une Elise à ironiser
Que c’est un jour parfait
Une Elise à ironiser
Qui se lève comme ivre
Se réjouit de la rengaine
A interdire qu’on la suive
Ou bien qu’on la retienne

Et si c’était elle la reine des chansons
Qui porte en elle tous les prénoms
Dans le seul sien tous les refrains
Oh en son sein tous les destins ?

Une Elisa Day si sage
A travers le pays sauvage
Une Elisa Day si sage
Qui s’exclame pour un rien
Qu’on la dit vraiment futile
Est-ce elle ou le chemin
Qui nous paraît fragile ?

Une Jenny-des-corsaires
Se disant lasse de la guerre
Une Jenny-des-corsaires
Tout d’abord qu’étincelles
A chacune de ses sorties
Pour enfin devenir cruelle
Et me laisser interdit

Une Mary Jane chantant
Sa chanson dans le vent
Une Mary Jane chantant
Et ce que ses intonations
Sous-entendent qui le sait ?
Est-ce bien mon prénom
Qu’elle associe avec aimer ?

Et si c’était elle la reine des chansons
Qui porte en elle tous les prénoms
Dans le seul sien tous les refrains
Oh en son sein tous les destins ?

Une Mary sur son perron
Sa robe telle une vision
Une Mary sur son perron
Et une Amérique à la radio
C’est Bruce qui est en feu
Il veut t’amener plus haut
Et moi je n’ai pas mieux

Une Sonja à impressionner
Qu’on n’veut qu’approcher
Une Sonja à impressionner
Car on est sous le charme
De chacun de ses gestes
Parce que dans ce vacarme
Son silence est une ivresse

Une anonyme d’Ipanema
Seule sur la plage là-bas
Une anonyme d’Ipanema
Qu’on imagine un blanc-seing
Et pouvoir tout recommencer
Même si c’est refaire le chemin
Et ne vouloir rien y changer

Et si c’était elle la reine des chansons
Qui porte en elle tous les prénoms
Dans le seul sien tous les refrains
Oh en son sein tous les destins ?

Une invisible fiancée
Occupant toutes mes pensées
Une invisible fiancée
Qui me fait broyer du noir
Devant un verre de vodka
Dans le coin de ce comptoir
Laissant aux autres la joie

Une Magdalena vers Durango
Qui s’invite à un fandango
Une Magdalena vers Durango
Pistolets, bandits, carabines
Autres temps, autre pays
Et c’est la sublime héroïne
Du roman que j’ai écrit

Une sirène qui m’appelle
Veut que je vienne vers elle
Une sirène qui m’appelle
Et la naissance du désir
S’attardant sur mes lèvres
Le puzzle va se détruire
Ce frisson dans mon rêve

Et si c’était elle la reine des chansons
Qui porte en elle tous les prénoms
Dans le seul sien tous les refrains
Oh en son sein tous les destins ?

… … … … … … … … … … … …

CHANSONS EVOQUEES

Lady d’Arbanville ( Cat Stevens )
Suzanne ( Leonard Cohen )
A perfect day, Elise ( P.J. Harvey )
Where the wild roses grow ( Nick Cave and The Bad Seeds ( avec Kylie Minogue ))
Seerauber-Jenny ( Jenny-des-corsaires ) ( L’opéra de quat’sous ) ( écrite par Kurt Weill et Bertolt Brecht )
The thoughts of Mary Jane ( Nick Drake )
Thunder road ( Bruce Springsteen ) ( et un peu I’m on fire aussi )
Sonja ( Lyle Lovett )
The girl of Ipanema ( écrite par Antonio Carlos Jobim / Vinicius De Moraes / Norman Gimbel )
Time ( Tom Waits )
Romance in Durango ( Bob Dylan )
Song to the siren ( Tim Buckley )

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